Premier jour à Cannes: je ne jouerai pas le Main

Cannes, 12 septembre 2011. (Rédigé le 12, posté le 13)

Je pensais faire une vidéo pour vous raconter cette journée, mais je n’ai pas la tête des grands jours. Un peu fatigué, un peu déçu…. mais demain est un autre jour. Ce post ne sera pas extrêmement long, je ferai mieux par la suite, car j’aimerais aller dormir, ayant passé une partie de la nuit avec des potes dans la chambre de Davidi. Il y avait Cosmic, Joël Benzinou, Joe Ebanks (gagnant du WSOP 6 handed 10k cette année), et Julien Brécard de la team Pokerstars.fr, du beau monde quoi. J’aime bien les discussions qui s’échangent dans ces chambres ainsi que l’ambiance. Soit. Je vais vous parler rapidement de ma journée.

Je ne pensais pas passer aux aveux, car je me sens un peu idiot, mais j’aime me ridiculiser de temps-en-temps, ça fait du bien: la nuit passée (du 11 au 12), je ne me sens pas bien, après avoir fermé ma valise. Je cherche un Dafalgan, mais n’ai qu’un autre médicament, qui a le même objectif, mais avec un effet plus puissant et de la somnolence en prime. Je règle mon réveil iphone sur deux heures différentes espacées de 15 minutes. J’ai un ticket de train TGV-Europe en partance de la gare du Midi (Bruxelles) vers Cannes, un direct. L’idée m’avait plu car ça m’évitait des tas de correspondances (aéroport loin, Nice-Cannes en navette), et puis c’est tout ce que j’avais trouvé en direct il y a deux semaines, quand j’ai réservé, car les avions faisaient des escales sur les retours. Mon train part à 10h21. Je mets mes alarmes sur 8h15 et 8h28. Je m’endors en début de nuit. A 8h19, j’ouvre un oeil et me dis que je peux le refermer 2 minutes,  ce que je fais. Deux minutes plus tard, j’ouvre mon oeil, et le réveil indique 10h53… Medames et messieurs, vous l’avez bien compris, plus de deux minutes venaient de s’écouler… et mon train de s’en aller vers ma destination… c’est ce qu’on appelle un bad beat. Je n’ai pas stressé, j’ai ralé. J’ai regardé quand partait le train suivant. Et c’était l’heure qui suivait, mais pour la somme de 1253 euros… wtf. J’ai appelé une copine qui est très professionnelle dans son métier d’agent de voyage indépendant. Elle m’a trouvé un vol qui partait  deux heures plus tard pour Nice, alors que sur internet, le suivant était à 19h, ce qui m’empêcherait de jouer le dernier Sat pour le Main. J’ai pris ce vol en aller simple, et l’opération me coûte 300 euros supplémentaitres en comptant les navettes et taxis, en plus de l’avion. Après avoir réglé mon nouveau voyage, j’appelle la SNCF pour voir si je peux récupérer quelque chose sur le billet de train (150 euros pour l’aller). Ils me disent que dans l’heure après le départ, j’aurais pu récupérer 100% du prix, mais que là, nous avons dépassé le délai de 15 minutes et qu’on ne peut plus rien faire… second bad beat 🙁 C’est comme ça, that’s live… Morale de l’histoire: ne prends jamais un Tradonal Odis la veille d’un départ.

Pendant la soirée, j’ai le plaisir de rencontrer ce cher Stefal, avec qui je bois un verre, ainsi que Frédéric Brunet, bon joueur que je suis content d’avoir croisé, puisqu’on avait déjà été en contact sur internet. Je mange ensuite avec mon vieil ami Jd et sa moitié. Je croise Comanche que j’apprécie vraiment pour ses bonnes vidéos sur ClubPoker.net (pas que pour ça), ainsi que David Delhez, Partouche manager belge. Il y a Eric Sagne, Coralie Nauder, Joël Benzinou, Anthony Rodriguez, Olivier Baeten, et beaucoup de têtes que je connais. Pour les très connus, je ne croise que Selbt et Arnaud Mattern au buffet, et Davidi of course…

Pour le tournoi, je l’ai fait, le 900, le dernier Sat avant le Main. Avec 137 joueurs au départ, j’ai joué un jeu dont je ne suis pas du tout mécontent. Avec 6000 de tapis, je perds le tiers de mon tapis, sur les deux premiers coups, contre le même gars, un fish qui a eu beaucoup de chance. Calme pendant la demi-heure suivante, je finis par trouver un spot de vol, où j’ai au BB. UTG+2 relance à 375, un gars call et je call ses 375 sur blinds 75-150. Flop: . Je check et simule une sorte de check-raise, en comptant mes jetons, près à les balancer (dur à expliquer, mais je pense que ça a influé sur le fait qu’il ne fasse pas le CB, alors qu’il le faisait tout le temps, bien sûr je n’aurais pas reshove derrière (plus aucune fold equity, et je n’aurais pas même payé une mise trop grosse (trop comitted pour simplement payer). Les deux checkent . Turn: . Dans le même esprit que ce que j’ai essayé de faire croire au flop, j’ouvre à 1000, rapidement. Je suis conscient que l’ouvreur préflop est un bon joueur, un jeune shark du net à première vue, et qu’il a maintenant un read sur mon tell au flop, qu’il croit involontaire. Les deux passent, et mon agressivité commence à prendre confiance. Je me mets alors à voler les blinds fréquemment, et remonte à 5500, 6200, 7500.

