Namur dans le rouge

Namur, 29 mars 2011.

Bounty 160 euros

Avec un buy-in de 160 euros et un tapis de 10.000 jetons, je doublerai assez vite avec . Préflop et au BB, je call une relance à 150 d’un gars en début de parole, qui avait déjà été payée. Les blinds sont 25-50. Sur le flop , je check, l’ouvreur fait 450, l’autre passe, je check-raise à 1500. Sur ce turn, le , je check pour induire un bluff de sa part, faisant croire que mon check-raise au flop était un vol, et sachant très bien qu’il a l’As (profil de ce joueur oblige), mais il check derrière (Oui, une improbable suite avec 8-10 vient d’apparaître). A la rivière, le ,  je mise 4000 et il pousse, me couvrant. Je rajoute mes 3500 derniers jetons et il dévoile pour une double pair touchée rivière. S’il ne touche pas cette double pair, je pense qu’il call malgré tout mes 4000, sans relancer toutefois.

Ensuite, je trouve au Sb. UTG+1 ouvre à 325 sur des blinds 50-100. Un gars en middle relance à 650, je décide de payer, pensant avoir beaucoup de chances de voir le flop à ce prix-là, selon la non-excitation du premier ouvreur. L’ouvreur call en effet. Flop: . Je check, l’ouvreur préflop check et le surrelanceur préflop ouvre à 1000 sur ce pot qui dépasse 2000. Je le mets sur KK ou AA, car ce flop est mauvais pour l’une de ces mains. Voilà d’ailleurs pourquoi il fait un Cbet si petit. J’ai l’impression qu’avec une main comme AQ, il a tendance à miser plus gros ici, peut-être 1500. C’est psychologique, il veut éviter de faire trop monter le pot, car il sait qu’il n’abandonnera que très difficilement ses As. S’il est check-raisé à 3200 par exemple, il peut encore payer pour voir une carte. Je paye les 1000 car je n’ai pas la position et que j’ai envie de voir un turn peu dangereux en contrôlant le pot. Ce n’est pas non plus le meilleur des flops pour moi, ma main est vulnérable. Turn: . Je check, le second check, le troisième check. Bon maintenant, ça devient assez clair pour moi, personne n’a le valet. Ce 8 n’apporte sans doute aucune double pair à quelqu’un et je suppose que ma main est toujours devant. D’autre part, chez le deuxième joueur, je ne vois rien d’autre de possible que les As, peut-être les rois. Sur ce flop, dernier de parole, il n’aurait pas pris le risque avec un AK par exemple de miser 1000, une mise qui chasse rarement les tirages tellement elle est faible, et de se faire check-raiser, ne pouvant plus voir gratuitement un éventuel valet au turn, voire même un As ou un Roi. River: . Cette carte apporte encore une quinte en une seule carte. Je suis déjà presque certain que personne n’a le valet. Mais le 7, il est encore moins probable pour moi, au vu des actions. Le premier ouvreur préflop a peut-être bien AK, pourquoi pas AT. Avec une pair de 6 ou de 7 en main, il ne paye jamais les 1000 au flop. Et aucune main ne contenant un 7 ne paye 1000 sur ce flop, ou alors 78, hautement improbable, vu la relance UTG+1 préflop. Ici, je pense que ma double pair est toujours la main gagnante. Mais je n’ai pas envie de faire un check-call, parce que ce board est si scary que personne, d’après les mains sur lesquelles je les mets, ne va miser. J’ouvre à 2000, une sorte de petit value bet pas trop gros. On peut éventuellement parler d’un blocking bet. C’est moi qui choisis le montant que je suis près à payer rivière. Si je suis relancé, je passe. Ca ne dépassera pas 2000.  Par contre si je fais un check-call et que je suis contraint de payer 4000, c’est dérangeant. Je passe sans doute aussi, mais avec moins de certitudes de ne pas me faire bluffer. Le premier joueur passe, et le second me paye. Je dévoile ma main, et il montre . J’avais fait la bonne lecture. Ma double pair ramasse le pot.

