03-10-2023

3 Octobre 2010

Arrivé avec 1h30 de retard pour jouer le freezout 60 du dimanche, je suis étonné de pouvoir encore m’inscrire. En effet, je m’attendais plutôt à jouer un nouveau qualificatif pour le championnat de Belgique à 18h. Je m’inscris et il me reste pratiquement 9000 jetons sur les 10.000 de départ. Je vois alors sur quelques coups, un gars ultra agressif, beaucoup trop, et qui n’a pas peur d’investir tout son tapis aves des mains moyennes. Je suis alors SB avec sur des blinds 200-400 ante 50. Face à 3 limpeurs dont le gars en question et un tapis avoisinant 8000 à ce moment-là, je décide de compléter les 200 manquants. Je sais bien que je jouerai le coup hors position, mais je prends le risque.

Flop . Je check, ainsi que les trois suivants qui n’ont pas l’air d’avoir rencontré ce flop. Le maniaque dont je parle ci-dessus met 5000 dans un pot de 2500 environ, se commitant complètement car il lui reste 2000 derrière. Vu ses précédentes actions, je suis très confiant d’être devant à ce moment-là. Il peut avoir un valet, mais certainement pas aussi bien soutenu que le mien, car avec KJ et AJ, il ne serait pas resté calme au cut-off préflop. Il peut aussi avoir 2 piques. S’il a touché un monstre comme deux pairs, il ne mise pas autant. J’envoie mon tapis pour 3000 supplémentaires et il call, en faisant une grimace et comprenant qu’il est mal en point. Il retourne . Turn : . River: et je double mon tapis, éliminant le joueur.

Mon tapis ne s’envolera pas au cours de ce tournoi. Je gagnerai un coin flip avec all-in preflop contre , alors que premier ouvreur, j’avais moins de 8 M au cut-off.

J’arrive en table finale, assez short stack, passe à 35.000, mais redescend à 24.000, lorsque les blinds 6000-12.000, ante 1000, arrivent sur moi au BB. Je n’ai pas trouvé de main pour faire all-in avant au cours de ce tour et j’ai décidé de laisser la blind m’écraser et de call le reste de mon tapis avec any two cards face à une relance. Le short stack m’envoie 21.000 et je call sans voir. Je retourne alors . Lorsqu’il abat son , je me rends compte que j’ai deux overcards. Je gagne le coin flip avec un rivière et passe à 46.000 environ.

Mais la main suivante sera dévastatrice. Nous sommes 8 à table. Je suis SB à 6000 et je trouve . Un joueur pas mauvais que j’ai observé la dernière heure, call UTG+1 les 12.000 de BB. Tel que je connais le BB, et d’après ce que j’ai pu voir avant, il n’est pas du genre à pousser all-in si je complète la SB à ce stade-ci. et je pourrai souvent voir ce flop pour 6000 supplémentaires. On peut alors se dire que je dois pousser tapis ici. Et ce n’est pas vraiment faux. Est-ce une erreur de ne pas le faire? Possible. Mais je n’ai jamais vu le joueur UTG+1 limper à cette position. Il a soit un monstre, AA, KK et tend un piège, soit une petite pocket, soit un A pareillé avec petit kicker. Il est leader stack à ce moment avec plus de 110 k. Si je pousse les 34.000 supplémentaires avant le flop, il est tout-à-fait susceptible de les payer avec une petite pocket ou avec le monstre avec lequel il a tendu un piège. Je ne veux pas prendre ce risque alors que je serai au bouton le coup suivant, et pourrai attendre l’élimination d’autres short stacks pour gagner des places. Si je call, que je vois le flop et que l’As vient, ou même deux trèfles, voire un tirage quinte ouverte avec mon 7, je pourrai pousser mon tapis premier de parole avec pas mal de fold equity, et en cas d’As avoir souvent le sentiment d’être devant avec mon kicker. Si l’as vient au flop, il aura rarement AA, et KK ne me fera plus peur du tout en cas de piège. Avec A8 offsuited, il n’aurait pas call préflop, et avec A8 suited, il aurait relancé. S’il a un As, hors-mi AA, j’ai donc le sentiment qu’il est accompagné d’un petit kicker de même couleur. Si je ne rencontre pas mon flop, je pourrai abandonner le coup et garder 34.000 au tapis, alors que si j’avais passé préflop, il me restait 40.000. Sur des blinds 6000-12.000, ante 1000, la différence n’est pas énorme puisque je devrai de toute façon agir dans le tour qui vient pour ne pas être trop affaibli. J’aurai aussi le bouton au coup d’après, et moins de pression sur les quelques mains suivantes. Je call et comme prévu, le BB check. Flop: . Je réfléchis pendant 15 secondes pour masquer mon As et me faire call par d’éventuelles mains, en plus des baby A suited. Le BB passe et le limpeur UTG+1 préflop me dit :”Tu as 10-3?”. Je ne réponds pas et après 10 secondes il me call en retournant . Très sympathique le slowroll que je ne m’explique pas vu qu’on avait mangé ensemble une heure avant et sympathisé. Soit. Ca lui a fait plaisir, c’est le principal. Je sors de ce tournoi en 8e position et avec 73 euros en poche pour un net de : +13 euros

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29-09-2023

Mercredi 29 septembre 2010,

Il me faudra 4 heures pour perdre 125 euros, sur cette session où peu de tirages auront complété mon jeu, et peu de mains jouables préflop m’auront été octroyées.

Je ne parlerai donc pas de mon jeu, mais plutôt d’un coup, “sensationnel”, où j’aurai été observateur: le board affiche , en gros le donne quinte flush. L’action avant la rivière n’a que peu d’importance ici. Il faut juste savoir que le pot fait envrion 25 euros et qu’il y à encore 5 joueurs dans le coup à la rivière. Un gars mise 18 euros. Le gars qui le suit, joueur que je connais pour être un assez mauvais lecteur, mais quand-même tight et que je ne considère pas jusque là comme un fish très rentable, call les 18. Et un autre joueur ultra-tight, joueur pseudo-gagnant (considéré comme bon par les autres de cette table) relance à 44 euros. L’ouvreur initial re-raise à 88 euros. Je me dis : “ok, l’un des deux est un demeuré complet, mais qui est-ce?”. Le calleur des 18, call les 88 euros… WTF. Le joueur ultra-tight relance à tapis 132. Le premier paye son tapis et le suivant call aussi. Le premier ouvreur de 18 avait le 8c, le joueur ultra-tight Ac, et le premier calleur, Kc.

Déjà, je ne comprends pas la relance à 44 avec la première fois, pour moi c’est un call tout au plus, je peux même déjà envisager le fold. Mais je ne peux m’empêcher de dire à celui avec Kc que c’ést drôle qu’il n’ait pas compris qu’il était battu depuis le début. Il me dit : “après avoir vu les jeux, c’est facile”. Il ajoute que c’est très dur de faire une quinte flush. Ce qu’il ne comprend pas, c’est que c’est très facile quand le board la propose en une seule carte. Sur ce, j’ai explosé face à tant de connerie humaine et je lui ai dit qu’il avait joué ça de manière médiocre. Il m’insulte alors et me menace de me mettre un coup de tête dans le nez. C’est marrant, il précise le coup qu’il va me donner, il fait deux têtes et 25 kg de moins que moi. Comment peut-il espérer avoir une chance, je l’écrabouille. Mais j’ai écrasé, car ce ne serait pas rentable de me faire virer de cette salle… D’autres part, les conséquences de la violence ne sont jamais rentables non plus.

