Second ou troisième au championnat de Sponsoring Partouche

Bruxelles, 2 juillet 2012

Avant de continuer le compte-rendu du PPD Chaudefontaine, mais sans sortir de l’enceinte Partouche, j’aimerais créer un post pour parler d’un petit championnat organisé par Partouche.be la semaine passée en vue de l’obtention de quelques offres de sponsoring au sein de la team .be.

David Delhez m’a par hasard évoqué cette série de tournois lors du PPD Chaudefontaine. Depuis quelques temps, je joue de plus en plus sur cette room qui me plait, grâce à son taux de fréquentation croissant sur les MTT et même dans le cash game. J’apprends donc qu’il y a une série de 10 events, avec un hi-roller à 160€ pour la clôturer le dimanche 1er juillet. Un classement attribuant des points aux 5 premiers de chaque tournoi donnera au premier du classement général, un sponsoring de 2500€, au second, 2 tickets à 500€ pour des PDD, au 3e, un ticket PPD, et encore des prix pour les deux suivants, pour une valeur de 5000€ au total. Ca m’intéresse non seulement pour les tickets à gagner, mais surtout pour la compétition.

C’est la deuxième fois en Belgique, online et à ma connaissance, qu’on donne aux joueurs la possibilité de se faire sponsoriser, sur base de leurs qualités de jeu, en réduisant la variance sur une série de tournois. D’autres façons d’être sponsorisé consistent à enfoncer les portes en se vendant comme un produit essentiel à la room. Je ne suis pas un enfonceur de portes, ce culot me manque et je travaille à l’améliorer. Mais là, on nous offre à nouveau la possibilité de montrer ce qu’on peut faire sur le terrain et sans le baratin.

Poker 770 avait lancé un championnat de sponsoring en fin d’année 2011. J’avais relevé le défi et l’avait gagné sur le fil devant awoj. Suite à cela, et après avoir remporté une petite compétition de head’s up, j’avais intégré la team pro 770 Belgium, une équipe dans laquelle je me sentais bien, puisque j’y retrouvais des bons potes et bons joueurs, tels que Anthony Rodrigues et Benjamin Nyst et que j’y faisais une agréable rencontre, Jamel Maistriaux. Dans la team Europe se trouvait mon pote Jean-Marie Vandeborne, et j’ai aussi pu faire la connaissance de Koen De Visscher au joli palmarès, de la charmante Oahn Bui, et d’autres gens très sympatiques et avec qui j’avais très envie d’évoluer. Mais même si dans la vie, je suis d’avis qu’il faut provoquer sa chance, et je pense que c’est ce que j’ai fait en jouant ce championnat, des bad beats peuvent arriver. Ainsi, juste après mon premier tournoi sous les couleurs de 770 à Vienne, où je termine en demi-finale sur près de 400 joueurs, pour un départ prometteur, voilà qu’une loi sort en Belgique, qui interdit aux Belges de jouer sur la room, tant qu’elle n’a pas sa licence, ce qui met temporairement la team.be sur le banc. Ce n’est pas de bol après 3 mois d’acharnement pour gagner ce classement. J’ai cependant toujours espoir que la licence arrive vite et que je puisse réintégrer mon rôle dans cette équipe.

Lorsque j’apprends que Partouche propose ce championnat, il est tard, et j’ai des plans pour la semaine. Sur les 10 events, je ne peux pas jouer les 5 premiers. C’est à partir de vendredi que je me décide. Il y en a un ce soir, un samedi soir, et trois dimanche. Je joue l’event du vendredi soir et termine 3e sur un field de 150 joueurs (je ne me souviens pas des fields exacts et demanderai à l’un d’entre vous qui les connait de me les envoyer précisément pour que je puisse corriger ici). Fabrice Halleux (rsca03) gagne cet event 6 et prend 12 points. Avec mes 5 points, je me demande bien comment je vais pouvoir concurrencer les premiers. Je vois que Frédéric Penel (frepro2) a déjà 25 points. Mais 25 points, c’est le nombre de points attribués au vainqueur du Hi-roller de dimanche, donc je me dis que ce n’est pas foutu mathématiquement et que mes 5 points pourraient très bien servir ;).

