EPT Loutraki: suite et fin du compte rendu du 1100

Bruxelles, 1er décembre 2011.

Devant notre hôtel, le Mantas

Tout d’abord, avant de terminer le compte rendu de ce tournoi, j’aimerais passer une petite annonce: si quelqu’un vend une place pour la finale des BPS. Je suis preneur à 1400€. Je sais qu’elles partent à ce prix-là en ce moment, pour ceux qui en ont déjà une, et je n’aurai pas le temps de passer par Namur d’ici le début de ces championnats de Belgique. Si vous êtes vendeur, je vous la prends tout de suite.

Après quelques jours sans poster, me revoici donc pour la seconde partie de ce side event à 1100 €. Avec 31k au tapis, une moyenne à 11k, et des blinds qui passent à 100/200, je me sens confiant. Je n’ai pas envie de devenir agressif trop tôt. Je ne sais plus à quel level apparaissent les antes exactement, mais quoi qu’il en soit, le pot volé préflop n’est pas assez intéressant encore, pour gaspiller le crédit que j’ai, de devenir très agressif à un moment, en faisant passer cela pour un good run de distribution des cartes. En effet, si je joue assez tight pendant un certain temps, laissant passer un ou deux niveaux, et que je change de vitesse au level 200/400 ante 50, devenant beaucoup plus agressif, j’aurai l’occasion, pendant un tour ou deux, de donner de la crédibilité à mes cartes préflop, et lorsque les joueurs commenceront enfin à percevoir le changement de vitesse, il sera tard et j’aurai déjà volé quelques pots non négligeables…

C’est la stratégie que je décide donc d’appliquer. Quelques coups après cette décision, je trouve et ouvre à 500 en middle sur 100/200. Le monsieur français qui fréquente l’ACF me relance à 1500 en fin de parole et tout le monde passe. J’ai du tapis, un peu de profondeur et envie de payer ces 1000 à rajouter, car il a également un tapis honnête, 20k. Vu sa tightitude et sa façon de défendre fort, ses toutes grosses mains, je le mets déjà sur une range qui domine bien ma main. J’aimerais qu’un flop m’apporte mieux qu’une pair, quelle qu’elle soit. Un tirage couleur me plairait bien. Bien sûr, on ne peut pas compter sur la seule probabilité de voir deux carreaux au flop. Je table aussi sur le fait que l’homme est lisible. Selon le flop et la taille de sa mise, il ne sera sans doute pas difficile d’évaluer si l’on a encore quelque chose à faire ici. Flop: . Je check, et le monsieur mise 3000, rapidement. Je le mets sur AQ, AK et je passe. Par bonheur, il me montre . J’adore ce besoin de certains de montrer leur main, pour nous prouver qu’ils n’ont pas volé le pot. Peut-être est-ce parce que nous avions sympathisé, un peu plus tôt. La confirmation de ma lecture fait plaisir. Mais à nouveau, ce n’était pas très dur. Il défend tellement ses grosses mains, quel que soit le tour d’enchères, que je le vois très mal mettre presque 100% du pot au flop avec QQ ou KK sur cet As floppé. Bien sûr, préflop, je soupçonne déjà fortement ce genre de mains dans sa range. On pourrait alors se dire qu’il vaut mieux passer… Je trouve que non, car vous le voyez bien, l’As au flop ne me fait pas perdre un jeton de plus. Ce coup est donc à jouer lorsqu’on pense avoir une bonne lecture du jeu adverse postflop et certainement pas contre un bon joueur en position, capable de raconter de bonnes histoires. Ce qui est beau ici, c’est que s’il a KK, je le vois faire un Cbet plus léger, ou même un check behind éventuellement, sur ce flop avec un As. Je lis alors une grosse pocket et peut prendre de la valeur aux streets suivantes, car ce profil de joueur, ne les lâche pas si facilement. Bien sûr, il ne faut pas être trop gourmand et bien calibrer sa mise en maximisant, pour qu’il ne passe pas, mais je pense que c’est EV+. KK est un exemple, mais des tas de flops possibles, comparés à la taille de sa mise peuvent donner une bonne idée de sa main et orienter la façon de l’induire en erreur.