Lorsque je vois le niveau des soi-disant bons joueurs réguliers de cette table, je me dis qu’elles ont un bel avenir. En effet, comme dirait mon ami Uriel, ce n’est pas rentable de dire à un fish qu’il en est un…

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28-09-2023

Mardi 28 septembre 2010,

Après ma nouvelle qualif à Namur, je décide de venir prendre ma revanche de la veille à la table électronique au Zenith. Cette session sera bonne, et un

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25-09-2023

Samedi 25 septembre 2010

Arrivé au deuxième niveau de blinds (25-50) du freezout 110€ du samedi, avec un tapis de départ presqu’initial (9850), je descendrai en une heure de temps à 7000, suite à plusieurs limps qui n’auront pas rencontré de flop, ainsi que quelques relances standard en position, souvent call par plusieurs joueurs et non continuation bettable sur ces flops trop connectés avec tant de joueurs. La table est extrêmement loose en ce qui concerne les joueurs peu expérimentés. Trois bons joueurs sont assis à la table : Alban, Muriel, sans doute la meilleure joueuse de poker que je connaisse, parmi toutes les femmes avec qui j’ai déjà joué, et un gars qui ne parle pas français, mais dont je verrai rapidement que les move et les observations correspondent à un jeu créatif et intelligent. Les autres sont des regulars très moyens, et l’un d’entre eux, un énorme poisson calling station préflop. Lorsque je trouve UTG+2, je décide de relancer à 250 sur ces blinds 50-100. 2 personnes callent ma relance, et Muriel au BB, relance à 1200. Je ne pense vraiment pas qu’une bonne joueuse comme ça espère faire passer 3 joueurs avec un squeeze qui demande pour certaines calling stations de rajouter moins de 10% de leur tapis. Pour moi elle a donc une très bonne main, souvent une premium. Normalement, mes valets sont battus ici. Mais UTG et UTG+1 callent les 1200. Souvent même les calleurs initiaux vont encore call ici. Je dois ajouter 950 pour espérer floper mon set. Je sais bien que je devrais avoir plus de profondeur (12 fois la mise à rajouter dans mon tapis) pour tenter cela. Cependant, avec déjà 4 ou 5 adversaires à ce prix là, il y à déjà 4 ou 5 mises justifiées dans le pot, je dois donc pouvoir espérer en gagner encore 7 ou 8 de manière implicite. Et celles-ci sont dans mon tapis, couvert par plusieurs d’entre eux. Je décide donc de rajouter 950 et faire le call, dans l’unique espoir de voir un J au flop. Un baby flop ne me contentera pas bien sûr. L’un des deux limpeurs initiaux call, et nous voyons ce flop à 5. Flop: . Muriel ne Cbet pas. Je comprends que l’As ne lui plait sans doute pas et écarte les mains comme AK, AQs. Tout le monde check. Le turn arrive: . Tout le monde check à nouveau. Il semblerait que personne n’ait d’As et il est probable également que personne n’ait de roi. A ce moment, je vois Muriel sur QQ. Quelle autre main justifierait ce betting pattern, peut-être mais rarement KK embusqué. River: . Muriel ouvre à 950. Pour moi, c’est une sorte de value bet, mais également un blocking bet pour éviter que quelqu’un essaye d’arracher le pot, alors que Muriel, comme moi sentons bien qu’il n’y à ni K ni A à table. A ce stade, je la vois encore plus sur QQ. C’est presque obvious pour moi. Tout le monde passe et Thouami call. Avant qu’elle retourne ses cartes, je dis : “paire de dames”, elle montre en effet et un seul des joueurs me dira “belle lecture”, ce qui flattera un peu mon ego. Cependant, Thouami retourne pour une double pair touchée à la rivière et il embarque le pot.

Alors que Muriel est devenue très short stack (1700), 30 minutes après, suite à un sale coup avec la femme de Benoît qui call une série de grosses mises avec sur un board pour finalement toucher son gut shot à la rivière : le , je me retrouve avec . Sur des blinds 150-300, je suis en middle et décide de relancer à 750. Je fais cela, sachant que il y à des limps après moi, et que Muriel mets éventuellement tapis, elle dépassera le double de ma relance avec ses 1700 et je pourrai souvent l’isoler. Un des joueurs, avec qui, je viens de parler d’un coup précédent pendant la pause et mon avis sur la manière bizarre dont il l’a joué. (Avec sur un flop , il payera chaque barrel d’Alban, qui a d’abord fait un Cbet standard au flop suite à son gros squeeze au BB préflop à 1200 contre deux limpeurs à 200, puis un nouveau barrel à 3200 au turn. Finalement, ce joueur ne touche rien au river, et se retourve avec 2000 de tapis. Heureusement pour lui, ce dernier gagne le coup avec jack high car Alban ne fait pas le troisième barrel quand la dame revient au river. Il va de soi pour moi que le bon move était le reraise à tapis au flop pour avoir en plus de la chance de doubler son tapis en étant de loin favori, la fold equity). Revenons à nos moutons. Je relance donc avec à 750, et ce même joueur call ma relance. J’ai 7500 environ au tapis à ce stade-là. Muriel envoir la boîte, et à ce moment, sans hésiter je pousse all-in, avec pour moi, une énorme probabilité que le calleur initial passe une main qui n’est pas QQ+ ou AK. Mais comment pourrait-il avoir l’une de ces 4 mains en ayant call mon raise à 750. Il hésite un instant, demande qu’on compte mon tapis, mais je n’ai que très peu de doute sur le fait qu’il va décliner l’invitation. Il passe et dévoile . Muriel montre . Je ne suis pas bien tombé là, étant donné que ça range de mains pour shove était quand-même assez large selon moi. Elle aurait pu avoir facilement 55+ ou n’importe quel broadway suited assez gros et connecté. Selon moi, contre sa range de mains qui shovent ici, je suis entre 45 et 55%, et il est donc très intéressant de jouer un coin flip en heads-up, avec la mise de 750 du calleur en plus. Je perds la confrontation et mon tapis chutte à 5800. Le joueur avec aurait gagné le coup et me regarde méchamment pour l’avoir écarté. On dirait qu’il ne comprends même pas pourquoi j’ai fait ça et pris ce risque. Un autre joueur, que je considère comme le plus gros poisson de cette table me dit : “Tu es fou, moi je te call sans hésiter avec AQ”. Je lui réponds : “Je sais bien mon ami, c’est pour ça que je n’aurais jamais fait ce move contre toi. Je le fais contre des joueurs qui passent (et qui ont un peu compris le jeu, sous-entendu)”, et la table rigole. Lorsqu’un gars critique ma façon de jouer, alors qu’il est évident qu’il n’a pas compris le beat bas du poker, cela m’énerve et je réponds, souvent de manière cynique.

C’est là que je trouve au Big blind. J’ai déjà fait un ou deux squeeze au BB quand les tapis étaient plus petit. Sur des blinds à 200-400, je repère le bon joueur non francophone dont je parlais plus haut qui limp 400 UTG, 4 personnent limp également et c’est à moi de parler. En temps normal, je pourrais faire une relance aux alentours de 2200 pour simuler le vol du pot et espérer faire entrer l’un des convives avec moi, maximum 2. Il serait dommage de se contenter du pot actuel et d’augmenter mon tapis de 2000 seulement, alors que je suis quand-même short et que ce genre de spot n’arrive pas toutes les 20 minutes. Le bon joueur UTG n’avait jamais limpé à cette position auparavant. Tout le monde sait qu’un limp UTG est très moyen comme action. Je le sens très fort et suspecte un trap de sa part. Mais alors, aurait-il une premium aussi. Je décide d’utiliser cette info pour push mes 5800 et UTG me call instantanément. J’avais bien vu. Les autres passent et il dévoile . Il ne s’attend jamais à voir ma pocket rockets et je dois avouer être assez content de mon move. Je gagne le coup et double mon tapis. Il viendra discuter avec moi et je lui dirai que c’est parce que sachant que c’est un bon joueur, ce limp UTG sentait mauvais. Il me dira apprécier cette réflexion, et me dira “very nice play”. La discussion avec lui confirmera encore qu’il est très bon.

Avec 11.000 au tapis sur des blinds 200-400, je trouve à nouveau , quelques minutes plus tard. Qui est au Big blind? Le fish parfait que j’ai un peu humilié par la parole dans l’avant-dernier coup relaté ici. Je sais que je ne lui prendrai pas sa blind préflop, selon historique. Il voudra jouer avec moi, et de toute façon, il call avec un range de main très large. Mais j’ai envie de jouer ce coup avec lui. Je mise 1400 et il est le seul à jouer ce flop avec moi, en complétant sa blind. Flop: . Bizarrement, il donk bet à 2000. Selon moi, ce gars est trop mauvais pour faire ce coup dans le but de masquer un éventuel 8 en main. Avec un 8, il attendrait au minimum et logiquement mon continuation bet pour me check-raise ici. Mais que peut-il avoir? Deux trèfles ne sont pas impossibles. Il espère alors essayer de me faire passer des mains comme AK ou AQ en semi-bluff. J’ai l’as de trèfle qui diminue un peu la probabilité qu’il ait deux trèfles. Il peut avoir une petite pocket, par exemple 55 ou 66, et ce flop le rassurerait. Il peut aussi avoir A2 et est content avec sa double pair au flop, sachant que j’ai rarement un 8 en main et peut-être pas de pocket pair. Il peut simplement aussi essayer d’arracher ce pot avec deux overcards. Quoi qu’il en soit, autant laisser sortir une image au turn. Au cas où il a deux overcards, je ne lui prends plus rien en relançant au flop. Ou alors, je fais payer son tirage couleur. Mais je n’arrive pas à voir ce qu’il peut avoir, sa range de main est si large. A-t-il un 8 et peur des trèfles? Je ne peux pas le concevoir. Comment pourrait-il, avec un 8, avoir peur des trèfles, main possible mais peu probable chez moi et ne pas check-raiser mon Cbet. Je call les 2000 et le turn est une . Peut-être est-ce la carte qu’il attendait. Il mise mon tapis. Là c’est clair, je ne suis battu ici que s’il a un 8 en main, et qu’il a peur des trèfles. Même un 22 en main me semble peu probable car il aurait aussi check-raise le flop. Je call et il me montre . Le river apporte un et je suis dehors. Il dira alors :”j’avais peur de la couleur”. Je m’étais trompé sur ma lecture : j’avais vu en lui un joueur médiocre, mais j’avais été piégé, car je n’avais pas vu en lui le pire joueur du monde.

