EPT Prague: arrivée sur concept récent: le “Win the Button”

Prague, 07 décembre 2011

Les nouvelles technologies nous amènent tout doucement à nous sentir chez nous partout… Arrivé dans l’aéroport de Prague hier après-midi, je me dirige vers l’endroit où ma valise attend impatiemment ma venue. Je constate que plusieurs personnes font la queue à un bureau de change, car vous le savez sans doute, la monnaie locale n’est pas l’euro en République Tchèque. Le taux de change est évidemment déplorable, 21 couronnes tchèques vendues pour 1 euros, alors que mon Iphone et son application eCurrency m’indiquent un taux indicatif à l’instant, de 25.18 couronnes par euro. Je me rends alors compte, qu’aussi prévoyant que je sois, j’avais malgré tout oublié de me renseigner sur certains petits détails, tels la monnaie locale et l’acceptation de l’euro dans le pays, la distance entre l’aéroport et l’hôtel, ainsi que le prix des taxis. Tout en récupérant ma valise, je fais alors sur mon iphone, connecté sur le net grâce à mon option 3G roaming, prise avant de partir chez Proximus, et synonyme de ma prévoyance à toute épreuve, une recherche google… (oui j’ai placé le COD en fin de phrase pour la forme). Dans la recherche je dis environ: “Comment faire pour ne pas se faire avoir lorsqu’on est un touriste qui arrive à Prague”. Sur un site, je trouve qu’un retrait ATM se trouve tout au fond du couloir, après la sortie du lobby des bagages, et que le taux de change est donc celui de la banque. Un autre site m’indique que la moitié des taximans sont malhonnêtes, et qu’il ne faut pas payer plus d’1.12 euros/kilomètre environ.

Je sors donc, et marche jusqu’à cet ATM, où j’arrive seul et unique avec moi-même, car il est loin, loin, loin, à 100 mètres au moins, dans une direction diamétralement opposée à la sortie vers le pays. Je fais un retrait et obtient 23 couronnes/euros! Come on, on est déjà EV+, la vie n’étant qu’une histoire d’effective value. Je sors ensuite en extérieur, le pléonasme étant voulu pour la figure de style. Toujours avec ce petit bijou qu’est l’Iphone 4, je lance mon logiciel GPS TomTom, un logiciel devant lequel je n’en finis pas de m’émerveiller depuis des années. Grâce au TomTom Eastern Europe, préalablement installé par mes soins et en corrélation avec ma prévoyance :), cette même prévoyance qui m’avait d’ailleurs fait entrer l’adresse de l’hôtel, il m’est indiqué que je suis à 16.7 km de la cible, chose que j’aurais bien sûr pu vérifier sur mappy.be la veille, mais c’est tellement plus marrant comme ça. Je me dirige vers un taxi qui me propose 600 couronnes pour le voyage. Comme je ne me fais avoir que de 100 couronnes sur les prix mentionnés online, et que ces gens doivent bien vivre, tout ceci additionné au fait que la comparaison avec un voyage de 16.7k en Belgique en taxi est bien plus cher, j’accepte et monte dans le véhicule qui démarre. Je laisse mon GPS allumé et connais la route. A un moment, le monsieur, la quarantaine, prend une autre direction. Alors qu’il ne reste que 5.5 km, il décide de tourner à droite, et de prendre un chemin qui en fait 5.9. Dois-je lui dire qu’il est dans l’erreur… non! Je ne peux pas briser une vie comme cela. Je mets les pieds à Prague pour la première fois depuis ma naissance, et je connaîtrais mieux le chemin qu’un homme qui y séjourne depuis 40 ans? Il est préférable de se taire en telle situation, la diplomatie étant de rigueur. Une seconde erreur de sa part se produit un peu plus loin, mais ma poker face reste d’application… je ne dis rien, et laisse au conducteur, le loisir de penser qu’il “connait la ville”.

Jurys Inn Hôtel de Prague

L’hôtel n’est pas dégueu, ni d’extérieur, ni dans la chambre. Des prix très démocratiques sont offerts aux joueurs de poker puisque cet hôtel est l’un de ceux que propose l’organisation de l’EPT. Je m’installe, fais une sieste, et me dirige vers le Casino, que mon GPS indique à 425 mètres (ça je le savais). J’arrive, et vois quelques têtes connues : Arnaud Mattern, Antonin Teisseire, Roger Hairabedian,… Je croise ensuite Joël Benzinou et lui propose de jouer ce turbo 330 “Win The button”, où il s’inscrit aussi. Je vois également plusieurs têtes belges comme Koen De Visscher, Kevin Vandersmissen, … ainsi que quelques Belges réguliers des casinos de Namur et Bruxelles. A l’inscription, on me propose moneybookers et je suis content. Il ne va pas falloir sortir d’argent local, comme c’était le cas à Marrakech, pour s’inscrire dans des tournois qui sont à la base annoncés en euros. Les transactions sont donc sécurisées et rapide. Vive Skrill (moneybookers) et l’évolution des modes de payement de buy-ins. La photo suivante montre l’hôtel Hilton, au rez-de chaussée duquel se trouve le casino. Cette photo a été prise ce matin.

