Un Zenith à rentabilité horaire élevée

1er décembre 2010,

L’envie d’aller à Namur ne m’a pas manquée ce mercredi. Je suis 13e au classement annuel, et je vais devoir jouer un certain nombre de tournois ce mois-ci, si je veux revenir dans le top 10. Je rappelle que les joueurs classés 5e à 10e touchent un sponsor d’environ 1000 euros pour jouer un tournoi à l’étranger. J’ai 590 points, et je dois faire ce mois-ci, 6 points de plus que ce que fera le 12e, 9 points de plus que le 11e, et 16 points de plus que le 10e. Ce n’est pas une tache facile, à savoir que je ne pourrai pas jouer plus de 50% des tournois, alors que les autres ont l’air bien plus disponible. Je verrai bien à la moitié du mois si ça vaut encore la peine de s’acharner. Quoi qu’il en soit, je serai dans les 20 premiers et les 50 premiers peuvent jouer en début d’année 2011 un, tournoi freerol avec certains packages à la clé, entre autre l’EPT Deauville. Mais ce soir, les routes sont trop enneigées, et l’autoroute E411, qui relie Bruxelles à Namur est embouteillée, et presque impraticable.  Ma raison et les conseils de proches me font donc abandonner l’idée de me rendre à Namur. Le 12e au classement, Benoît, fait un résultat en ce premier jour du mois, et pars avec pas mal de points d’avance. Mais je suis toujours dans la course !

Je décide donc de me rendre au Zenith, car je ne vais quand-même pas prendre un jour de congé sans solde. La table est très belle cette semaine, il suffit de consulter le dernier post qui traite du Zenith pour avoir une idée du niveau des joueurs dans la session précédente. Brian* me confirme au téléphone que c’est resté comme ça toute le semaine. Je décide donc de m’y rendre et ne suis pas déçu. Je ne vais pas faire un roman aujourd’hui, juste parler de deux coups qui évoquent un peu le level des joueurs présents.

A mon arrivée, aucun bon joueur connu, vraiment aucun. Que des gens avec un niveau faible, très lisibles dans leur size betting. Les tapis ne sont pas énormes, et sont tous inférieurs à 100, sauf 2, avoisinant les 200. Je cave à 100. Mon tapis grimpe rapidement à 130, suite à l’un ou l’autre coup remporté. Très rapidement, je trouve un  bon spot. J’ai au bouton, et suite à plusieurs limps à 1.5 euros, je décide de limper aussi. Flop: . Un gars mise 6. Tout le monde passe. Pour moi, il a un roi mal ou moyennement soutenu ici. Comme je le disais, la taille des mises trahit le jeu de ces joueurs. Cette table est belle ! Je décide de faire un call pour masquer ma double pair, et de réévaluer au turn, s’il a touché une double pair ou non. Turn: . C’est une belle carte. Il a peut-être K6, ça reste peu probable, mais on le saura vite. Au flop, il a misé 6 dans un pot qui faisait déjà 10.5. Si maintenant, il mise plus de 85% du pot, je comprendrai qu’il y a danger et contrôlerai le pot pour voir une carte supplémentaire. Ce sont des patterns très reconnaissables. Si par contre, sa mise avoisine toujours 60% du pot ou moins, je le relancerai. Le pot fait 22.5 euros. Il mise 12 euros. Maintenant, c’est clair pour moi, il a juste un roi avec un kicker faible. Bien sûr, lorsque je dis clair, c’est jamais du 100%, mais certainement au-dessus de 90%. Je relance à 47 euros. Comment pourrait-il croire que ce 6 m’apporte quelque chose. Les joueurs de ce niveau ont du mal à accepter qu’on puisse slowplayer deux pairs ou un brelan, malgré un tirage couleur et quinte au flop. Je sais qu’il ne me voit jamais là-dessus. Il me call. Je ne crains pas les tirages, pour moi il a très souvent un roi mal soutenu. River: . Cette carte n’est pas super pour moi, car, je ne lui prendrai souvent plus grand chose. Bizarrement, sur ce pot qui avoisine 116 euros, il reprend la main et fait le plus petit blocking bet du monde, 1.5 euros. Très étonnant ! Je ne connais pas ce joueur. Ca ressemble à un blocking bet. On dirait d’ailleurs qu’il va fonctionner et que je ne vais pas le relancer. D’une part, s’il a bien un roi avec un kicker pas terrible, je ne serai jamais payé si je le relance, d’autre part, comme la probabilité existe, aussi faible soit elle, qu’il ait touché un meilleur jeu que moi avec cet As, pourquoi prendre un risque ici. En effet, si cet As l’aide, c’est qu’il est devant moi, car il a souvent TJ, pour le tirage quinte ouvert au flop. Mais si cet As ne l’aide pas, ce qui me semble être extrêmement probable, alors, il ne payera pas ma relance. Je n’ai donc aucun intérêt à relancer. Je paye sa mise de 1.5, il montre et je remporte le pot. Il s’est servi de l’As pour faire un blocking bet. Maintenant, admettons qu’il ne fasse pas ce blocking bet. S’il a bien le jeu sur lequel je le vois, un roi mal soutenu, comment pourrait-il payer une mise de ma part à la rivière, et la situation reste sans doute identique, je check behind, pour éviter de devoir me demander s’il a touché la quinte en cas de check-raise. Tout cela pour dire que son blocking bet n’a pas réellement bloqué mon action.