Net : -110 euros

Un autre tournoi a commencé il y à déjà 1heure et demie. Ce sont les qualifications pour le championnat de Belgique de poker. Seulement nous sommes dans la période d’add-on. Restant sur ma faim, je vais voir le floor et décide de m’inscrire pour la cave initiale plus l’add-on pour 110 euros au total. Mon tapis de départ sera alors de 2800, la moitié de la moyenne, sur des blinds 40-80.

Dans la première demi-heure, je ferai deux squeeze à tapis suite à une relance au bouton à 320 sur des blinds 60-120. Je monterai à 3900, puis payerai une mise rivière à tapis de 1380 avec la troisième pair, le valet, sur un board . Il avait misé au flop en position, check au turn. Avec , je me sentais devant tout au long. Et sa mise à la rivière ressemblait à un bluff désespéré. Malheureusement pour moi, il avait et venait juste de toucher sa double pair. A partir de ce moment là et avec environ 2200 au tapis, j’entrerai en mode push ou fold jusqu’à la fin du tournoi, à une ou deux exceptions près. Mon tapis ne montera jamais au dessus des 8 M, jusqu’à la fin. Lorsque les blinds sont à 300-600, je suis UTG, et mon tapis survit péniblement à 2300. Je trouve . Avec moins de 3 M, cette main, qui se comporte bien contre les grosses pockets pairs est dans le range de mains pour shove. Je ne peux laisser le BB m’écrabouiller juste après. Je shove et suis call par . Le board donne : et je gagne cette confrontation outsider à 42% préflop, avec quinte flush.

Plus tard, avec 4600 de tapis, nous sommes 4 à limper les 600 et j’ai au bouton. 4 limp, SB passe et BB complète. Je pouvais shove ici au bouton, mais n’ait pas de fold equity. En position tardive, j’ai envie de voir un flop intéressant avant d’engager mes jetons, et tous ces limps me donnent la côte pour le faire.

Flop: . Si je suis premier ouvreur, ce sera mon tapis bien sûr avec ce flush draw. BB check, UTG envoie son tapis pour 6000, les suivants passent et c’est à moi de parler. Normalement, je ne peux pas call ici avec juste 35 ou 36% de chances de gagner le coup s’il a le roi, et risquer ma survie dans ce tournoi en jouant un coup où j’ai la côte pour payer, mais seulement en cash game. Mais après réflexion, je me dis qu’il n’a sans doute pas le roi, pas de pair du tout même. Et s’il était aussi en flush draw? Ca semble très probable puisqu’il pousse maintenant alors qu’il n’a pas montré de force préflop. Avec un roi et un gros kicker, on l’aurait entendu avant, à moins qu’il ait KQ, et s’il a KQ il ne pousse sans doute pas tapis ici. Il peut miser moins ou check-raiser à tapis. Sentant alors que ma Q high est peut-être devant, et combinant ce fait avec mon tirage couleur, je suis devant sa range. Je fais le call. Cependant, le BB embusqué call également nos deux tapis. Là je me dis que c’est pas top comme situation, mais je ne pouvais pas le voir sur un check raise. Très justement, j’avais vu UTG sur un draw. Il dévoile pour une suite ouverte. Ce n’était pas le tirage couleur, mais un tirage quand-même et ma Q high était bien devant. Le BB dévoile pour deux pairs floppées. J’ai 37% de chances de gagner ce coup, celui avec les deux pair 46% et le trieur de quinte ouverte 17%. Turn: . Zut la carte est noire, mais c’est pas le bon noir! River: . Je n’ai pas touché ma couleur mais ma quinte runner-runner. Je ne m’y attendais pas à celle-ci. L’autre tireur fait également sa quinte, mais plus petite et prendra le side pot au dépens du gars avec K2, triste mais qui aura quand-même sa qualif au final. Je gagne mon 37% et triple mon tapis.

J’arrive plus tard en table finale avec 15.000. Nous sommes 10 et seulement 5 places sont payées. Le 6e reçoit 181 euros. Les gens sont agressifs et n’ont pas peur d’engager leurs jetons en position tardive pour voler les blinds avec des petites pockets pairs, des rois ou des as. Finalement, nous sommes 6, et 3 short stacks dont, Fabrice (un gars que j’ai croisé parfois ici) et le gars qui a perdu son K2 tout-à-l’heure. Il est BB et va devoir aller avec n’importe quelle main. Muriel le relance, il call son tapis, et Jonathan (un autre), avec un stack confortable call aussi. La qualification est là, au bout de ce coup. Les deux gros tapis, checkent bien sûr jusqu’au bout. Mais le short stack triple touchant sa dame au river, alors qu’aucun des deux autres ne peut montrer mieux, Muriel A high, et Jonathan, une pair de valet touchée au turn. Je suis maintenant parmis les deux short stacks avec Fabrice. Je n’ai pas envie de sauter maintenant avec 181 euros en poche. Tout mon samedi y serait passé pour rien. Fabrice n’a pas envie de sauter non plus. Les blinds arrivent sur moi et je vais souvent me les faire voler. Je propose alors un deal à Fabrice. Je lui propose que si l’un de nous deux saute à la bulle, l’autre joue le championnat de Belgique pour les deux autres (avec partage du prix final à 50-50). D’autre part, on partage également les 181 euros de la 6e place. Il est d’accord. Ce n’est pas vraiment à mon avantage de faire ce deal à priori, mais Fabrice a montré un jeu sérieux au long du tournoi, et je sais qu’il a fait le money dans le DSO chilipoker 525, deux mois plus tôt (48e sur 500). Ce n’est donc pas du dead money. Ce deal est une sorte d’insurance au cas où l’un de nous deux est bulle, ce qui devient de plus en plus probable. Il accepte le deal. Les blinds me sont volées, mais je les récupère peu après en poussant deux fois, une fois avec , faisant passer un A au Big Blind, et une fois avec :2s2h. Finalement, c’est au tour de Fabrice, après que les blinds lui soient passées dessus, de pousser avec à 13500, sur des blinds 4000-8000. Au BB, Jonathan, avec son gros tapis, complète bien sûr les 5500 manquant avec any two et dévoile . Flop: . Je n’ai jamais autant espérer que la bulle ne saute pas, dans un coup où ce n’était pas moi la bulle. Mais le turn et la rivière ne viendront pas en aide à Fabrice. Me voici donc avec 90 euros (moitié de la 6e place) et un ticket à 1700 euros à jouer pour lui et moi.

Net: + 830 euros (:-110 + 90 + 1700/2)

Au retour sur Bruxelles, je fais un passage par le Zenith. Après 4 heures de jeu, je perds 228 euros. Je n’aurai rien vu pendant cette session comme main intéressante et j’aurai raté la plupart de mes tirages, malgré des calls en cote. Cependant, je serai un peu inquiet car deux nouveaux joueurs sont arrivés à la table. Ils ont également joué un jeu très tight, mais ils sont bons. Je leur demande s’ils jouent beaucoup online, car je le soupçonne vu que je ne les connais pas via le poker live, et il me le confirmeront. Il parlent en Néérlandais, et vivent en région flamande. Une rapide discussion me permettra de voir qu’il sont des joueurs gagnants, et qu’ils connaissent les trackers comme Holdem Manager. De nouveaux requins sur mon lieu de travail ne m’enchante pas trop. Mais bon, ils ne me dérangent pas vraiment, si ce n’est qu’ils occupent des places où pourraient s’asseoir des fishs. Ce qui m’a rassuré quand-même dans la discussion avec l’un des deux, c’est qu’il n’arrivait pas à comprendre que je puisse faire ce deal pour partager le ticket avec l’autre short stack de la table finale. Selon lui, je donne la moitié de mes bénef pour 110 euros d’investissement dans le tournoi. Je me suis évertué à lui expliquer qu’à 1 place de la qualification, ce tournoi ne valait pas 110 euros, mais peut-être 1100 avec mon tapis actuel. 100 euros, c’est la valeur de mon tapis avant la première main du tournoi, quand le field est encore complet. Pour lui, c’est l’investissement de base de 110 euros pour lequel je vends la moitié de mes bénefs. Après 20 minutes d’explication que je lui ai données sur l’ICM et la valeur en argent d’un tapis à un certain moment du tournoi, il restait sur ses positions, tandis que son ami était d’accord avec moi. Ca m’a suffit pour percevoir un certain manque analytique chez lui. Le seul cas où le deal n’est pas intéressant est lorsque je pense avoir un meilleur edge que l’autre pour faire de l’argent à long terme dans le gros tournoi, et c’est le cas. Mais il n’a pas même évoqué cet aspect. Ce même joueur a aussi moyennement compris pourquoi je faisais un call avec un tirage couleur et quinte ventrale au turn pour près de 50 euros. Le fait est qu’avec la cote implicite, je pouvais toucher près de 7 fois ma mise, pour une cote de 4 contre 1. Mais il a trouvé ça cher quand-même. Peut-être, ne dois-je finalement pas trop m’inquiéter. Espérons que les requins ne vont pas affluer un jour en masse. Nous finirons tous les trois perdants sur cette session, et “AA”, le plus gros fish de cet endroit partira avec un tapis de 700 euros.