Je suis à 29.5k et reçois deux mains plus tard. Je suis alors en début de parole. Sur 100/200, j’ouvre à 475. Je ne suis pas partisan des ouvertures à taille automatique, calibrées à un certain nombre de BB. J’aime les faire varier, car je trouve qu’il est alors possible de masquer mieux encore sa main. Contre les tous bons joueurs, ça n’a pas vraiment d’incidence, car ils détectent rapidement que cette variation est aléatoire. Mais lorsque certains joueurs, plus faibles, voient des ouvertures de tailles différentes en provenance du même joueur (2.1 BB, puis 2.5, puis 2.3), ils essayent souvent d’y voir des tells et de s’en servir pour évaluer une range de main. Le but est alors de faire sortir au mieux, sa main réelle, de la range évaluée par l’adversaire. C’est dépendant de l’idée qu’on se fait de sa façon d’interpréter un jeu adverse. A mon avis, au poker, si le fait d’avoir une meilleure lecture du jeu de l’opposant que les autres joueurs, arrive en première position dans les critères qui déterminent la taille de son edge par rapport au niveau moyen de la table, le deuxième atout du podium, ce critère de calcul de edge qui a la pondération la plus élevée juste après, est, pour moi, la meilleure lecture de la façon dont l’adversaire interprète notre main.

Dans ce cas pécis, le fait de faire 475 avec une pair de 7, n’a que peu d’intérêt, si ce n’est que ça crée une dynamique, dans laquelle la mise est souvent modifiée d’une ouverture à l’autre. Rester à 2.5 BB pendant cinq ouvertures, et passer à 2.45 BB à la sixième, nécessite d’avoir une excellente mémoire des ouvertures faites précédemment et du déroulement des coups. En effet, cette nouvelle mise est censée raconter quelque chose par rapport à l’historique de nos ouvertures. Et ne pas être conscient de cet historique à tout moment, fait qu’on a plus de mal à savoir avec précision ce qu’on est en train de raconter. Peut-être est-ce bien ce qu’on voulait faire croire, mais parfois, cela joue en notre défaveur, car on donne notre main sans le savoir. Voilà pourquoi je préfère modifier ma mise légèrement et aléatoirement, tout au long de la partie, car ça casse l’historique. Seules les deux ou trois dernières ouvertures sont retenues par la table et je suis alors conscient de ce que le changement de mise induit sur la force de ma main, bien plus précisément. Que ce soit online ou en live, j’applique cela et j’aime bien.

Revenons au coup. Avec , j’ouvre donc à 475, suis relancé à 1050 par un bon joueur en position et tout le monde passe. Ici, j’ai presque envie de lui revenir dessus, mais j’ai le sentiment qu’il n’a pas vraiment tenu compte de cette variation de mise et il a eu raison, car cette fois-ci, elle ne voulait rien dire. Vu la taille du tapis effectif (18k environ), et celle de mon tapis (29k), son 3-bet qui fait environ 2.2 fois la taille de mon ouverture n’a pas l’air de chercher beaucoup de fold equity. Il ne peut pas penser que je vais passer une si petite relance par rapport aux tapis, et ce, même si ma main est marginale. Il a donc pour moi, plus une main qui veut prendre de la valeur tout en ayant la position après le flop, qu’une main qui cherche à me faire passer. C’est un gros broadway, ou une pocket pair. Un 4-bet de ma part n’est que désavantageux pour moi, car il fait monter ce pot hors position, et je n’ai aucune fold equity. Le set mining est d’application et je call. Flop: . Je check, il Cbet à 1100, environ la moitié du pot et je passe, car ce n’est pas mon truc d’aller chercher une couleur au 7 hors position, lorsque même s’il check behind au turn sur un pique, il peut me raconter ce qu’il veut à la rivière face à un nouveau check de ma part, preuve de double faiblesse, et prendre de la valeur sur son plus gros pique comme il l’entend.

Je suis à 28k et continue dans mon optique, jouant tight, et attendant le level 200-400 ante 50. D’ici ce niveau, j’ouvre avec des mains décentes. Parfois je prends les blinds, parfois je suis payé, et dans ce cas, je fais ou non le Cbet. Ce dernier passe ou non mais en règle générale, peu de mains sont jouées et je suis tight, mais surement pas passif. Mon tapis fluctue entre 27 et 30k.