Hôtel Hilton et Casino de Prague

Le tournoi commence donc hier à 22h (une heure de retard par rapport à ce qui avait été annoncé). Je m’y installe et reçois 5000 jetons. C’est turbo, c’est 330 euros. Les niveaux de blinds sont de 15 minutes et ça démarre. Bien sûr, j’ai déjà cogité sur certaines stratégies “Win The Button” à appliquer. Pour récapituler la règle du concept, celui qui gagne un pot, est bouton au coup suivant, c’est donc très simple à comprendre, un peu à l’image des règles du Hold’em. Ce qui est plus compliqué, c’est de trouver la stratégie optimale. Je fais une recherche sur mon iphone pour y découvrir certaines techniques. Mais google est fatigué, il ne renvoit rien. Je me dis alors qu’il faut espérer que les deux gars à ma droite, soient assez tights, et assez passifs. Les tights passifs ne gagnent pas une grosse proportion de pots. Et le miracle se produit! A ma gauche deux gars super agressifs. Celui qui se trouve juste à ma gauche est mauvais. Il n’a pas envie de calibrer ses mises et ne joue qu’avec ses gros jetons. Sur 25-50, il ouvre avec deux jetons de 100. 4 BB en début de tournoi indique déjà que le gars n’est pas là pour faire de l’endurance. Plus tard, lorsque les blinds avoisinent 150-300, on le voit n’ouvrir plus qu’avec des jetons jaunes, ceux de 1000. Il ne touche pas à sa petite monnaie, ça semble trop fatiguant pour lui. Il a l’air d’être un local. Ses mises sont mal calibrées, beaucoup trop grosses. Le second joueur agressif, je l’ai déjà croisé sur le circuit. Il n’est pas mauvais et essaye aussi de monter du jeton. Deux sièges à ma droite, un joueur ultra passif. Il ne gagne pas un pot dans la première demi-heure. Et cela veut dire que je ne suis pas BB pendant une demi-heure. Les techniques apparaissent alors de plus en plus évidentes. Comment mieux élaborer des plans qu’avec un peu d’expérience.

Puisque je n’ai pas la pression des blinds, vu que ma droite est tight, je dois resserrer mon jeu à fond. A un moment sur 50-100, j’ouvre à 250 UTG+1 avec . Le gars aggro de ma gauche jette une pièce de 1000 pour me relancer et tout le monde passe, moi avec. Je me dis alors: “mais quel intérêt de jouer des mains marginales depuis des positions early. Aucun en fait”. Pourquoi joue-t-on early? Simplement parce qu’il faut essayer de survivre aux blinds qui nous grignottent à chaque tour, et que si l’on n’a pas eu trop l’occasion de voler en position tardive, il faut bien utiliser son image pour le faire en début de parole, puisque la logique voudrait qu’on réussisse à prendre les blinds plus d’une fois par tour en moyenne pour rester dans la course. Je décide donc de devenir ultra tight lorsque je suis UTG, UTG+1, UTG+2. La situation est idéale actuellement. Je peux attendre mes mains.

Ensuite arrive un moment, où je suis bouton car j’ai gagné le coup précédent. Le joueur ultra tight ouvre à 425 sur 50-100. Tout le monde passe et je suis BB au coup d’après. C’est génial, il a peur. Il défend à 4.25 BB tellement il veut défendre son monstre. Il ne joue que ses énormes mains. Il n’est pas susceptible de gagner beaucoup de pots, puisqu’il ne joue que les monstres. Or, je ne vous apprends rien, on a beaucoup moins souvent des monstres, que pas des monstres. Dans un tournoi normal, je suis BB une fois sur 10 à une table de 10 joueurs. Ici, on peut sans doute diviser cette proportion par 3, et mon jeu doit s’adapter en fonction. Et c’est ce qui se passe. Je grinde un stack avec mes bonnes mains. Lorsque je suis au Cut off (souvent), je vole les blinds avec des mains qui dominent la range aléatoire des trois joueurs qui me suivent. Le gars à ma gauche me suit souvent au bouton. Pas grave, mon Cbet au flop le fait souvent partir aussi. Et je change de vitesse. Je deviens bouton très souvent, et ça monte. Le gars à ma gauche paye aussi en SB mes relances du bouton. Il ne 3-bet pratiquement jamais. Je jouerai donc des flops en position contre lui. Je me sens bien dans cette partie. Je suis favori ici, vu ma position.