Après presque deux heures de jeu et environ 200 euros de bénéfice, je suis prêt à quitter les lieux, fatigué. Mais une dernière livraison me sera octroyée. Je trouve au bouton, et limp, au même titre que 3 ou 4 autres joueurs avant moi. Nous sommes 5 à table. Flop: . Je suis en tirage couleur et quinte ventrale. Un gars mise 5 euros dans ce pot de 6 euros. Le deuxième paye rapidement, comme s’il tirait quelque chose. J’attends quelques secondes pour masquer le tirage et paye aussi. Turn: . Je touche les deuxième nuts ! Le premier mise 20 euros, et le second paye rapidement. Pas de crainte pour moi quand à la couleur max en face. Le premier n’aurait pas misé 5, hors-position et en tirage, selon ce que j’ai vu de son jeu. Il n’aurait surtout pas mis 20 au turn, au risque de chasser ses clients, avec le jeu max. Le second a l’air de tirer quelque chose depuis le flop. Je l’ai déjà vu payer très cher, une heure auparavant pour un tirage complètement insensé, une somme déraisonnable. Je vois le premier joueur sur une double pair touchée au flop. Il est assez calme en général, et je pense qu’il a un jeu concret qui ne s’améliore pas au turn. Le deuxième semble en tirage, mais a peut-être déjà touché sa couleur. Pas la peine d’attendre qu’un scary river vienne geler l’action. Ces scary rivers sont nombreux: 5,6,10,J, sont toutes des cartes qui donnent la quinte avec une seule carte de la main. Les doubles pairs ne pourront plus payer une mise à tapis. Un carreau est mauvais aussi, car il calmera les petites couleurs. Il me semble que pour prendre de la valeur, c’est maintenant que je dois envoyer mon tapis. C’est ce que je fais. Le premier joueur passe, et le second insta-call pour ses 80 euros restants avec . Il a donc pair de 6, tire pour un gut shot, ainsi qu’un beau carreau qui ne lui apportera qu’une couleur de loin inférieure à la mienne, s’il vient. Il est juste drawing dead, c’est-à-dire qu’il a très exactement 0% de chances de gagner ce coup à la carte suivante. Le premier joueur dit qu’il a passé deux pairs. Nos cartes sont dévoilées pour le showdown. River: , et il crie: “quinte”. Mais tout l’argent vient chez jontheriver, et ce malgré ce river ;). Il fait: “ah zut t’as la couleur”. C’est dans ces moments-là que je me dis que le poker a de beaux jours devant lui.

Bilan net de ma session: +380 euros après deux heures et quart de jeu.

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