Le niveau 200-400/ antes 50 arrive et c’est parti. J’ouvre à 1050 avec et suis payé deux fois. Flop: . Il est bon ce flop. Je fais souvent passer avec un Cbet, tout ce qui n’est pas une pair chez l’adversaire qui a rarement rencontré ce flop, puisqu’en misant hors position contre deux joueurs, je représente souvent moi-même cette pocket pair. J’ouvre à 2050, le premier passe et le second me paye. Turn: . Voilà une bonne carte. Si le gars a une pocket pair, je viens souvent de passer devant, car à partir de TT+, je le vois bien me relancer préflop. C’est l’un des 3 joueurs faibles de la table. Mais il a montré pas mal d’agressivité dans les tours précédents. D’autre part, je préfère ce neuf à un dix, car le neuf n’appartient pas à un broadway qui aurait pu toucher sa pair avec un meilleur kicker que le mien. Mon adversaire est peut-être sur les piques. Sinon, c’est 55,66,77 ou 88. 44 est le seul jeu qui me fasse un peu peur car joué en slowplay de la même façon. Je décide alors d’induire un bluff ne le voyant plus payer avec grand chose sur un nouveau barell de ma part. Il lui reste 10k, et je ne pense pas qu’il paye un nouveau 3500, même avec une pocket inférieure. Quand aux 6 outs de ses deux éventuelles overcards, je suis prêt à prendre le risque pour induire ce bluff. Cet adversaire est lisible, puisque c’est l’un des critères qui m’a fait le juger faible depuis le début de la partie. Même si une carte supérieure au dix vient, j’ai le sentiment que je pourrai détecter à son bet sizing, si c’est un bluff ou un value bet. D’autre part, l’homme a montré ses mains sans qu’il doive le faire à plusieurs reprises. C’est ainsi que plus tôt dans la partie, je l’ai vu faire une mise à tapis au turn sur un tirage quinte ouverte. L’adversaire a passé et il a montré son jeu, tout fier. Il n’a pas peur c’est sûr, mais il ne se rend pas compte que l’overbet qu’il a fait ne lui donnait pas plus de fold equity qu’une mise qui aurait ressemblé à une mise de valeur, à cette table de joueurs, capable de détecter un tel vol.

Il a 10k et le pot en fait 7 ou 8. S’il mise son tapis ici, j’insta call. S’il check, je peux envisager une mise de valeur sur une petite rivière, pour lui faire payer sa pocket inférieure, suite à sa nouvelle perception de mon jeu semblant faible, à cause de mon check turn. Fonction de son action au turn, je peux également induire le bluff à la rivière. Mais nous ne verrons pas la rivière. L’homme mise 5700 sur ce turn après mon check, se comittant complètement pour ses 4300 jetons restants et avec une aisance de poids. Je n’arrive pas à le lire. Aurait-il un A2 suited, le seul jeu qui semble me battre. Une pocket 4 ne mise pas autant je pense. Ici, on a une mise de valeur qui ne veut pas tout-à-fait perdre son client, mais qui veut également lui faire payer cher un éventuel tirage. C’est un mélange d’aisance et de peur d’être battu à la rivière. 23 suited est-il possible? Je trouve ça gros dans un tournoi de ce buy-in de me payer avec une main si faible, 1050 préflop avec seulement 13k de tapis au départ du coup. A9 de pique est aussi une main à laquelle je pense. Peut-être 9T de pique. Je passe rapidement ma main et le gars fait une grimace, qui montre qu’il rale d’avoir perdu son client. Je lui dis :”you had a two?” et il confirme de la tête, finissant par me montrer sa main, en éventail: . WTF! Le gars s’est cru en high stakes, où avec une telle main, chaque joueur doit lui donner 10k$ en cas de gain. Bien sûr, c’est un peu bizarre, c’est la deuxième fois qu’un gars me montre sa main, alors qu’il ne doit pas le faire. Certains joueurs, souvent mauvais, ne se rendent pas compte de l’information capitale qu’ils donnent en faisant cela.