Net : -228 euros

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Un Zenith bien contrôlé

Bruxelles, 24 septembre 2010

Petit retour au Zenith, où je suis heureux de trouver à nouveau une table bien remplie. Durant la soirée, une liste d’attente sera même créée, et la table restera full pendant toute la nuit.

C’est une table extrêmement bonne, avec des poissons dans tous les sens. Elle s’améliorera franchement en fin de nuit, où resteront uniquement des joueurs qui savent ce qu’il font, avec un gars dont j’apprécie beaucoup le jeu très dur à lire : Ousamma. Il adore les 3-bet et les 4-bet, et le jouer demande un temps d’adaptation lorsqu’on a pris l’habitude de jouer à cette table très loose, passive et lisible. Cependant, cela devient beaucoup plus amusant, mais bien moins EV+ aussi.

Je me retrouve en début de nuit avec . Je call une relance UTG à 5 en middle et nous voyons le flop à 4. Flop : . Je floppe la quinte mais ne nous emballons pas. UTG check et je check behind, les deux suivants check. Je décide de masquer ma main et de contrôler le pot, attendant qu’un carreau ne vienne pas au turn, pour le faire payer cher s’ils veulent le voir à la rivière. Turn: . Cette carte est parfaite. Je vais maintenant pouvoir simuler un arrachage et être souvent payé. UTG check, je mise 17 au turn. Le suivant me call, les deux autres passent. River: . Cette carte est bonne car le T est dans sa range. Il peut très bien me call au turn avec une deuxième pair croyant qu’il est devant. Je mise son tapis 52 et il me call rapidement. Je gagne et vérifie sa main dans les options. Il avait . Il dit alors à l’un de ses amis : “j’avais double pair, si je paye pas avec ça”. L’une des deux pairs est commune au board, et il estime qu’il a deux pairs. C’est vrai, et ça me laisse entrevoir de belles aventures pour la nuit.

Plus tard, j’ai et, ayant ouvert mon range de main depuis une heure, plus jouant que d’habitude, je relance en début de parole. Nous voyons ce flop à 5 ou 6. Flop: . Je check, le second mise 5 et je call, un peu fishy et hors position, décidant de réévaluer la situation plus tard. Turn: . Je check, et les deux autres check behind. On ne peut pas me voir sur un 5 ici. Je décide de faire un check-raise à la rivière espérant que l’ouvreur du flop retentera quelque chose avec une éventuelle dame ou un valet. River: . A nouveau, je ne suis pas inquiet quant à cette couleur runner runner. Je check et suis surpris de voir, non pas l’ouvreur du flop, mais le joueur juste à ma gauche ouvrir au pot, 35 euros. L’ouvreur du flop passe, et je suis seul avec lui. Très bizarre. Je lui demande s’il a 44 en main et a touché full à la rivière. Ce n’est pas tant polarisé que ça. Mettrait-il le pot en bluff pour l’arracher? La couleur reste possible même si peu probable. Je décide de passer. Je lui montre mon brelan et il me montre qu’il avait exactement la même main : . Je suis alors content d’avoir lu en son jeu un bon jeu plutôt qu’un bluff. Je peux entrer dans des coups avec des mains marginales et les abandonner lorsqu’elles donnent un bon jeu mais que je les sens battues.

A nouveau et comme en début de soirée, je trouve au bouton. Je call 6 en position après une relance UTG et deux autres calleurs. Flop: . Tout le monde check. Turn: . Fred, relanceur UTG preflop, mise alors 5 dans ce pot de 24 euros. Un autre call et un fold. Je relance à 25, convaincu que mon 9 est devant. Les deux passent et je prends le pot.

Je finirai cette soirée avec un net de : +230 euros en cinq heures et demies de jeu.

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23-09-2023

23 septembre 2010

Après Dublin, qui a coûté cher à ma bankroll (52 heures de table électronique pour les 3 buy-ins), j’arrive au Zenith et la table est presque remplie. Je m’assieds et nous sommes 9.

Je cave à 150 pour être à hauteur des plus gros tapis. En une heure je monte progressivement à 220, lorsque je trouve . Un fish de première catégorie, que je n’avais pas rencontré avant, mais dont j’ai pu observer le jeu pendant l’heure écoulée, raise à 5 UTG sur les blinds 0.75-1.5. Je reraise à 18. Etonnement, deux personnes suivent, et lorsque ça revient au fish, il minraise à 31 (18+13). Je ne suis pas mécontent, car je vais pouvoir écarter les deux calleurs curieux et jouer souvent en heads-up avec une main largement favorite et 36 euros de plus que ce que j’aurais pu espérer dans ce pot. Je mets mon tapis à 150. Je sais que les deux calleurs loose vont passer, et que le fish va payer ses 70 euros restants avec une main qui n’est qu’extrêmement peu souvent AA. Selon son image, je le vois sur un gros broadway assorti, ou une pair quelconque (88+ disons). Les deux passent, et lui me call instantanément avec . Le board donne quelque chose comme ça : et je perds ce pot, qui avoisine les 180 euros.

Avec mon expérience, ca ne me fait pas mal de perdre un 70-30 pour ces sommes-là, car je sais que j’ai gagné en EV. Allez, disons que j’ai un tout petit pincement humain, mais pas plus d’émotions. Ce serait plus un peu d’animosité envers tant de connerie, et le “Yes” habituel lorsqu’il touche. Mais viendra le jour où même ça, ne me fera plus rien.

Après 30 minutes, je remonte progressivement à mon tapis initial de 150. Je trouve alors . UTG mise 6, et 5 personnes callent. Je suis la mise de 6 euros au cut off et le bouton call aussi. Nous voyons le flop à 8 avec un pot de 48 euros . Flop . UTG mise à nouveau 6. 2 personnes callent, je call (il y à trop de monde pour tenter quoi que ce soit) et le bouton call. Le pot fait maintenant 78 euros et nous sommes 5. Turn: . Me voici avec une double pair. Les 3 personnes qui parlent avant moi checkent. Un 8 est peut-être embusqué. Je n’ai pas d’info sur ce que le bouton va faire. Je décide alors de faire une toute petite mise de 15 euros dans ce pot de 78 euros. D’une part, elle tend à laisser penser que je fais ça avec un 8 pour inviter les gens. Cette manière de jouer est évidemment très dépendante de cette table où je sais bien qu’aucun joueur ne va arracher ce pot en check-raisant sans le 8. Seules des mains comme JQ ou le tirage carreau sont susceptible de faire le call ici, voire une double pair touchée au turn comme moi (peu probable) et seul le 8 peut relancer. D’une part, je ne suis pas sûr d’être devant, d’autre part, je ne veux pas laisser n’importe qui voir un river gratuit. 15 est un bon compromis je trouve. Selon les réactions, j’aurai des informations peu coûteuses. Le bouton passe, le SB call, et les autres passent. Me voici en heads-up dans ce pot pour lequel 8 joueurs ont vu le flop, avec simplement une mise prudente de 20% du pot au turn. Pour moi le SB est en tirage, car, selon son style de jeu très prudent et qui prend peu de value dans ses grosses mains, il ne laisserait pas tirer les carreaux avec un 8 en main et défendrait sa main. River : . Le board affiche maintenant . Ce valet ne change pas grand-chose selon moi. Soudainement, dans ce pot de 108 euros, le SB donk bet 17 euros. Je ne comprends pas comment il peut faire cela. 17 euros ressemble à une mise de valeur. Avait-il ce 8, me serais-je trompé sur ma lecture au turn. J’hésite vraiment à lui offrir 17 euros supplémentaires. Une main me vient alors à l’esprit : KQ. Aurait-il call 15 au turn avec un gut shot? D’après ce que je sais de ce joueur prudent, je ne le pense pas. Ou alors espérait-il avoir une cote implicite suffisante pour me prendre le maximum si je détenais le 8 et qu’il touchait le J. Lorsqu’on y réfléchit, il a une chance sur 11 de le toucher (4 sur 44). Il y à déjà 108 euros lorsqu’il call mes 15. S’il est presque sûr de me prendre 65 euros supplémentaires à la rivière, son call devient correct. Cependant, je sais qu’il ne réfléchit pas de manière aussi poussée. Il ne met que 17. Avec KQ, il aurait fait un meilleur value bet me croyant sur le 8. Quoi qu’il en soit, 17 dans 108, bien sûr que je les paye avec mon jeu, et je paye confiant et curieux. Il dévoile et je gagne le pot avec ma double pair. Sa mise au river était donc une sorte de blocking bet qui avait pour but d’éviter qu’il doive payer plus cher si je faisais la mise moi-même. Le boutton m’avouera qu’il a passé sur ma mise de 15 au turn, et on conviendra à deux que ce fold était bon au vu de la petite côte implicite qu’il avait pour toucher ce J.

