Open Winamax de Dublin (Day2)

Dublin, 18 septembre 2010

Avant d’entamer le Day2, nous décidons avec Grégory Puissant et Charles Herman de faire un swap de 5% sur les gains à trois, capé à 1000€. Ce sont deux bons joueurs belges, avec qui j’ai fait plus ample connaissance lors de ce tournoi. Grégory fait actuellement partie du personnel du casino de Namur. Il a fait un beau résultat au mois de février 2010 à Dublin même, finissant 3e dans le tournoi Deepstack. C’est un joueur qui sait ce qu’il fait au poker, et j’ai apprécié les contacts que nous avons créés, et les échanges d’idées sur nos coups. Je le connaissais depuis quelques mois, mais pas en tant que joueur, et ça a été très agréable comme rencontre. Charles Herman, quant à lui, j’ai pu constater qu’il était bon mais sans vraiment parler de poker avec lui. Je l’ai vu un peu jouer en cash game un soir à Dublin. D’autre part, même sans parler de coups de poker dans le détail, on peut ressentir des choses, et évaluer si un joueur a du potentiel ou s’il est condamné à rester médiocre. Pour Charles, j’ai vite fait confiance à ses capacités intellectuelles, et n’ai pas eu besoin, pour accepter le swap, d’en connaître plus sur son poker. J’ai alors appris qu’on avait déjà discuté de poker sur le forum Pokerclub.be et j’ai pu confirmer ce que je pensais de ce joueur : un espoir du poker belge, au même titre que Grégory d’ailleurs.

J’arrive justement au Day2 à la table avec Grégory, situé deux sièges à ma gauche. Le niveau général de la table est bon. Je vois un joueur moyen et deux vraiment pas mauvais. Avec un stack de départ de 22.000, Greg se fait malheureusement éliminer dans la première heure. Avec mes 16 M, j’attends une opportunité pour faire un resteal à tapis. J’attends donc la bonne main pour le faire, mais le spot n’arrive jamais. Mon tapis descends à 16k. Avec moins de 8M, je trouve au CO. J’envoie la boîte sans hésiter. Je suis payé par au BB et je gagne le coin flip sur un board . Je passe à 34k. Ensuite, arrivent deux personnes, dont Sandra, qui travaille chez Winamax apparement. Un coup se déroule entre eux.  Sur des blinds 500-1000, elle relance à 4000 UTG. Elle doit avoir pas loin de 100.000 de tapis à ce moment-là. 3 joueurs passent et le deuxième nouvel arrivant fait all-in. Je ne sais pas quelle lecture il a pu avoir. Sans doute l’avait-il déjà rencontrée et savait-il qu’elle faisait ça assez light, car il a et mise son tapis pour 37.000. Les suivants passent et elle call instantanément avec . Le board affiche et elle perd le coup. Plus tard, mon tapis redescends à 18.000 suite à un double barrel bluff flop-turn, relancé à tapis par un gars qui semblait avoir quelque chose ;). Je suis à nouveau en mode push, et je trouve et je suis en middle. J’envoie la boîte sur les blinds à 1200-2400 / 300. On constatera la grosse taille des antes par rapport au SB (25%), ce qui fait augmenter rapidement la taille du M, et donc la taille du tapis avec lequel il est intéressant de faire all-in. Sandra est au bouton, elle me call avec (ce KQ est décidément très présent à cette table). Flop: . Je vois Sandra faire une grimace pour dire que c’est bon, j’ai flopé un si gros jeu qu’elle accepte de perdre le coup. Seulement, j’aurais préféré toucher juste un As au flop si possible, ça me suffisait. Turn: . River: . Merci et bonsoir ! (expression que j’adore et que j’ai reprise à mon ami Benjamin Dujardin, qui l’utilise lorsqu’il se fait sortir d’un tournoi de manière un peu triste).