Puis, plus tard, je trouve sur 150-300. La table est devenue passive, je ne trouve que peu de résistance. Mais cette fois-ci, le BB décide de compléter mes 750. Flop: . Il check et je décide de ne pas faire le CB ici, car s’il ne me croit pas sur une pocket, je ne représente pas grand chose, et je n’ai pas envie d’être check-raisé. D’autre part, si ma suite rentre au turn, elle sera complèmenet invisible, et la value, je pourrai alors la prendre là. Le turn est un . Là, il mise 1000. S’il n’a pas le 9, il ne doit pas être très fort pour moi ici. Je ne le vois pas avec un 3. Je call, me disant qu’hormis ma quinte ouverte, je joue, en position, le 5 et le 6, et que je peux estimer à la rivière, selon sa mise, s’ils ont de l’équité de showdown. C’est aussi une sorte de float, pour le cas où je ne touche rien mais qu’il checke la rivière. River: . Il prend alors un jeton de chaque couleur (tell assez classique) et mise 2700. Ce pot doit avoisiner 3600 avant sa mise. Il fait des signes avec les yeux, que je fais aussi quand je bluff pour simuler un peu la quiétude. C’est un bon joueur par rapport au niveau moyen de la table. Je me dis alors qu’il simule quelque chose. Puis je réfléchis à la séquence des mises. Préflop, il paye rarement avec un 3 en main, sauf s’il a disons A3 suited. Au turn, il peut miser son 9, mais alors quel est son intérêt de faire un si gros value bet avec juste un neuf à la rivière. Le 9 ou la pocket pair inférieure check-call très souvent cette rivière, ou alors la value bet moins fort. Le seul jeu énorme avec lequel il pourrait faire ça est pocket 4, mais alors il ne mise pas tant au turn et à la rivière, car il pourrait trop facilement me chasser du coup. Il n’y a vraiment qu’un tirage raté qui joue ça comme ça. Je call, il me montre pour un tirage couleur échoué. Je gagne un beau pot et passe vers les 14k.

La strucutre est ultra-rapide et les blinds passent  à 300-600 (je croyais 250-500 à la pause), puis 400-800, 600-1200, toutes les 20 minutes. Mon jeu shorstack est correct selon mes impressions et je pousse 6 ou 7 fois, sans que jamais mon tapis ne soit payé. Bien sûr, après l’avoir fait quelques fois de manière trop peu espacée, je le fais à nouveau mais avec une main qui se défend bien. Les blinds sont donc de 600-1200 ante 100, mon tapis est retombé à 7k. UTG, je trouve . Le coût du tour est de 2600 puisqu’on est 8 à table. Je shove mes 6 blinds, et le gars à ma gauche, qui avait montré beaucoup d’erreurs me call avec . On est short et les blinds arrivent aussi sur lui, donc je ne peux pas lui reprocher ce call, même s’il est dicsutable. Flop: . Je passe à 56% avec mes 15 outs sur ce flop. Turn: . River: et je quitte le navire, 45e sur 137, alors qu’il y avait 13 tickets a prendre et une 14e place de “consolation” à 6000 euros.

Je suis déçu mais content de mon jeu, et pense avoir fait peu d’erreurs. On verra ce que ça donne en deepstack pour les sides. Finalement, j’aurais mieux fait de partir le lendemain. L’épisode du train n’est pas sans rappeler mes mésaventures pour le départ à Dublin en septembre 2010. C’est ça ma vraie erreur de la journée…

Merci pour vos commentaires d’encouragement. Je vous répondrai à tous, dès que j’aurai un peu plus de temps… Now, direction le sat à 200 de 14h pour le 1500…

jontheriver

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6 Responses to Premier jour à Cannes: je ne jouerai pas le Main

  1. Rincevent says:

    Allez motivé pour la suite!

  2. bernard says:

    ce que je préfère dans ce post c’est quand tu parles de ton médoc.
    je suis sûr que tu as pensé à moi en voyant tes médicaments bien alignés par taille, du plus grand au plus petit 😉

    • admin says:

      Bernard, je pense toujours à toi (suis hétéro pour la précision) quand je regarde mes armoires (oui, Bernard n’aime pas le désordre et range chez moi, c’est un vrai ami…)Thanks Bernard. Ca me fait plaisir que tu suives les posts. A bientôt. Jon

  3. Stéphane Crasula says:

    Bad beat, ok.
    Warm up, ok.
    Confiance, ok.

    A toi de jouer maintenant Jon, en piste et montre leur tes talents 😉

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