Le lendemain, je joue l’event 7 et me fait déstacker rapidement contre quelqu’un qui a trouvé bon de payer ma relance préflop avec . Sur un flop , ma paire d’As fera doubler son tapis. Je me fais sortir quelques mains plus tard, shortstack, avec contre , all-in préflop. Il ne reste donc plus que dimanche. Et dimanche arrive. Je vois qu’il y a le tournoi de 15h (low-roller à 20€), de 17h (mid-roller à 50€), et de 19h (hi-roller à 160€).

Je ne peux pas jouer le low-roller en ce dimanche après-midi, mais on jouera les deux autres. Vers 17h30, je m’inscris en late reg au mid-roller. Vers 19h30, avec 70 personnes aux départs, nous sommes en TF, et j’ai 130k, le double du second. Mais je dois gérer d’autres choses en même temps que de jouer, et je perds un peu en concentration (cette excuse n’est que partielle, car je suis quand-même confronté à deux bon joueurs qui ont repris le dessus, Verkom et Frepro2).

Je joue un satellite à 109$ sur Ps pour le dernier 700$ qualificatif pour le Main de Vegas, ainsi que dans le Mid et le Hi-roller de Partouche. Je finis 5e du mid-roller, me faisant sortir par FrePro2. Il ouvre à 6666 sur 1500-3000 et j’ai avec 74k devant moi. Avec moins de 25 BB, je 3-bet shove. Il me call avec et je suis dehors. Je râle un peu, car je pense avoir senti que cette mise était bizarre, peu anodine. Aurais-je pu trouver un call pour set miner les dames? Bof, tant pis mais dommage. Avec ma cinquième place, je prends des points, mais ne sais absolument pas combien, je n’ai pas le temps d’aller consulter les tableaux.

Je suis bien parti dans le Hi-roller. 70 personnes y ont pris place également, et mon tapis frôle la moyenne pendant une bonne partie du tournoi. Jusqu’à ce que je décide de changer de vitesse. J’agresse la table à un taux indécent, et je suis content de mon jeu. Benoît Tombeur est à ma gauche. Je n’ai rien contre lui, au contraire, c’est quelqu’un que j’apprécie. Mais bon, il est à ma gauche, et je me retrouve souvent contre lui en bataille de blindes, car bizarrement, la fréquence de fold jusquà ma SB est devenue grande. Je pense être assez aggro pour que les gens n’aient plus envie d’attaquer mon tapis devenu conséquent sans avoir de vraies mains. Je lui prends souvent la blinde. Mais lorsqu’à 122k, je trouve en SB, je décide d’ouvrir à 3BB sur 1200-2400, car je sais que c’est la fois de trop. Je sais qu’il va me revenir dessus pour ses 41k, avec une range de mains très large. Ca ne peut plus durer. Il en a forcément marre. Donc je fais 7200, au lieu de minraise, ou de faire 2.2 BB, car je veux lui montrer que sa fold equity est réduite. Mais il pousse quand-même et j’insta-call. Il a . Flop: , et Benoît double contre moi avec sa couleur. Sur ce beau flop, j’avais déjà un pressentiment, celui qu’aujourd’hui, Benoît était insortable :).

Je tombe donc à 80k et recommence l’agression pour revenir autour de 120k en valuant entre autre une seconde pair river contre le joueur à gauche de Benoît. Il me paye avec une 3e pair, ma main étant trop polarisée. Cela ressemble à un bluff et on ne peut me voir avec un jeu moyen ici. Un peu plus tard, la TF est créée mais nous sommes 10 pour 9 ITM. Et il y a 331€ au 9e. Je joue un jeu de bulle qui me propulse encore et je prends même un petit risque contre awoj, misant son tapis suite à son check au turn, avec sur un board , le mettant sur TT, QQ, KK et pensant avoir une énorme fold equity. Il passe et m’avouera plus tard qu’il avait , et qu’avec QQ+, il aurait payé, ce que je veux bien croire, parce qu’il avait compris que je jouais la bulle.