Side Event à 200 euros

Je ne relate ces sides events que 2 mois après les événements et me souviens d’un seul coup par tournoi. Dans ce tournoi-ci (200 buy-in), après une heure de jeu, je trouve , UTG+1 sur blinds 250-500 (ante 50). UTG call la blind pour 500. J’en fais autant avec mon tapis de 10k en faisant un set mining. Je me dis que vu les deux limps successifs, peu de gens auront l’audace de voler ici, d’après l’historique de la table. Au bouton se trouve un joueur qui semble jouer son premier tournoi live. Il n’est pas du tout à son aise et ça se sent depuis plus d’une heure que je suis à cette table. Il est très lisible, et la force de son jeu apparait dans sa gestuelle un peu maladroite et incertaine. Plus tôt par exemple, je me souviens avoir lu très exactement sa main à deux reprises. Une fois, il avait les nuts au flop, une fois un quasi nuts au turn, et ça s’est ressenti. Il a reperdu un peu de tapis par la suite, et il a 11k avant le coup. Il est au bouton et relance à 1300. Tout le monde fold. A ma grande surprise, UTG qui avait limpé les 500, fold. Il a un tapis de 12k, quelle main justifie qu’on limp UTG à 500 et qu’on passe pour 800 supplémentaires, surtout lorsqu’on sait qu’on sera très rarement relancé. En effet, le limp-reraise n’est pas un de mes coups les plus habituels 😉 Avec 9.5k devant moi, j’ai toujours la cote pour le set mining et pour rajouter les 800, ce que je fais. Flop: . Je check, et le gars au bouton réfléchit 10 secondes. Il mise alors 1700 dans ce pot de 3600. En provenance d’un bon joueur, un Cbet aussi light peut être un trap et je me méfierais. Mais là, ayant la quasi certitude que ce joueur est très novice, je ne peux absolument pas le mettre sur une overpair à ce flop. D’autre part, hors-mi le fait qu’avec une overpair, ce genre de joueur mise bien plus que 40% du pot, son délai le trahit également. En général, la décision n’est pas si difficile avec une overpair et il aurait misé beaucoup plus vite. Restent alors dans sa range des mains comme AK, AQ, peut-être une pair inférieure au flop, pourquoi pas. Je ne le vois pratiquement jamais sur un 6 ou un 7 ici, à moins qu’il ait tenté quelque chose avec 67s, ou 78s préflop, ce qui me semble très peu probable, venant de la part d’un joueur de ce niveau. De toute façon, avec un brelan de 6 sur ce board rainbow, il ne mise jamais ici. Les bons joueurs le font. Les débutants vont souvent slowplay. Je me vois devant 90% du temps ici et j’envoie mon tapis pour 8700. Après 4 secondes de réflexion, le gars me call et je suis très étonné de le voir payer. Il dévoile . Turn: . River: . Je double mon tapis, et lui, se retrouve avec 1k restant. Je ne m’étais pas trompé, ni sur le read de son jeu, ni sur le read de son niveau de poker…

Side Event à 300 euros

Après avoir joué un jeu dominant sur la deuxième table à laquelle je me suis assis, en bluffant un gars sur un gros pot en position, gars qui suppliera que je lui montre ma main, ce que je refuserai catégoriquement,  et en faisant un value bet important à la rivière avec sur un board : (4500 sur un pot de 6000), payé par , jeu sur lequel je mettais mon adversaire (44,55,66,77), je vais jouer le plus mauvais coup de mon année :). Après l’avoir raconté à Davidi, il me confirmera que c’est le coup le plus mal joué depuis 1971. Je ne suis pas d’accord, un autre coup comme ça a surement du être joué en 1983 ;). Voici ce coup:

Je trouve au bouton. Les blinds sont à 200-400 (ante 50),  et j’ai environ 12k au tapis. Un gars ouvre au hijack, soit deux sièges avant moi, à 1000. Je call les 1000 au bouton SB fold, BB call et nous sommes 3. Flop: . Assez sympa comme flop. Ce pot dépasse 4000 avec les antes. Le gars, que je ne considère pas comme bon, vu les nombreuses bêtises que je l’ai entendu dire depuis que je suis assis, mise 2500. Et là, c’est quand-même évident, je dois shove et envoyer le restant de mes jetons pour la fold equity et le tirage. Souvent, il n’a pas rencontré de dix, souvent il n’a pas d’overpair au flop. Ma fold equity est immense ici lorsque j’y repense après coup. Je fais juste un call, et le BB passe. Turn: . Il check, et c’est à ce moment-là que je me décide à faire all-in. Il me call avec . River: et je suis dehors. Oui je sais, cher lecteurs, c’est mauvais, très mauvais. D’une part, je dois faire all-in au flop pour les raisons citées plus haut, d’autre part, comment puis-je faire all-in au turn, alors que s’il n’a pas rencontré son flop et qu’il n’a pas une pair inférieure au dix, il a souvent un As en main, ce qui veut dire qu’ici, ma fold equity est exécrable. Il ne peux passer ici que s’il a une petite pair, voire un dix au flop et qu’il ait peur de mon as. Mais je ne représente pas l’as du tout puisque j’ai call au flop. Avec AT, j’aurais relancé au flop. Comment pourrais-je avoir un As ici. D’autre part, mon tirage au flop, est à 42% contre un éventuel dix dans sa main, pratiquement l’unique main avec laquelle il est susceptible de me payer puisque je ne le lis pas sur un JJ+, ou sur un brelan. Et avec une pocket inférieure au dix, il ne call souvent pas. Au turn par contre, contre un éventuel As dans sa main, je suis à 18%. En résumé, au lieu de risquer mon tournoi au flop avec une fold equity à 70% et un jeu qui peut gagner à 42% en cas de call, je l’ai risqué au turn avec une fold equity à 10%  et un jeu qui peut gagner 18% du temps si je suis payé. Very bad play !!!

Rencontres

A propos du voyage et des gens avec qui je suis parti, je dois dire que j’ai trouvé tout cela très amusant. Parmi les joueurs Belges qui étaient présents, on retrouve Davidi Kitai, qui n’est plus à présenter. Il y avait Benjamin Nyst, avec qui j’ai eu de bonnes discussions pokeristiques très agréables, et que je considère comme un très bon joueur. En effet, la plupart des Belges qui étaient présents à ce tournoi, sont également actifs sur le forum pokerclub.be tenu par Davidi Kitai et David Vanderheyden (Davitshe). Jean-Marie Vandenborne est également un joueur que je respecte. En plus, il est assoiffé de poker et de connaissances. C’est le seul Belge à avoir fait un résultat dans ce voyage. Il a fini 4e du side event à 200 euros avec un field de plus de 100 joueurs. Félicitations à lui! J’ai fait une autre rencontre intéressante, celle d’Olivier Baeten, journaliste BelgiumPoker.net. Il m’a impressionné par ses capacités de calcul mental. Moi qui pensais être rapide, je suis une tortue à côté de lui. Il a aussi fait de beaux résultats en tournoi durant l’année. Ce que j’aime en lui, c’est sa modestie. Je pense aussi qu’il sous-estime son potentiel. Pour le peu que j’ai parlé avec lui, c’est un gars qui a un esprit analytique poussé. Merci à lui pour ses coverages agréables à lire. Et pour Eric Dethier, également journaliste chez BelgiumPoker.net, j’ai bien aimé faire sa connaissance, et sa sympathie, même si nous n’avons pas pu parler plus que cela de poker. Pour Grégory Puissant et Charles Herman, j’en parle au début du post.

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2 Responses to Open Winamax de Dublin (Day2)

  1. manubluff says:

    Je lis ton blog dans l’ordre chronologique donc t’etonne pas de voir un commentaire si tardif ici. Je trouve juste pathetique la facon qu’elle a de surjouer KQo, digne d’un freeroll ou de mes petits buy-in. Bon peut etre parce que j’ai perdu une cave de Nl30 avec AK contre KQ hier soir contre un fish (a qui j’ai d’ailleurs tout repris un peu plus tard).

    • admin says:

      Salut Manu, Sympa ça, que tu te sois mis à la lecture du blog depuis le début. A l’époque j’écrivais ces posts alors que mon blog commençait et n’avait pas encore vraiment de lecteurs. Ils ne demandent qu’à être lus 🙂 Pour ce qui est de la fille, je ne dirais pas que c’est pathétique. C’est juste qu’elle a reçu une invitation pour jouer ce tournoi, premier tournoi Live organisé par Winamax, et qu’elle n’a jamais prétendu être une excellente joueuse. Elle s’est amusée je pense. Elle a l’air sympa à priori. Mais je ne l’ai plus revue sur le circuit depuis. Je ne lui en veux pas du tout. That’s poker. Good grind en tout cas. N’hésite pas à donner ton avis sur tel ou tel coup, je me fais toujours une joie de répondre.

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