Sortie rapide du bounty, cash Namur, cash Bruxelles

Namur, 6 décembre 2010

Un peu après le début du tournoi bounty à 160 euros de buy-in, je trouve en middle position. Je mise 250 sur les blinds 50-100. C’est payé par deux gars en positon sur moi ainsi que le small blind. Le BB fait 900 et tapis. C’est une aubaine! J’envoie mon tapis de 4900 et les 3 joueurs qui ont payé ma relance de 250 passent. Je me retrouve en head’s up contre le joueur à tapis. Il dévoile . Bien sûr, je ne suis pas au top contre sa main. Mais contre la range de main qu’il pouvait avoir, je trouve que mon move est EV+, car j’ai une grosse fold equity sur les 3 joueurs qui ne sont pas à tapis et je joue en tête-à-tête pour un bounty et les jetons qu’ils ont déjà investis. Board: et je remporte un bounty de  50 euros.

Dans la demi-heure qui suit, je limp bcp en position (bouton, cut off, hijack), et arrache certains pots préflop toujours en position. Ensuite, je vole un pot avec sur un board , alors que nous avions vu ce flop à 4, suite à 3 limps et que je suis 3e de parole.

Un peu plus tard, je rate un bluff au bouton à 600 au river. Les 4 joueurs encore présents avaient checké jusqu’ici. L’apparition d’un quatrième carreau m’a donné envie d’arracher en position. Et depuis le Sb, c’est un gars avec qui a fait le check-call au river sur le board: . Il avait donc sans doute fait un check-raise au turn, qui n’a pas fonctionné, et a été obligé de contrôler le pot à la rivière, qui apportait un nouveau carreau. Je dévoile ma main: pour l’image.

Je trouve alors au bouton. Je limp à 200, suite à 4 autres limps. Le flop apparaît. Un gars, Damien*, ouvre à 800 UTG, et est payé par UTG+1. Tout le monde passe jusqu’à moi. Je vois le gars UTG sur une dame (QT, QJ, QK par exemple). Etant donné que j’ai été assez agressif ces derniers temps, qu’il a 9000 au tapis, et qu’il me reste 4800 en tout, je pense que le moment est bon pour envoyer la boîte, car il serait dommage qu’un turn dangereux lui fasse peur. Avec mon image, je pense avoir de grandes chances d’être payé par une dame. J’envoie mes 4800 et les blinds passent. Il call rapidement et le suivant passe. Il dévoile pour un tirage couleur et un gut shot. Ce n’est pas la main que je voulais voir. Mon équité est de 56% environ ici. C’est Rachel, croupière très sympa du Casino, qui distribue. Elle ne va pas me faire ça quand-même ;)… Turn: . River: ! Damien*, que peu de gens supportent, tapote sur la table, comme un chien qui remue la queue quand il est content, et je suis dehors du tournoi. Il précise :”c’est parce que j’avais en plus le tirage suite que j’ai payé”. J’avais absolument besoin de sa précision, je n’avais pas remarqué !!!. Entre paranthèse, je pense qu’il aurait payé avec aussi. Pas grave Rachel, tu feras mieux la prochaine fois :).

Bilan net du tournoi : -110 euros

C’est alors que je décide d’aller m’asseoir à une table  de cash game 2-2. Je trouve mon pote Corneille*. Je cave à 150 euros, et en moins d’une heure, mon tapis grimpe à 340 euros environ, car je trouve de bons jeux rentabilisés. Bien sûr, lorsque je m’assieds à une table où je rencontre des gens que j’apprécie et que je trouve  bons, ils ne sont pas mes cibles. Un pacte s’installe souvent tacitement, où l’on évite de se rentrer dedans. C’est le cas avec Brian* et Sony* au Zenith par exemple. Avec Michaël Lago aussi. Cependant, lorsqu’une rencontre inévitable existe, dans laquelle une troisième personne est impliquée, on joue notre jeu, même si l’autre est censé comprendre ce qu’on a. En head’s up normalement, le check jusqu’au bout est souvent une solution qu’on adopte. On laisse tirer l’autre gratuitement, ça diminue la variance, le rake, et à partir du moment où c’est le cas dans les deux sens, on y retrouve son compte sur le long terme. Mais si la rencontre existe parce qu’on a tous les deux des jeux énormes, on n’y peut rien, on est content pour l’autre et on passe à autre chose. Avec Fredéric Hébette qui est aussi un gars que j’apprécie, on se joue quand-même, et ça n’altère en rien les relations humaines qu’on peut avoir. De base, on sait que ça ne nous pose pas problème, c’est installé et ça nous convient. Avec Grégory Puissant aussi, si l’on joue en partie privée, ce qui est normal. On n’organise pas une partie privée pour être amical dans les coups de poker. Mais avec Corneille*, c’est très différent. Il ne veut pas qu’on se joue puisqu’on a créé des liens hors poker.  Je lui dis :”je suis d’accord pour que tu me prennes tout ce que tu peux et qu’on se joue comme si l’on était des inconnus l’un pour l’autre”. Mais ça ne le chauffe pas. Je dois donc freiner mon jeu à fond lorsque je suis à sa table, alors qu’avec les autres, le pacte est beaucoup moins compliqué. Si la rencontre arrive, tant pis, c’est le poker. Voici donc le coup qui a donné naissance à cette introduction :