A deux reprises je rate le bounty du gars que j’avais presque déstacké avec mon brelan en début de partie. Première fois, il pousse avec , je call avec et il touche un . Seconde fois. Il pousse 2000. Damien*, un gars dont j’ai déjà parlé par le passé, un type que je ne peux pas blairer (c’est réciproque), je ne suis pas le seul 😉 ,paye les 2000 et met le reste de ses jetons, 8500 environ, près de la ligne, pour montrer qu’il ira au tapis. Mais ce qui est rigolo ici, c’est qu’il n’a qu’à aller lui-même au tapis si il est tellement près à payer de toute façon. J’ai et 22.000 jetons. Ma décision est déjà prise si personne ne bouge avant, ce sera push. Tout le monde passe, et je pousse mon tapis instantanément, sachant que j’ai une énorme fold equity sur lui, pour jouer pour le bounty de 50 euros tout seul. Il râle, meugle, bêle, rugit et passe dégoûté en disant qu’il ne veut pas me donner son bounty… lol. Les mains sont abattues et notre monsieur à tapis dévoile . Je show mon et Damien* hennit, coasse, aboie, et miaule, en proférant je ne sais quelle insulte, rien d’inhabituel. Il avait . Notre ami touche son à la rivière, Damien* hurle de joie et je rate à nouveau mon bounty. Aucun As sur le board pour me réjouir d’avoir enlevé à Damien* le bounty qui lui était destiné, mais bon, je m’en fous un peu. Son cri de joie ne me fait pas grand chose. Le pauvre perd tant d’argent, que ce soit en cash game ou en tournoi, qu’il peut de temps à autre avoir un petit moment de joie. Je finirai par prendre un bounty avec contre all-in préflop.

Plus tard, mon tapis est redescendu à 15.000 envrion. Je trouve . Un gars qui n’avait pas beaucoup bougé ouvre à 1400 sur des blinds 200-400, en middle. Je suis à sa gauche, toujours en middle et mon image est celle d’un joueur très agressif depuis deux ou trois tours. Je joue de mes jetons et j’ai poussé plusieurs fois, notamment en ce qui concerne le . Je suis couvert par l’ouvreur. Je sais qu’une mise à tapis a de grandes chances d’être payée par ce dernier, et je suis à plus de 80% contre n’importe quelle pair et 90% contre AK ou AQ. Je pousse 15.000. Tout le monde passe. Il hésite 5 secondes et me call avec . Board: et je suis dehors. Eh oui, il faut les perdre un cinquième du temps, c’est obligatoire, personne n’y échappe. Le principal est de se retrouver bien plus souvent dans ce 80-20 que dans un 20-80 et le tour est joué.

Bilan du tournoi : -110 euros (je n’avais plus utilisé cette couleur depuis quelques temps ;))

Cash game 2-2

La session de cash game qui suit ne contient pas un coup très intéressant. Je ne vois pas grand chose et mon tapis chute progressivement. La session dure 4 ou 5 heures au total, et c’est vraiment le désert. Je suis rejoint peu après par Damien* qui a aussi sauté et qui commence à perdre cave après cave contre un pote à moi dont j’avais déjà parlé par le passé, un certain Eric qui avait fait des choses très sympathiques pour moi lors d’un incident en tournoi. Eric domine Damien* et lui prend tout. Puis, Damien* viendra me prendre un tapis de 100 euros sur ce coup. Voici les mains: pour une fois, je les dévoile avant le board, pour que vous puissiez savourer le coup. J’ai et lui . J’ouvre à 16 UTG+2 sur l’option à 4 d’un gars. Damien* est BB et a déjà investi 2 euros. Je suis payé deux fois, par un joueur en middle, et par Damien* avec son . Flop: . Il check et je cbet à 26 euros. Le joueur en middle passe. Damien* call. Turn: . Damien* donk bet à 16 euros. C’est marrant le donk bet de sa part. Venant de la part d’un joueur aussi médiocre, un si petit donk bet alors que je lead tout le coup veut dire que mes As sont toujours devant. Je pousse mes 56 euros restants et il paye. River: . Je montre mes As et il montre sa quinte de l’espace. C’est beau, Damien* doit jubiler en lui. Mais de mon côté, je ne peux que me réjouir en pensant au long terme. Le poker a de beaux jours devant lui, je ne le répèterai jamais assez.  Sur la dernière heure, je me refais presque complètement de mon négatif de 400 euros, contre un joueur que je n’avais jamais vu, qui vient d’arriver à la table et qui livrera tout, tout, tout. Rien de ces coups n’est très intéressant, c’est ce qu’on appelle des livraisons.

Je finis la session avec un net de : -44 euros

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