Je suis à 26k et ouvre avec une main marginale au coup suivant. Tout le monde passe et je remonte à 27k. Je laisse passer une main, puis j’ouvre à nouveau mais suis 3-bet par un bon joueur. Je passe. Dans le tour suivant, j’ouvre encore deux fois et suis payé à chaque fois. La première fois, je Cbet à 80% du pot sur un flop , mais suis relancé. La seconde fois je ne peux faire le Cbet sur ce flop ultra wet, et il reprend la main suite à mon check. Mon offensive se passe à un moment où les gens trouvent du jeu, et je le constate suite à quelques showdowns auxquels je ne participe pas, alors que j’avais lancé les hostilités préflop. D’un côté, je suis content de voir que c’est moins la détection de mon changement de vitesse, que la réelle force des cartes adverses, qui m’empêche d’imposer un rythme à la table. Mon tapis descends à 23k. Je relate l’évoltion à Jd par Whatsapp et il me répond :”ça descend Robert”. C’est l’un des doux surnoms amicaux qu’il me donne 🙂

La moyenne est à 20k et la moitié du field a sauté. Nous sommes 39 sur 78 joueurs à la base. Kenny Hallaert arrive à ma table. C’est un joueur impressionnant par ses résultats au niveau belge, que ce soit online ou en live. Je suis content, je vais enfin le voir en action. Pour les quelques coups où je le vois jouer, il a une poker face impressionnante. Il est impassible. Il est deux sièges à ma droite. A un moment, un joueur ouvre à 950 sur 200-400. C’est un joueur que l’on a vu changer de vitesse récemment, un joueur semblant faible, qui vient d’arriver, une demi-heure avant. Plus tôt, il a dû montrer sa main perdante au showdown, une main très marginale pour une ouverture qu’il avait faite en début de parole, préflop. Nous somme un tour plus loin, et cette nouvelle ouverture était prévisible. Il est maintenant au cut off, et comme il n’avait plus bougé depuis quelques mains, on sentait bien, que premier ouvreur, et vu sa dynamique, il allait ouvrir avec une range de mains ultra large. Je suis au BB, et j’ai . Je calibre un 3-bet à 2600, dans ma tête. Mais Kenny est au bouton. C’est marrant, je me dis qu’il va très souvent 3-bet ici, car il a forcément perçu la situation aussi. Il relance à 2400. Pour sa position je trouve sa mise meilleure que les 2600 que je voulais faire. Aussi, lorsqu’on est au bouton, il vaut mieux prendre un peu moins de risques dans les surrelances, car il reste encore 2 personnes à parler dans les blinds. Ici en tout cas, j’ai le sentiment qu’il joue la situation et que la force de sa main ne joue pas vraiment sur ce 3-bet. En plus, il ne le fait pas trop cher. Quelle belle opportunité de 4-bet pour moi. Le SB passe. Je réfléchis 20 secondes, près à miser 6300 de mes 23.000. Mais je ne le fais pas. Bizarrement, et sans connaître Kenny personnellement, j’ai une sorte de sympathie pour le Belge qui vient de s’asseoir. Certains diront que j’ai eu peur de faire le 4-bet, pensez ce que vous voulez ;). La situation s’y prêtait tellement, qu’il est sans doute EV- de ne pas l’avoir fait. On s’est payé un verre au bar la veille, où il fêtait sa double victoire dans le side à 2000 et l’autre side à 1000. C’est un spot intéressant à prendre, mais il n’est pas obligatoire pour la bonne suite des opérations. Je passe. L’ouvreur du CO passe comme prévu et Kenny prend le pot.

La table est cassée et je suis déplacé. Ma nouvelle table est une table plus facile que la première. Elle porte le numéro 14, et j’ai vécu au 14, pendant toute ma jeunesse :). J’ai une musique que j’aime sur les oreilles et je suis confiant. Je suis entouré, à ma droite et à ma gauche, par deux joueurs, dont un que j’ai rencontré au cash game de la veille, et qui viennent d’un pays où le poker n’est pas très populaire. Celui que j’avais croisé la veille se trouve maintenant à ma gauche. Je l’avais vu jouer ce coup-ci: sur un board , notre ami, appelons le monsieur G, est hors position. Il check, quelqu’un mise 65 euros dans un pot de 120 euros et il le paye. River: . Il check. Son adversaire mise 200 euros, pour un bet qui ne peut même plus cacher son As, mais qui, sur un malentendu, espère éventuellement se faire payer par moins bien. Monsieur G prend son temps et je suis très curieux. Déjà, je me dis :”mais non, il n’aurait pas tiré une couleur sur ce turn”, l’ayant vu faire quelques choses louches un peu plus tôt. J’ai du mal à me dire qu’avec un 2 en main, il puisse même réfléchir et être embarqué depuis le turn. Soudainement, il relance à tapis 410 euros, pour ce qui n’est autre qu’un check-raise. L’ouvreur call instantanément et Monsieur G montre . Cette couleur ne suffit pas contre le full avec de l’insta-calleur, à qui je glisse un discret :”Mary Christmas” plus d’un mois avant le jour J, provoquant un petit rire à la moitié de la table qui m’entend. Voilà, je préférais vous planter le décor, plutôt que dire: “deux mauvais joueurs m’entourent” sans exemplifier mes propos.