J’ai et limp à 2 au bouton, suite à 5 ou 6 limps. Le flop est un magnifique , magnifique à première vue. Tout le monde check jusqu’à ce qu’un gars en middle ouvre à 10 euros. Un autre le paye et Corneille*, situé au cut off, relance à 32. Corneille* a un jeu très tight et très discipliné. Lorsqu’il fait cela, il a souvent du gros jeu. Cependant, sur les dix dernières mains, je l’ai vu arracher deux fois le pot en montrant des bluffs. En tant normal, il est énorme ici, mais là, j’ai encore quelques doutes. Je décide de faire un call, simplement. Seulement, une chose inattendue se produit. L’ouvreur initial relance à tapis pour 196 euros, soit 164 euros supplémentaires. Le joueur qui avait payé les 10 passe. Corneille* le paye rapidement. A ce moment-là, je comprends que Corneille* a sans doute une double pair, car il ne paye pas autant pour un tirage et a montré de la force juste avant. Me voilà avec un jeu énorme, dans un spot où je devrais rajouter 164 euros, dans un pot qui contient déjà 10+10+32+32+186+164 = 434 euros. Bien sûr, il reste à Corneille* 200 euros, et à moi 130 euros si je fais le call. Mais je suis loin d’imaginer que si je call, de l’argent sera encore investi entre Corneille* et moi. Lorsqu’il fait le call, cela veut bien dire qu’il n’essaye pas de me chasser. Pourquoi ne fait-il pas tapis s’il veut me sortir du coup. Le gars qui a mis 10 puis 196 est un énorme poisson. Il a montré des trucs fous depuis le début, jouant tout son tapis avec pas grand chose. Je le mets sur le roi ici, peut-être KQ ou K-10. Quoi qu’il en soit, j’ai le sentiment fort d’être le seul à tirer les trèfles. J’ai également une top pair, mais je ne pense plus qu’elle joue beaucoup, car si Corneille a déjà KJ, ni mon roi, ni mon 3 ne peuvent m’aider. Il pourrait avoir J8 suited aussi, c’est pas impossible, mais moins probable. Cependant, ça justifie que mon tirage brelan ou double pair n’est pas complètement obsolète. Ne les considérons même pas. Considérons juste que je gagne en cas de trèfle ou de runner runner 3, si le valet ou le roi ne revient pas bien sûr. Savoir que j’ai un roi minimise la probabilité que ce full vienne. Si je paye les 164 euros, le pot atteindra 608 euros. Je dois donc ajouter un peu plus du quart du pot final. Je sais qu’un tirage couleur a environ une équité de 36% au flop. Cela est bien sûr valable, seulement si j’ai la conviction qu’on va checker le turn tous les deux. Pourquoi devrais-je abandonner mes 32 euros investis avec une main aussi puissante que celle que j’ai. Parce que c’est Corneille*? C’est ce qu’il trouve. Mais on a des philosophies très différentes. Pour moi, on peut ne pas se faire mal dans des coups, jusqu’au moment où nos actions deviennent complètement EV-. Ici, avec ma certitude qu’on va checker le turn, je dois complèter ces 164 euros manquants, car le tirage couleur à lui seul me donne déjà la cote pour le faire. Je ne compte même pas sur le fait que j’ai déjà la top pair ici.  Je fais le call en expliquant à Corneille* que je ne peux pas abandonner cette main dans un tel pot. En même temps, je ne sais plus ce que je dis, mais je lui fais comprendre que j’ai un tirage énorme. Turn: . A ma grande surprise, Corneille* me dit :”je ne peux pas laisser tirer” et mise mon tapis en prenant une pile de jetons qui le couvre. Wow! Je ne m’attendais pas à celle-là. Je lui dévoile littéralement mon jeu oralement, lorsque je fais le call au flop, et il essaye de me chasser au turn. Ce pot fait maintenant 604 + 130 euros, et je sais que j’ai 9 outs sur 46 cartes inconnues, souvent même 43 cartes inconnues puisque j’ai la conviction que les deux cartes de Corneille* ne sont pas des trèfles, et qu’au moins l’une des cartes de l’autre personne n’est pas un trèfle. Me voici avec plus de 20% de chances de toucher mon trèfle. Je dois payer 130 sur un pot final de 604 + 130 +130 = 864 euros, soit clairement moins de 20%, précisément 15%. En terme de value, son move est correct puisqu’il me fait jouer 130 euros supplémentaires avec 4 chances sur 5 de me les prendre. En terme de pacte tacite, son move est je trouve, culotté. Lorsque je call au flop, pour moi, on est en situation de tapis, et on ne jouera plus en head’s-up. Et en ce qui concerne mon call, il est easy et évident pour les raisons précitées. Je paye sa nouvelle mise au turn en disant :”oui je sais que t’as double pair, mais je ne peux que payer”. Croit-il vraiment que je vais abandonner ce pot avec tout ce que j’y ai investi pour 130 euros supplémentaires? Et la rivière est un . Corneille* montre pour double pair au flop, et le joueur pour une suite ouverte au flop. Je prends l’intégralité du pot. Bien sûr l’heure qui suit, on ne se parle pas, il quitte même la table, et la discussion commence lorsque je le ramène sur Bruxelles. Pas la peine de dire que j’ai droit à des leçons de morale. Mais après réflexion, je n’ai plus envie de polémiquer sur ce blog. Mon call au flop me semble normal. S’il avait mis tapis au flop, le voyant toujours sur double pair, j’aurais abandonné, n’ayant plus la cote pour tirer une couleur en deux cartes. Ca il ne le croit pas, et ne veux même pas m’entendre lui expliquer d’un point de vue mathématique pourquoi le call serait incorrect à ce moment. Ce qui m’énerve, c’est que si j’avais touché mon trèfle au turn, je n’aurais pas misé pour prendre de la valeur sur sa double pair. Je lui aurais laissé gratuitement la possibilité de tirer un full à la rivière. Mieux encore, je n’aurais pas fait le moindre value bet à la rivière. Lui m’a mis à tapis au turn. C’est ce côté un peu paradoxal que je retiens. Je dois lui laisser le pot au flop, mais si, ne me relançant pas, il me donne la cote pour payer, alors au turn, je dois payer mon tapis pour voir la rivière.