Après ce coup, je suis largement chip leader à 175k mais quelque chose me dérange un peu. Fred Penel, qui était en difficulté à un moment du tournoi, est remonté. Il est quand-même arrivé en TF, alors qu’à 17 left, il avait le dernier tapis. A la radio de planetpokerlive.be, Gérard Deckers (Djé) dit et m’apprend 30 minutes avant, que si Fred n’entre pas dans les cinq premiers et que je gagne le tournoi, je passe premier au classement pour deux points. Lorsqu’il arrive en TF, revenant de très loin, je comprends que mon premier objectif est de l’empêcher d’intégrer le top five du tournoi. Ainsi, arrive un moment où il a 60k. Me voici avec . J’ouvre à 15k sur 3000-6000, depuis le hijack, et sur sa blind. Lorsqu’il me revient dessus à 30k pour la moitié de ses jetons, je ne lui donne plus qu’une range réduite, la voici: KK+. Aucune autre main que KK et AA ne montre une telle envie d’attirer l’adversaire dans son piège au risque de lui donner un flop pour seulement 15k supplémentaires, et avec un tapis de 60k qui aurait poussé avec n’importe quelle premium du style JJ, QQ, ou AK, à un stade où les paliers de la TF représentent pas mal d’argent. En tant normal, j’insta-fold mes six, car je n’ai absolument pas la cote pour faire du set mining. Le tapis effectif est égal à 4 fois cette mise demandée, alors qu’il faut qu’il lui soit 10 fois supérieur pour avoir la cote de payer si je suis sûr qu’il a une si grosse pair et que je prendrai le reste de son tapis si mon six apparaît au flop. Mais là, un autre facteur intervient. Je peux sortir celui que je ne veux pas voir arriver dans les cinq premiers, et qui risque fortement d’y arriver alors que nous sommes encore 9 et qu’il a un stack presque moyen. D’un point de vue des jetons et si l’on considère l’EV en fonction du calcul ICM, je perds quelques euros en payant aussi cher avec un si petit stack effectif, mais je regagne de loin ces euros de l’EV perdue à le sortir, car une première place au tournoi vaudrait alors bien plus pour moi (le gain du tournoi + le sponsoring de 2500€). En plus, avec ses jetons ajoutés à mon tapis, la probabilité de finir premier augmenterait aussi. Bien sûr, il ne faut pas oublier qu’en lui donnant 15k de plus, j’augmente ses chances à lui de finir dans les cinq premiers, mais d’une part, ce ne sera que 15k si mon 6 ne vient pas, d’autre part, je pense qu’elle est déjà très forte, même sans ces 15k. Le flop est . Il pousse 30k et je passe. Il est à noter que s’il avait fait tapis préflop, j’aurais sans doute payé, rajoutant 45k dans un pot avoisinant 82k actuellement (15+60+3(sb)+4(antes)), me voyant clairement à plus de 35% contre sa range et profitant d’une meilleure opportunité encore de le sortir.