Avec , je raise au bouton à 4. Cette mise trop petite est une erreur car j’étais distrait, en train de discuter avec un voisin. Je suis payé deux fois, et me dis déjà que je jouerai cette main prudemment, car je n’ai pas resserré assez le range des mains adverses avec cette trop petite mise. Flop . Deux check et je cbet à 8. Un gars me call et l’autre passe. Je sais que celui qui me call n’est pas trop mauvais postflop, mais joue un préflop médiocre dans le sens où il les call dans 80% des cas, qu’il y ait eu une relance ou pas. Turn . Avec quoi peut-il avoir call le flop. Je pense qu’avec un J, il aurait check-raise ma mise, ou alors, a-t-il un valet très mal soutenu. Il peut avoir le 5. Je le vois rarement sur un 2. J’ai du mal à concevoir qu’il ait call 4 preflop avec une main contenant un 2. Il check et je check aussi au turn, confiant d’être devant, pour contrôler le pot d’une part, et lui laisser toucher une éventuelle carte intéressante à la rivière, trouvant qu’il y a très peu de scary cards. River . Cette carte apporte une couleur runner runner, qui ne m’inquiète pas du tout, car peu probable dans sa main. Il check à nouveau et là, je pense que je dois faire le value bet dans ce pot de 32. Ca peut ressembler à un arrachage, ma main est invisible, il va sans doute call avec un J ou une Q. Je mise 25, et très étonnamment, il me check-raise à 50. Je ne comprends pas. Je ne le connais pas bien, c’est la première fois que je le vois. Vu que je check au turn, comment pouvait-il espérer que je mise à la rivière. C’est incohérent. Peut-être est-il monstrueux ou alors n’a-t-il rien et pense pouvoir me faire passer un rien plus fort, qui essaye d’arracher le pot. Hors polarisation, une main justifierait aussi ce check-raise, c’est JQ. Il me verrait sur une Q touchée à la rivière, par exemple avec AQ, ou KQ. J’imagine alors ce qui se passe dans sa tête: comme j’ai raté mon CB au flop, qui a été call, j’ai check le turn, espérant quand-même toucher ma grosse carte à la rivière. Maintenant que je l’ai touchée, je value bet. Et dans ce cas, JQ est une main qui justifie le check-raise ici. Car il ne pouvait pas reprendre la main et miser le premier à la rivière en détenant JQ. Je ne call pas sa mise si je n’ai pas la dame au minimum. Alors soit, je n’ai rien et je tente l’arrachage, cas dans lequel il doit check pour me laisser le faire, soit j’ai vraiment touché ma dame, et sa double pair JQ doit me relancer pour value. Avec ma double pair AA22, je bats cette main. Cependant, JQ aurait sans doute check-raise le flop, donc je n’y crois pas tant que ça finalement. Mais je ne connais pas ce joueur, et n’ai jamais vu ce coup chez lui. Je décide de faire le call. Il me montre pour le brelan. Comment aurais-je pu le lire là-dessus. D’une part, je ne le voyais pas payer 4 préflop avec ce genre de main, d’autre part, il a pris un risque à ne pas reprendre la main à la rivière. Ca lui aura été profitable cette fois-ci.

Dans les heures qui suivent, je le vois refaire ses check-raise river avec d’autres joueurs. Deux fois, d’ailleurs, je check behind avec un beau jeu que j’aurais value bet en temps normal. Il est devant et perd énormément de value. J’ai donc payé ce premier check-raise, pour rééconomiser de la value dans la suite du jeu.

J’ai fait monter mon tapis à 350 progressivement lorsque je touche à nouveau . Face à la relance à 10 préflop d’un joueur, je reraise à 29. Il me call et le flop laisse apparaître . Il check et en gros, une main me fait un peu peur, mais pas beaucoup, c’est 88. Face à son check rapide, je sens quelque chose. Mais il lui reste 72 au tapis. Le pot en fait presque autant. Payer 19 preflop dans l’espoir de toucher son brelan une fois sur 8 et ne gagner que 72 euros supplémentaires après, est extrêmement mal joué. Je le vois sur une pocket de ce style-là cependant. Mais il peut avoir 99 ou TT également. Je pense qu’avec AK ou JJ+, il aurait mis la boîte préflop. Une main comme AQ est possible, mais, quel intérêt ai-je à faire un check behind au flop. Pas un énorme. Si vient au turn l’une des trois dames et qu’il a AQ, je prends le reste de son tapis, alors que je ne l’aurais pas pris au flop. Cependant, s’il a bien 99 ou TT, voire même JJ, et qu’une Q ou un K vient au turn, ça freeze l’action et je ne prends souvent plus rien. Pour toutes ces raisons, je décide de miser ses 72 euros restants au flop. S’il a touché un brelan, tant pis, l’argent partira quand-même sur les streets suivantes. Il me call et dévoile . Cependant, cette fois-ci, ce sera à mon tour de bad beater. Mon As vient à la rivière et je gagne le pot.

A sa place préflop, j’aurais bien sûr passé 19 euros supplémentaires avec une middle pocket et un si petit tapis, contre un joueur avec mon image. Il doit avoir au moins 12 fois la mise à ajouter dans son tapis, pour que le call soit correct, d’une part parce qu’il ne floppera son set qu’une fois sur 8, donc autant espérer gagner 8 fois sa mise. Mais ce 8 fois est correct à condition qu’il soit sûr de me prendre ces 8 mises postflop, s’il touche au flop. Comme on ne peut pas être sûr de cela, car je peux encore abandonner et qu’il n’est pas garanti que j’aie cette overpair, il faut le passer à 10. Ce 10 est encore sous-estimé, car je peux toucher un set supérieur sur n’importe laquelle des streets, puisqu’il sait que j’ai sans doute une meilleure pair que lui. Donc en me prenant 12 mises postflop en cas de set touché, il rentabilise les fois où il perd ses 12 mises parce que j’ai un set supérieur. Une fois sur 8, il me prend 12 mises, 7 fois sur 8, il perd une mise, et disons une fois sur 40 (set over set), il perd 12 mises. Donc sur 40 essais, il fait 4*12 (il touche son brelan, et il me prend 12 mises) – 35 (il ne touche pas son brelan) – 1*12 (il touche mais je touche un brelan supérieur et il perd 12 mises) = 48-35-12 =1. Sur 40 essais, il gagne une mise. C’est donc à partir d’un tapis 12 fois supérieur à la mise, que le call devient EV+.

Je finirai cette session avec un net de : +300 euros

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17-09-2023

Open Winamax de Dublin

Jour 1B.

J’ai raté mon avion ! Je devais arriver le 16 septembre, mais lorsqu’à l’aéroport de Charleroi, je me suis rendu compte que j’avais oublié ma carte d’identité sur mon bureau, après l’avoir sortie de mon porte-feuille pour l’enregistrement Ryanair en ligne, je me suis senti con, contraint de payer un supplément pour le vol du lendemain et de revenir sur Bruxelles pour reparti 24h plus tard.

Arrivé à l’hôtel vers 9h le 17 septembre au matin de mon premier jour de tournoi (1B), une chambre ne sera libérée que vers 10h30 et je parviendrai à dormir 1h environ avant le début du tournoi, qui additionnée à l’heure de sommeil précédent mon vol, ne laissera que peu de fraicheur, pour attaquer 9 niveaux de blinds, soit près de 11h avec les pauses. Cependant le Red Bull est une boisson spécialement conçue pour les gens qui n’ont pas beaucoup dormi avant un tournoi, et elle m’aidera tout au long de la journée.