J’arrive donc à cette table avec un tapis de 23k. Nous sommes maintenant à 300-600, ante 75. Après quelques poubelles passées, et un tour et demi environ, je suis en middle position et trouve . J’ai pu constater qu’il y a une calling station à la table. Il tente un jeu small ball avec ses 30k, mais a montré que ses lectures étaient moyennement efficaces, finissant par payer une rivière bien value bettée par un adversaire assez lisible, avec une 3e pair trouvée sur le board grâce à son jeu de départ , avec lequel il avait décidé de payer en postion préflop contre un ouvreur semblant très tight. Ensuite, il avait payé instantanément, le Cbet au flop, et le nouveau barell du joueur tight au turn, et avait décidé de bluffer la rivière suite au check de l’ouvreur, qui avait alors payé très vite. Notre calling station avait alors montré son jeu et l’autre . Ce check du joueur tight à la rivière ressemblait tellement à un check-call avec l’As, et ce spot choisi par la calling station pour bluffer sur cette couleur runner runner, montrait à quel point ce dernier choisissait les choisissait mal. D’une part, il devait faire passer un As pour remporter le coup, ça sautait aux yeux, mais en plus, il n’était pas crédible sur ce board qui ne faisait pas rentrer un tirage du flop. En fait, il tirait une double pair au flop, toujours une double pair au turn, pour finir par un arrachage rivière qui n’allait que rarement faire passer mieux que son 8… Lorsque je dis que ma nouvelle table est faible, je le dis sur base d’observations quand-même. Revenons à nos moutons. Je trouve et ouvre à 1500. La calling station évoquée dans ces dernières lignes me call au bouton. Comme je le vois jouer 70% des mains, je le mets sur une range extrêmement large, dont la limite supérieure n’entre pas dans le top 10% des mains, car je pense qu’il aurait relancé sinon. Nous ne sommes que deux dans le coup et le flop est . Je fais un beau Cbet au flop, à 3100, qui doit avoisiner 70% à 75% du pot. Je suis payé à nouveau. Le turn est un . J’ai maintenant un tirage couleur max en plus de ma top pair, top kicker. Je ne vois pas pourquoi je miserais ici. Un sept slowplayé dans sa main aurait joué le coup de la sorte, et je veux voir ce qu’il va faire en contrôlant ce pot. En plus, même si ma main est battue actuellement, elle a encore une certaine équité avec un 8 ou un coeur à la rivière. Ce coeur runner runner rendrait d’ailleurs ma couleur assez invisible, puisque j’ai été actif avant le flop et au flop. Il check le turn behind rapidement, presque content de ne pas faire face à un nouveau barell. Après son check, je pense fortement au tirage suite, depuis le flop. 9-10 ou 5-6 sont des mains qui deviennent de plus en plus probables. Je suis d’ailleurs assez rassuré sur ce qui me semble être un fait: il n’a pas de 7 dans son jeu. J’aime donc d’office l’idée de lui laisser reprendre la main à la rivière, après avoir fait croire à de la faiblesse dans mon jeu au turn. En plus si la rivière est un 4, un 6, un 9 ou un J, je saurai qu’il faut alors se méfier d’un éventuel tirage 5-6 ou 9-10. Je check-callerai toute rivière de toute façon, car si 8 cartes sur 46 sont dangereuses sans que je les connaisse précisément, 38 cartes sur 46 peuvent le voir miser en bluff induit. River: . Je check, il prend un peu de temps et mise 3500. Je ne suis pas très confiant sur cette mise. Elle ressemble à une mise de valeur, elle est trop faible. En bluff, je l’aurais plus vu mettre entre 6000 et 8000. Deux mains sont inquiétantes: 6-4 et 9-6. 6-4 est quand-même peu probable. Ce serait affolant qu’il ait payé au flop pour un gut shot par en-dessous. 9-6 serait détestable mais comment passer, vu que cette main semble être la seule qui me batte et qu’on connait la propension du monsieur à bluffer. Je paye et il a bien . Sa main n’est même pas assortie. Quelle poisse de tomber là-dessus, alors qu’il aurait sans doute bluffé n’importe quelle autre rivière. Je dois le dire, je suis un peu dégoûté. Je perds environ 8k dans ce coup et mon tapis descends à 14.500.