La table est très bizarre. Deux joueurs à ma gauche payent très souvent les grosses relances préflop. Je parle avec Greg qui est debout, et je trouve . Je suis en milieu de parole et décide de relancer à 16 euros. Je prends 4 jetons dans ma main, 3 verts et un mauve, en tout cas c’est ce que je crois. Avant même que je me sois rendu compte que j’ai mis 4 jetons mauves par distraction, pour 40 euros, je suis payé deux fois par ces joueurs à ma gauche. Les blinds sont 2-2. Mais on dirait qu’ils ne sont pas à une table assez grosse pour eux. Ils ont besoin de sensations. Je ne suis pas mécontent de ce double call en soi, mais l’un des deux joueurs, le premier à parler après moi a un tapis de 6 ou 700 euros, et la situation est dangereuse, car je ne voudrais pas perdre 300 blinds sur un coups, si c’est évitable. Flop: . Je décide de checker pour évaluer la situation après la mise de l’un d’entre eux. Le premier joueur check aussi, et le second envoie son tapis pour 90 euros. Me contentant très bien de ce pot, je décide de check-raiser à 250, pour vraiment faire passer l’envie au premier joueur d’aller tirer quelque chose. Je ne l’ai pas senti fort. Maintenant, c’est à moi de lui faire comprendre que je suis énorme. Le check-raise peut jouer ce rôle pour moi. Je représente un monstre touché au flop. Il réfléchit pendant 20 secondes et dit qu’il a une super main. Finalement, il passe et montre pour une top pair top kicker. C’est pas plus mal qu’il parte avec ce jeu. Le joueur à tapis propose le showdown (pas obligatoire en cash game) et on abat nos jeux. Il montre . Turn: . River: et je ramasse le tout. On constatera que le premier me paye 20 BB préflop avec A6o, alors que je suis assez tight depuis le début de la partie. Le second lui, paye plus du quart de son tapis avec une petite pocket, sans doute en set mining avant le flop, ce qui est assez incensé d’un point de vue mathématique.

Bilan de cette session de cash game à Namur : +892 euros

Je me dirige alors vers Bruxelles et joue pendant 3 heures. A la table se trouve un gars qui adore payer tout son tapis avec des mains comme , , . Les trois fois il a touché des doubles pairs ou des brelans. C’est assez fou. Il sera bien sûr déstacké dans la demi-heure qui suit, mais avant cela il m’en fera une aussi. Je trouve UTG+2. Un gars très agressif depuis une demi-heure mise 12 euros UTG+1. Cela ne veut rien dire, c’est la cinquième fois que je le vois faire ça en une vingtaine de mains, et plusieurs fois, il a montré un bluff tout content. Je décide d’envoyer mes 87 euros de tapis. Le gars qui paye son tapis avec des poubelles me call pour ses 62 euros restants avec . L’ouvreur initial passe et ne mise pas les 36 euros qu’il lui reste. Mon move, fait spécialement à l’attention de ce gars a fonctionné. Sauf qu’ici, il a quand-même 33% d’équité, je ne suis pas si bien tombé que ça. Avec par exemple, il aurait été à 12%. Board: et je perds le coup contre son brelan. Mon move reste très EV+ et je ne suis pas mécontent de voir que de nouveaux poissons s’acharnent encore et encore.

Bilan net de la session au Zenith : -90 euros

Total de la journée : +692 euros

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