C’est mon premier tournoi shorthanded en live, mais j’en ai déjà joué quelques-uns online.

Nous jouerons à 5 pendant quatre heures, un siège restant vide, ce qui nécessite encore plus d’agressivité. A ma table, 4 joueurs qui n’ont pas l’air expérimentés du tout. L’un d’entre eux, juste à ma gauche limp chaque fois qu’il entre dans un coup. Il ne raise que très rarement. Parfois et assez fréquemment, je vole le tout en misant 4 ou 5 fois la blind, parfois je limp derrière lui, près à évaluer la situation postflop et en position. En jouant très agressivement avant le flop, tentant à vue de nez 70% de vols au cut off et au boutton avec un taux de réussite impressionnant, et 20% du temps, squeezant aux blinds, me souciant moyennement de la force des cartes, je monte de 20.000 à 32.000 en deux heures, sur des blinds 25-50, puis 50-100, sans avoir pris le moindre risque et en ayant vu peut-être 15% de showdowns sur les pots que j’ai gagnés. A ma table, la taille des continuation bet trahit souvent la force du jeu de ces adversaires peu expérimentés en tout cas, pour ce type de tournoi. A la moindre faiblesse ressentie, je raise le Cb et ça passe 80% du temps. Je ressens vraiment que les gens jouent comme s’ils étaient en full ring alors qu’on est 5. C’est très passif, et en début de tournoi, ils jouent exclusivement leurs cartes. Je me dis que j’ai vraiment une bonne table et l’ascension de mon tapis s’apparente à un grindage de cash game, avec très peu de variance. J’évite les confrontations, une fois relancé, et je me contente des vols de pots, de rentabilité impressionnante.

Après 4 heures de jeu, je vois arriver quelqu’un au siège non rempli et l’on passe en shorthanded 6 joueurs. Il a un tapis de 16.000, grignoté depuis 4 heures par les blinds. J’analyse un peu son regard, son comportement, son observation, et constate assez vite qu’il sait jouer, et qu’il est bien plus agressif que les autres. Il commence à voler également. L’un de mes vols ne passe plus car le gars me call et check-raise mon Cb à tapis au flop sur un board peu crédible. Il est prêt à investir son tapis tôt dans le tournoi Je comprends donc que ma suprématie ne durera plus, ou du moins ne sera plus aussi simple qu’avant. Il monte en une demi-heure à 22.000. Arrive ensuite un coup où j’ai au cut off. Je fais une relance à 600 sur les blinds 100-200. Sans pouvoir l’expliquer, je sens que c’est la fois de trop, et que ce joueur agressif ne me laissera pas voler cette fois-ci. Je pense qu’il va vouloir m’indiquer que le temps du rêve est terminé, et que maintenant, on va partager le magot à deux. Il est SB. Il me relance à 1600. Seulement, je ne peux pas accepter de me faire squeeze comme ça aussi facilement, alors que je le sentais tellement venir. Je décide alors de montrer qu’il ne va pas être si facile de m’arrêter. Tout le monde passe, et je 4-bet à 4600. J’ai l’intention de montrer ma main si il passe, dans le but de calmer ses envies de squeeze prochainement. Mais étonnement, il se met à réfléchir pendant près de 2 minutes. Je comprends qu’il ne détient pas rien dans la main, mais j’ai quand-même le gros sentiment qu’il va abandonner et ne jouera pas un si gros pot hors position en début de tournoi. Finalement il fold et me les montre. Il me demande si j’avais QQ ou plus. C’est ce que mon voisin de droite estime également. Je lui dis que je lui dirai ma main dès qu’on ne sera plus à la même table. La situation a changé. Comme j’ai fait passer une bonne main, je n’ai plus envie de montrer la mienne. A la base, je voulais lui montrer que je ne le croyais pas dans sa relance, mais ici, elle était justifiée. Dans les tours qui suivent, le joueur est beaucoup plus calme quand je dispute un pot en position tardive. A la pause suivante, il vient me supplier de le lui dire ce que j’avais. Sincèrement, je lui dis alors la main que j’avais, lui expliquant que je sentais sa relance avec n’importe quelle main. Je décide évidemment de me servir plus tard de cette info qu’il a, si l’occasion se présente.

C’est alors que je me retrouve avec au bouton. Je relance à 800 sur des blinds 150-300. Le joueur agressif est au BB et me call. Flop . Il donk bet 80% du pot et après une réflexion de 10 secondes, je call, pour masquer un tirage avec lequel la plupart des joueurs inexpérimentés auraient fait un call instantané. La relance sur son donk bet serait ridicule ici. Il est tout-à-fait capable de me 4-bet à tapis. Il lead, donc autant en profiter pour contrôler le pot. Turn : . C’est ma carte gagnante (à moins qu’il ait KJ). Il mise 3500 et là, je call assez vite. Pourquoi? Parce que ça ressemble à un call en triage. Il y à maintenant deux cœurs. Il ne peut que rarement me voir sur une quinte faite au turn. J’ai attendu au flop pour call et payé rapidement au turn, comme si je tirais pour pas trop cher, une carte ventrale, avec un 9 ou un J en main, ou bien avec deux cœurs. Jamais il ne croira que malgré deux cœurs au board, je fais juste un call rapide avec la quinte. A la limite, si je veux slowplay, je réfléchis un peu avant de faire le call. Je sais qu’il ne pourra jamais me lire. D’autre part, il lead. Je relancerai sa mise au river si la seule carte horrible ne vient pas, le J. Même le cœur runner runner ne m’inquiètera pas. River : . Carte excellente !

Monsieur fait tapis 18.000, je call instantanément, il se lève, me serre la main et dévoile pour un 3 barrel bluff. Je passe à 64k après ce coup, content de sortir le seul danger réel à cette table.

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13-09-2023

Soirée du 13 septembre 2010

Cet aller-retour à Namur aura été l’un des plus courts de l’histoire de mes allers-retours à Namur. Un petit problème sur la route m’a fait arriver à 20h50, soit 50 minutes après le début du tournoi bounty 160 euros. Avec un tapis descendu de 6000 à 5600, j’arrive aux blinds 100-200. Après une tentative de vol à 525 avec en middle, Frank me relance à 1525 au bouton. Je n’ai pas commis beaucoup de vol, c’est un joueur qui sait ce qu’il fait et je crois connaître l’image qu’il a de moi. Pas la peine de jouer cette main dominée hors position contre lui. Sans me souvenir très bien de la suite des événements peu intéressants, si ce n’est que quelqu’un a check-raise mon Cbet avec rien au flop et que j’ai perdu 1200 jetons supplémentaires, il aura fallu une demi-heure, pour que, ne voyant pas la moindre main, mon tapis chute à 2400, alors que les blinds 200-400 arrivaient dangereusement, et que les antes de 50 grignotaient lentement ma dîme. Avec trouvé UTG, et 6 BB, ou si vous préférez 2 M, je décide de pousser all-in avec cet As si bien accompagné. Je pouvais laisser la blind de 400 arriver sur moi, mais dans un bounty, faut pas espérer un walk, et rien j’allais rarement avoir une main meilleure dans les quelques suivantes. De toute façon, je n’ai plus la moindre fold equity, bounty oblige. Les tapis sont déjà à 10.000 en moyenne. Laisser passer les deux blinds, et deux antes, me laissent au bouton avec 1700 et toujours pas de fold equity. Ce push est discutable, d’ailleurs je continue à lire “Kill Elky” qui me dira bientôt si j’ai eu raison d’agir comme ça UTG avec 2 M (ou CSI).

Un gars relance à 5000, ce qui m’arrange car il m’isole et je peux jouer à 1 contre 1 plus les blinds et les antes, soit 1.5 contre 1 environ. Tout le monde fold. Il dévoile .