Lorsque Fred arrive à se hisser dans les cinq premiers et que mes plans ont échoué, je comprends que je joue pour la deuxième place du classement général. Finalement, je sors quelques joueurs et j’arrive en head’s up contre Benoît avec un tapis 8 fois supérieur au sien. J’ai 600k, et lui 75 sur des blinds 6000-12000. A moi la victoire. Mais j’ai ce pressentiment. Benoît est insortable aujourd’hui. Je ne sais plus qui de nous deux pousse et qui paye, mais la première main du head’s up donne une confrontation à tapis. J’ai et Benoît détient . Au flop, apparaît sous une saleté de mon écran une carte qui ressemble à un 9. Je m’approche et nettoie. Ne rêvons pas trop, c’est bien un et Benoît double son tapis sur mon 70-30 qui devait clôturer les hostilités… Mais rien n’est fini, il a 150k, et moi 525k. Dans une succession de poubelles, je reste agressif, mais les flops ne sont pas rencontrés et ils ont l’air de l’être du côté adverse. Je tente un 3-bet light sur un flop que Benoît n’est pas censé avoir rencontré vu son call à mon ouverture préflop. Mais il 4-bet en se commitant pour ce qui ressemble à QT, KJ, ou n’importe quel monstre rencontré au flop. Et je ne gagne plus un seul coup. Les blinds sont à 12k-24k et on entend les couvreurs à la radio, dire que Jon va devoir le jouer autrement pour l’avoir. De mon côté, je pense que dans ce heads’up plus du tout deep, puisqu’on a entre 15 et 20 BB chacun lorsqu’il revient à égalité, je vais surtout devoir toucher au moins un flop avec une des poubelles rencontrées préflop. Lorsqu’il me reste 225k et 450 à Benoît, il ouvre à 48k sur 12k/24k, et je reshove avec , mais il me call avec et ça tient. Je finis 2e de l’event pour 2.1k, et le premier prend 3.6k.

Second au Hi-roller 160€ du sponsoring Partouche.be

Benoît a bien joué, et je le félicite pour sa victoire, car il a joué de façon agressive au long de cet event, et même s’il a un peu chaté contre moi, ces quelques coups ne suffisent pas pour gagner un tournoi. Bien sûr, je suis un peu déçu mais ce n’est que partie remise. J’aime jouer en MTT sur Partouche.be et on recommencera. Je suis content d’avoir atteint cette position dans le classement. Sur les 10 events, j’en ai joué 4, pour 3 TF. Attention, je ne suis pas en train de dire que si je les avais joué tous, j’aurais fini premier, ne vous méprenez pas, ce serait de la prétention mal placée, et je ne veux pas avoir cette image qui me colle à la peau. Ce que je veux dire, c’est que si je les avais joué tous, j’aurais sans doute fini premier, nuance 🙂 🙂 🙂 :).

Je vais avoir droit à une revanche du head’s up contre Benoît, car au classement final, nous sommes seconds ex-aequo derrière Fred Penel. Comme le prix du troisième est un ticket pour un PPD (Partouche Poker Deepstack) et que le prix du second comprend deux de ces tickets, nous allons devoir jouer une série de head’s up pour nous départager, en fin de semaine ou début de semaine prochaine. Nous devons fixer la date ensemble. Ce sera en 3 points gagnants je pense et je relaterai la fin de cette aventure dans un nouveau post. Je tweeterai la date et l’heure exacte, ainsi que le lieu virtuel sur la room, pour qu’on ait quelques supporters.

Maintenant (enfin demain), place à la suite du PPD Chaudefontaine.

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8 Responses to Second ou troisième au championnat de Sponsoring Partouche

  1. shnougz says:

    Good luck man

  2. cocofox says:

    nice perf(s)… Pour paraphraser nos amis français “il est là papa” 😉 Ne serait-ce pas le retour du summer run good. J’ai la vague impression qu’il pointe tout doucement son nez.
    GL pour le heads up et pour la suite de tes tournois.

    • admin says:

      J’espère que tu dis vrai Cocofox : ) Un staking Cannois pour la revanche ne s’imposerait-il pas?

  3. mad_thorgal says:

    Belle perf et good luck pour les HU!

  4. golfeur69 says:

    Tes analyses et ta maîtrise sont un régal Jon. Et ton fils a beaucoup de chance (j’en ai 2 aussi :)). Définitivement un des meilleurs joueurs belges que je connaisse (même si nous ne nous sommes jamais rencontrés), doué d’une rare capacité d’analyse avec un très gros potentiel qui ne demande qu’à être exploité.

    Tu me fais penser à David Debue, dont les analyses sont également très impressionnantes … ton alter ego français?

    • admin says:

      Quel agréable commentaire. C’est pour moi la meilleure des récompenses. Ca donne envie d’écrire encore et de ne pas arrêter. Merci de tout coeur Fréderic.

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