Un tour et demi plus loin, je suis à 11k. J’ai ouvert deux fois light à 1500, mais ça a été payé et j’ai dû passer sur des flops wet non rencontrés. Je suis alors BB sur 400-800, ante 100. Nous sommes 8 à table et j’ai un M entre 5 et 6. Tout le monde passe jusqu’au small blind, qui est l’ami de monsieur G. Je trouve . Il a 25k. Je ne le vois pas me laisser un walk. Pour moi il va tenter de me prendre la blind. Il regarde ses cartes et mise son tapis. J’insta-call en avançant mes jetons. Il retourne . Je montre mes six. Board: … Je me lève et sors, non sans amertume.

Vite, rentrons à Bruxelles...

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7 Responses to EPT Loutraki: suite et fin du compte rendu du 1100

  1. stefal says:

    Chouette CR, comme d’habitude.
    Un truc pour que la mise soit complètement aléatoire, tu divise l’écran de ta montre en deux ou trois zones et tu laisses la trotteuse décider pour toi.
    Un pays ou le poker n’est pas très populaire: Israel???

    • admin says:

      Excellent Stefal! Oui, j’avais lu cette technique dans l’un des livres d’Harrington … mais je la trouve obsolète et démodée :)… Parfois les adversaires peuvent se synchroniser avec ma montre et savent ce que je fais. Je préfère utiliser une application iphone qui me donne la pression atmosphérique et la température à tout moment dans une ville de mon choix. Ensuite je divise le premier nombre par le second et ne conserve que la deuxième décimale. Et j’ai mon nombre aléatoire. Bien sûr j’utilise chaque fois la time bank entière pour que mon calcul soit correct :))))))) Suis comique hein!!! Oui tu as raison, c’est vrai que sans utiliser un facteur extérieur à sa propre humeur, on ne peut pas vraiment faire de l’aléatoire soi-même et la trotteuse est une bonne technique.

      Pour le pays où le poker n’est pas populaire, tu me bluffes !!! Comment as-tu trouvé ça? C’est la bonne réponse Monsieur Stéfal… VGG 😉 Et merci pour le compliment sur le CR

  2. mad_thorgal says:

    Arf très moche le 69o…

  3. mad_thorgal says:

    Au fait Stefal vient pour le week-end blogueurs à Bourges les 8-9-10 juin, si tu es toujours partant tu peux peut-être venir avec lui?
    Tiens-moi au courant!
    ++

  4. stefal says:

    En fait, je fais parfois des piges et je me suis intéressé au jeu de manière internationale. Et il est vrai qu’Israël est un peu paradoxal.
    J’ai eu l’occasion à Cannes de compléter ma culture en discutant avec un Israëlien.
    Pour Mad, pour l’instant , je suis toujours partant. Pour le covoiturage, pq pas! Normalement, si Celtic est de la partie, je pars de Lille.
    PS: pas moyen de s’abonner aux commentaires?

    • admin says:

      Je vois. Les Israéliens font des parties privées, mais il n’y a pas de Casino là-bas. J’y ai vécu pendant un an. Ils sont très nombreux ici à Prague. J’ai une anecdote rigolote à propos de la langue, que je parle, alors qu’ils ne le savent pas 🙂 Je relate ça bientôt.Que veux-tu dire par “s’abonner aux commentaires”? Tu voudrais qu’il ne faille pas entrer tes données à chaque fois, ou recevoir le fil?

      • mad_thorgal says:

        Je pense que ce qu’il veut dire c’est de pouvoir être informé des réponses aux commentaires, car parfois on peut en rater!
        Du style être informé par mail qu’on a eu une réponse à notre commentaire.
        Comme tu l’as lu sauf imprévu lié à son sponsor Stefal sera du week-end à Bourges les 8-9-10 juin, si tu es toujours partant (et dès que tu sais si tu es libre ce week-end là) n’hésite pas à m’en faire part! D’ailleurs tu peux en parler autour de toi, si des gens sympas sont intéressés par le concept ils seront les bienvenus! (dans la limite des places disponibles obv)
        GL pour la suite de ton escapade tchèque!

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