Board: et je suis out. Net : -160 euros

Je rencontre Michael, un ami, joueur de tournoi vraiment prometteur selon moi, et bon joueur de cash game. Il est sorti du tournoi aussi, et je lui propose d’aller au Zenith à Bruxelles, en passant d’abord par chez moi, parce que je dois jouer le Rush 26$ de 23h sur Full Tilt, tournoi qui dure souvent moins d’une demi-heure, et maximum 2h30 quand on le gagne. J’ai fini 18e sur 1445 joueurs la veille, et finirai 5e sur 1143 le lendemain. Je parle de ce tournoi que j’adore dans d’autres posts, je ne m’y attarderai pas ici. Ce jour-là cependant, je sors du tournoi rapidement (14 mains) et nous nous dirigeons vers le Zenith. On y trouve une table avec 7 joueurs et nous nous installons. Rudy est là, et je sais qu’il commence à ne plus trop m’adorer. Soit. Un coup arrive, où sur les blinds 0.75-1.5, quelqu’un mise 60 et tapis. Tout le monde comprends que c’est une erreur, mais le gars dit que non. Normalement il voulait mettre 6. A partir du moment où il dit non, personne ne doit se sentir coupable de payer avec une main qui se comporte bien contre une main qui a provoqué une relance à 6 UTG. Tout le monde fold jusqu’à Rudy qui hésite et passe. Il montre qu’il passe . Le relanceur initial montre alors tout fier et soulagé . Je dis à Rudy avant de voir le AQ :”mais enfin, il faut payer”. Il s’énerve alors, sans doute déjà énervé à la vue de la main qu’il dominait et me dit :”oui, oui, toi t’es un grand joueur, moi je ne paye pas parce qu’il peut avoir pair de 4, et AA et KK sont possibles aussi”. Je n’ai pas répondu, car, il est vrai, je n’avais pas à lui conseiller comment il faut jouer. Mais c’est sorti tout seul, car j’ai été stupéfait par ce mauvais fold. Bien sûr, il peut avoir une petite pocket, mais il peut surtout avoir des mains dominées comme KQs, AQ, AJ, unique raison pour laquelle le call est clairement intérssant à long terme. Contre la range du gars, il est favori. C’est discutable, soit. Rudy, si jamais tu lis ces lignes, je ne prends pas ta phrase de manière ironique ;)

Parlons enfin des quelques mains importantes. Avec 100 de tapis départ, je descends à 41 et remonte à 100 le coup d’après contre le même type. C’est alors que je trouve UTG. Je relance à 6. L’importance ici est de montrer que je ne suis pas si tight que cette table peut le croire. Si je gagne avec cette main au showdown, mon image sera un peu créée pour le reste de la partie, où je ne ferai plus le même genre de relance. Je suis call par un monsieur, avec qui j’ai joué une seule fois, pas agressif, et vite content de son jeu.

Flop: . Je check, il mise 14, dans ce pot de 14, et je ne suis pas sûr qu’il ait un As. Voyant que je n’ai pas Cbetté le flop, il peut essayer d’arracher et mon 9 peut être devant. D’autre part, si je call, j’ai rarement rien du tout, à savoir que j’ai misé préflop. Turn: . Me voici avec une pair et un tirage quinte ouverte. Je check et il mise 25 dans ce pot qui en fait maintenant 42. Je réfléchis pendant au moins 30 secondes. Pas pour faire de l’acting, mais pour calculer la cote implicite. A ce moment-ci, je n’ai presque plus de doute, il a l’As. Mais le connaissant et l’ayant déjà vu jouer, je ne crois pas trop en une double pair, car son 25 sur 42, alors qu’il met le pot au flop laisse transparaître un peu de faiblesse. Admettons qu’il n’ait pas double pair. J’ai 8 outs pour ma quinte, et 5 pour un 9 ou un 8, soit 13 outs sur 45 cartes (et pas 44, car je suppose qu’il a un As, et l’autre carte, je ne la connais pas). Ce pot contient 67 euros. Seulement, je sais que si mon out sort, je vais reprendre la main et serai call très souvent, vu l’image que j’ai du jeu de l’adversaire. Etant donné, que je ne peux pas être sûr qu’il n’ait pas double pair, mais que j’y crois moins, si mon 8 vient, je check-callerai une éventuelle mise ou réévaluerai la situation. Je ne considère pas vraiment le 8 comme un out, ou alors je m’enlève 2 des 3 outs qui donnent le 8 et n’en ait que 11 en tout. Mais si je touche et arrive à extraire 50 euros supplémentaires après, mon call de 25 est complètement correct, car cela voudrait dire : payer 25 pour gagner 67+50. Or, 25 / (67+50+25) = 17% du pot final. Avec mes 25% de chances de toucher la bonne carte (11/45), le call est donc correct. On peut également retirer à mon equité, la faible probabilité de fold de l’adversaire sur mon value bet à la rivière, faible selon mon estimation, et dire que je n’ai pas 17% du pot à payer, mais 20%, ce qui reste toujours EV+ avec mes 25% de chance de toucher. River: . Elle est rentrée. Le fait que la carte apporte une couleur carreaux m’arrange, car l’adversaire croira que j’essaye de le bluffer. Etant donné que je le vois sur au moins un As dans sa main, je n’ai absolument aucune crainte en ce qui concerne une éventuelle couleur chez lui. Je mise 50, et il me call instantanément avec . Intéressant le call préflop et l’amour de la top pair.

Mon tapis est maintenant à 219. Je trouve . Je mise 9 en fin de position face à 6 ou 7 limps. Un gars que je connais bien et qui a amélioré son jeu depuis 2 mois, call. Rudy relance à 30. Il a un tapis qui couvre le mien. Je connais la tightitude extrême de ce joueur gagnant. Il sait aussi que j’ai souvent une grosse main pour relancer tant de limpeurs et que je suis dans le top 5% sans doute. Donc, pour moi, et vu sa mise à 30, il a une main énorme, une main avec laquelle il est sûr d’être devant. Seules trois mains répondent à ces critères dans sa range : KK, QQ, AA. AA est improbable, il ne reste qu’une seule combinaison d’As, contre 6 pour les rois et 6 pour les dames. Le connaissant, j’ai vraiment l’impression qu’il n’aurait pas misé autant avec QQ. Je le vois sur les KK, je dirais 60% du temps. Mais je n’exclus pas les dames. Je n’ai pas envie de relancer maintenant, car il serait capable de passer QQ. C’est le genre de joueur capable de le faire à cette table. Par contre, sur un baby flop, je sais qu’il ne passera plus rien, car je ne représente pas les As ou les rois, si je call ici. D’autre part, s’il touche sa carte au flop, la Q ou le K, qui lui donne brelan, il va souvent slowplay, et je pourrai le lire sur son visage, avantage du poker live. J’aurai l’opportunité de réévaluer la situation. En même temps, vu que j’ai deux As, la proba qu’un As tombe au flop est faible: à tenir en compte, car si ça arrive, je ne lui prends plus rien, à moins qu’il touche le set en même temps. Je call, et Fred call aussi. Flop: . J’ai l’as de pique, mais cette dame ne m’arrange pas. Fred reprend la main à 55. Je le connais quand-même et sait qu’avec un jeu monstrueux, il aurait slowplay ici, ou au moins check-raise, attendant le Cb de Rudy. Il a sans doute touché la top pair, souvent AQ. Je ne crois pas en 55 ou 77, car il les aurait passé préflop et aurait rarement ajouté 21 euros face à une relance de Rudy avec une pocket trop petite. En plus, il check-raise ce flop avec brelan. Rudy met all-in pour 270 suite à la mise de Fred. Pour moi Rudy a les rois. Il peut avoir les Q, mais moins souvent. De toute façon, j’ai un as de pique, et toujours une bonne cote pour payer les 179 euros qui me restent contre sa range dans ce pot qui en fait 7.5(limpeurs)+30+30+30+55+179 = 331.5. Je dois donc payer un tiers du pot, avec la possibilité que Fred paye derrière. Contre un brelan, je dois être aux alentours de 35% de gagner en touchant mon pique sans qu’il touche full, ou l’un des deux As restants, ce qui veut dire que même si je sais que Rudy a QQ, le call est encore presque correct. Mais là, c’est soit KK, soit QQ, et je penche plus pour KK avec un pique. Je call, Rudy est très étonné, et Fred passe. Fred dit avoir passé et je le crois. Rudy dévoile , ce qui lui laisse un seul out, le pour gagner, à condition que mon pique ne vienne pas. Ca ne vient pas, et mon tapis passe, après déduction du rake (20 euros, 5%) , à 475 euros.

P.S. : Après réflexion, il a limp-reraise preflop, ce qui représente plus souvent les rois ou les as que les dames. Ma plus forte croyance en les rois provenait sans doute de là aussi.

Pour terminer je parlerai d’une main, où avec Mic, on a discuté de l’utilité de faire un value bet à la rivière. Après réflexion, je suis d’accord avec lui.