Puis arrive un coup où j’ai . Un gars en middle relance à 400 sur 75-150. C’est payé par deux joueurs et je suis au bouton, ou je paye également, profitant de la position pour aviser au flop. Le Sb et le BB sont dans le coup aussi et ce pot est multiway. Flop: . Tout le monde check jusqu’à moi, et je mise le minimum, 400, en avançant mes jetons et en les poussant comme si c’était une énorme somme. Ca peut ressembler à une mise de trap pour se faire relancer. Et tout le monde passe sauf l’ouvreur préfop qui call. Les suivants passent. Je ne le mets pas sur grand chose, deux overcards sans doute, je sens que je suis devant. Turn: . Il check. Ici, je ne peux pas checker, car il risque de donker une grosse mise à la rivière que je ne saurai pas si je dois payer. Dans la même optique, je fais un second barell à 700, toujours très faible par rapport au pot. Il me call. Je sais que je ne perdrai pas plus que ce que j’ai investi ici, puisque s’il donk, je dégage, et s’il check je check behind, j’ai contrôlé le pot en misant au turn. River: . Il check, je check, on me demande de montrer mes cartes, puisque c’est le dernier agresseur qui doit les montrer en EPT. Je show et il muck. Je ramasse un pot sympa. Puis un peu plus loin, je trouve UTG et ouvre très léger à 2.3 BB. Tout le monde passe mais le BB shove pour 5k. Le timing est bon. J’avais été agro dans les 4 mains d’avant. Aussi, ce avait montré que je pouvais la jouer small ball et qu’une main marginale à la limite d’une poubelle pouvait me voir payer préflop. Cette petite ouverture UTG à 2.3 BB ne pouvait pas être très crédible. Je call son tapis et il montre les neufs. Je gagne le 80-20 et le sort. Je sors un autre joueur un peu plus tard avec contre son , pour lequel il devait payer en blinds, commited. Je monte progressivement à 15k, n’ai pas la pression des blinds, ne me bats pas contre les aggros de ma gauche sans une vraie main. J’ai fait un 3-bet light aussi quelques mains plus tôt, qui avait fait passer l’ouvreur. Je suis bien…

Mais les bonnes choses ont une fin… Avant de relater mon erreur dans ce tournoi, celle qui anéantit mon tapis en le divisant par deux, respirons devant cette photo panoramique, pour mieux digérer ce douloureux mépris. Cette photo, prise également ce matin montre une partie de la ville, avec l’hôtel Hitlon tout-à-fait à la droite. Il y a sûrement de meilleures photos à prendre à Prague, mais pas dans les environs:

Panoramique à Prague

Les amis, plus le temps de continuer, je pars jouer le 2k. Je termine plus tard…

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10 Responses to EPT Prague: arrivée sur concept récent: le “Win the Button”

  1. D8 says:

    euh je confirme qu’il y a des choses bien plus sympas à voir à Prague!

  2. Hashh says:

    Pour m’etre aussi rendu a prague je confirme que les bureaux de change sont un piege a touriste , il faut se rendre a un distributeur . Un debut qui laisse présager de bonnes choses en tout cas GL pour la suite

    • admin says:

      Merci Hashh pour ton commentaire et les souhaits. Je pense que les bureau de change sont une arnaque un peu partout dans les aéroports. Mais à Prague même je n’en ai pas encore vu.

  3. mad_thorgal says:

    Comme le dit Hashh, il suffit tout simplement de retirer de l’argent au distributeur automatique pour perdre le moins possible en change.
    Je vais tous les ans à Prague (mon frère bosse juste à côté du Hilton, pour Netguard, dans l’immeuble juste à la droite du Hilton, sorte de centre des affaires), et tu peux prendre de super photos pas loin, il suffit de marcher quelques minutes! 😉
    PS: fais gaffe traverse sur les passages piétons, et pas quand le bonhomme est rouge, j’ai vu pas mal de français se prendre une prune pour ça, voire devoir se rendre au poste! 🙂
    Si tu cherches un resto sympa, pas un piège à touristes, je te conseille un endroit où ils brassent eux-mêmes leurs bières (on voit les cuves à fermentation) : Pivovarský dum, sur Jecna/Lipova 15, Prague 2, mais y’en a plein d’autres!
    Vivement la suite du compte-rendu!

    • admin says:

      Merci pour tes bons conseils cher ami. Je vais aller me promener du côté droit de l’Hilton pour prendre des photos. J’espère que je n’en aurai pas vraiment le temps 🙂 Mais si je ne suis plus dans des tournois, faut le faire.Et pour le rouge, pas de prob, même en Belgique je le fais :)A bientôt

      • mad_thorgal says:

        Alors à droite du Hilton, dans le bâtiment attenant en fait, se trouve la boîte de mon frère, par contre au cas où tu tu sautes trop vite et que tu veuilles te balader, les choses à voir se situent plutôt de l’autre côté! 😉

  4. mat says:

    nice billet je pars lire la suite 😉

  5. Panhardinateur says:

    En cherchant une stratégie pour un futur tournoi “win the button”, je tombe par hasard sur ce billet excellemment bien écrit et intéressant, un plaisir à lire.
    Bravo, je vais bookmarquer ton site et lire les autres billet plus tard…

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