J’ai en position sur les deux joueurs qui jouent ce postflop avec moi. Flop: . Le monsieur de la première main du post, celui avec qui j’ai value ma quinte trouvée à la rivière, mise 6 dans ce pot qui en fait 8. Rudy call,et je call aussi. Je mets très souvent le relanceur initial sur un 6 moins bien soutenu que moi, c’est le read que j’ai. Turn . J’aime bien cette carte. Je crois que je suis toujours devant. Les deux check, je mise 19, soit le pot environ. Le relanceur préflop me paye et Rudy passe. River: . J’aurais préféré un 2 ou un 4. Il check, et là, dans ce pot de 57 euros, je me demande si je dois faire un value bet. Je pense que si je mise plus de 30, il ne payera plus avec son 6 à cause de la dame. Si je mise 20, il peut payer, mais je prends également le risque d’être check-raise, et là, ce sera difficile de dire s’il bluff, ou s’il a vraiment un jeu gagnant. Je crois qu’il peut un peu m’en vouloir pour le coup de tout-à-l’heure et décider de bluffer sur une mise trop faible de ma part ici. Je décide de check et je gagne le coup. Pratiquement sûr de trouve un 6 dans sa main, je regarde en cliquant sur “View last hand”. Il avait . J’ai alors une discussion avec Mic sur le value bet. Il pense que je devais faire 20 et je suis d’accord, mais ne l’ai pas fait, car je trouvais ça trop risqué. Mic me dira que la personne n’a que très rarement dans sa range d’actions, un check-raise river. Je suis d’accord et j’y repenserai si ça arrive à nouveau.

Je finis la session avec un net de : +500 euros

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12-09-2023

12-09-2023 : soirée du 7 septembre 2010

Après être passé au Cameo et au Zenith, je constate qu’il n’y à personne. Je décide alors de me diriger vers l’Expo, près du Heizel, pour y essayer la table électronique dont j’entends parler depuis deux mois, mais où je n’avais jamais été, ne voyant pas encore la nécessité d’aller aussi loin. J’habite à 20 km de là, contre 7 km pour les deux autres salles.

A mon arrivée, je reconnais et suis reconnu par 3 personnes avec qui j’ai rarement joué à Namur. L’un d’entre eux dit aux autres : « je vous présente le 8e au classement en tournois à Namur ». Wow, quelle notoriété ! Comme ce n’est pas idéal pour l’image, je calme le jeu en disant que ce n’est pas grand chose comme performance. C’est un peu ce que je pense, au vu de ce que j’explique dans le post concernant les tournois de Namur.

Après quelques coups, le niveau semble en effet plus élevé que dans les deux autres salles. Mais je commence vite par repérer des erreurs assez grosses. Il n’y à pas d’agressivité particulière, récurrente chez l’un des joueurs. Les blinds sont 1-2, un peu plus élevées qu’au Zenith (0.75-1).

Je cave à 100 et me retrouve face à des tapis allant de 40 à 150. Après 15 minutes, je trouve au cut off et limp à 2 euros, suite à plusieurs limps, le boutton limp également. Flop . Tout le monde check et je décide de check aussi, voyant le boutton très intéressé par le flop. J’avais vu juste, il mise 12. Une fille (avec qui j’avais déjà joué au Cameo un mois auparavant) relance à 36. Je suis étonné par son check-raise. Elle a sans doute un tirage, ou un brelan de 3. Telle que je la connais, avec une pair de huit en main, elle aurait relancé préflop. Peut-être est-elle sur les piques. De toute façon , un brelan se comporte très bien contre un tirage couleur au flop (69% d’équité). J’envoie mon tapis pour 94 euros et le bouton call pour ses 50 euros restants. Elle passe à ma grande surprise. Sans doute qu’elle faisait un squeeze pour reprendre le pot au bouton qui avait l’air de voler en position. Elle n’avait pas prévu mon check-raise. Le bouton dévoile et n’améliore pas. Je gagne le pot et prend une nouvelle info sur la façon de jouer de ce joueur. Limp en fin de parole préflop avec les valets, intéressant…

Plus tard, je trouve et mise 17 face à 8 limps préflop en position. Un seul gars me call. C’est marrant car son tapis contient 46 euros avant son call. Sur le flop il reprend la main et mise ses 29 euros restants. Je call instantanément et voit ses cartes : . Wow, il a 15 outs et est devant mes As à 55%. Je gagne le coup malgré tout car le turn et le river ne l’aident pas. Selon moi, son call préflop est très mauvais. Avec AJ, il a une main dominée par AK, AQ, AA, KK, QQ, JJ, qui sont souvent dans ma range vu mon faible taux de relance de cette sorte depuis le début de la partie. Il joue peut-être pour un tirage pique max préflop, mais dans ce cas, avec si peu de profondeur, il n’a absolument pas la côte implicite nécessaire pour payer 17 euros. Toutes ces constatations ne font que me contenter, puisque s’ils font tous des erreurs de la sorte, c’est que le niveau n’est pas aussi bon qu’on le disait. Souvent, lorsqu’on me dit que le niveau est fort, je le compare au niveau de la personne qui me l’a dit, et ça peut ne pas être un niveau fort finalement.

Ensuite, je me retrouve avec sur un flop . Je mise 12 en middle dans un pot de 16, call par le gars au bouton, et check-raise à 32 par un gars en early. Il n’a jamais fait ce genre de move. Il est content de son jeu, ça saute aux yeux. Il aurait rarement limp préflop avec 77, 88, ou KK, tel que je le connais. Je le vois sur une double pair, par exemple K7. A ce moment, je fais une erreur. Je fais juste un call, près à relancer une nouvelle mise au turn sur une carte non scary pour lui, en masquant ma main. J’ai 180 devant moi environ et devait faire tapis ici. Avec double pair, il aurait tout payé, je le sais bien. Le turn est un . Il check. Les éventuels tirages suite ouverte et couleur seraient rentrés. Je ne le vois pas la dessus du tout, je crois toujours en une double pair au flop et décide de prendre un peu de valeur. Evidemment, je ne peux plus miser ici. En plus, il n’est pas garanti qu’il n’avait pas un tirage au flop, la proba est faible selon moi, mais existante. Si je mise et qu’il check-raise, je suis pas au top. Je check. Il paye. Le river est une brique, style . Il check et là, je décide de value ma double pair. Je mise 48. Il call et montre , confirmant bien sa double pair au flop. Vu ce read, j’aurais du envoyer le tapis sans hésiter au flop et j’étais payé. Dommage. Y avait 100 euros de plus à prendre. Ce scary turn a freezé toute l’action, et de son côté et du mien : grosse erreur.

Ensuite, voici une main sympa, mais dont je ne me souviens plus du déroulement exact, car cela fait pratiquement une semaine, d’où l’utilité d’écrire mes posts au lendemain de la partie, maximum. J’ai . Nous sommes trois dans le coup et j’ai la position sur mes deux adversaires. Le flop affiche . Suite à deux check, je mise environ 7 euros dans un pot de 10. Les deux me payent. Turn : , une carte blanche. Les deux check, je mise 25 euros, le premier passe, et la fille me call. Je la connais et elle semble jouer avec une bankroll derrière, elle n’a pas peur des mises, et je l’ai déjà vu faire quelques moves. Elle call mes 25 à la manière d’une tireuse. Je la mets sur un draw très souvent. River : . Cette carte est très bonne, elle ne complète aucun des tirages susceptibles de payer 25 euros au tun : les piques ou 3 5. Une seconde après l’apparition de la carte, la fille reprend la main et mise 80 dans ce pot qui en fait 84. Elle n’a pas pris le temps de réfléchir à un value bet optimal, ce qui me laisse évidemment penser que ça n’en est pas un. Je call très rapidement avec mon J mal soutenu, et elle montre . J’avais vu juste en son tirage, confirmé par sa mise trop rapide au river.

Pour moi, la soirée se terminera sur un net de : + 267 euros

Au retour, je décide de passer au Zenith, voir s’il y à un peu de jeu. Je trouve 3 personnes assises, m’installe et cave à hauteur du plus haut tapis, 150. Même si je n’aime pas trop les parties à 4 au vu du rake de 5%, il faut dire que pendant ces 2 heures-là, je n’aurai pas ressenti le moindre danger, et le moindre doute quand au grindage progressif et très probable. Les 3 joueurs étaient d’une passivité exemplaire. L’un d’entre eux passait pratiquement 4 de mes relances sur 5 contre sa blind. Et la cinquième, il faisait tout au plus un call. S’il rencontrait son flop, il reprenait la main, dévoilant son jeu. Sinon, je n’avais qu’à faire un Cbet qui n’était payé que 20% du temps. Il a été grignoté de manière inéluctable. Les deux autres, étaient d’une part, le bon joueur tight que je connais, et d’autre part, pas fish, mais passif. Le problème du joueur tight est qu’en short handed, il a jeu à peine plus agressif qu’en full ring. Il fold beaucoup trop. Je suis parti avec un net de + 72 euros sans avoir le sentiment d’avoir pris un quelconque risque.

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09-09-2023

Missclick 1 : je call avec J7 sur board K38 contre A3, il mise 33 au lieu de 3, et je call

Missclick 2 : je mise 55 avec 77 au lieu de 5

Missclick 3 : je call 10 preflop avec AT

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