Viage après un petit repos

Bruxelles, 21 mars 2011.

Après un week-end à Séville où je partais avec un excellent ami hors-poker pour me reposer et prendre un peu de soleil, j’ai été très impatient de revenir aux tables. Eh oui, les temps sont durs lorsqu’on se permet trop de petits extras, et il est temps de payer ses factures aussi.

Raph et jontheriver à Séville

21h45 ce lundi : atterissage à l’aéroport de Charleroi / 23h : arrivée à domicile à Bruxelles, douche et préparation / 23h50: arrivée au Viage où je retrouve mon cher camarade de parcours Marian* avec qui j’avais fait rendez-vous.

Lorsque j’arrive à la table 2-2 après une légère attente (10 minutes), un gars que je ne connais pas s’écrie “Oh non”. Je lui demande : “je te connais?”. Il me fait : “non, mais tout le monde te connaît ici”. Je réponds : “Ah bon?” et il me dit : “Ben oui Jon”, ensuite il prend ses jetons et quitte la table avant que ma première main ne soit distribuée. Je suis étonné… Est-ce mon blog, est-ce le classement namurois 2010? D’où qu’elle vienne, cette mini pseudo notoriété n’est pas pour me déplaire, même si mon but n’est pas de faire fuir.

En face, deux joueurs de niveau honnête, à leur gauche Marian*, et tout le reste de la table de niveau assez “loufoque”. On voit de ces trucs ! Chaque erreur des adversaires me plait, même quand je ne suis pas dans le coup. Plus grosse est l’erreur, plus mon winrate potentiel augmente. Juste à ma gauche, enfin avec le croupier entre nous deux, un joueur qui a rasé la table avant mon arrivée. Je ne le vois pas vraiment et n’ai pas ses tells pour m’aider, mais il est d’une lisibilité telle dans son betting pattern, qu’un hypermétrope myope et malvoyant pourrait lire ses cartes avec une netteté Full HD. Je ne vais relater que 3 coups de ma session et bizarrement ces 3 coups ont tous été joués avec ce gars-là. Je ne note plus que les coups intéressants, car le temps me manque pour tout relater et je suis devenu très sélectif. Même si j’estime qu’un coup est bien joué au niveau d’un payement suite à une bonne cote au pot par exemple, j’estime avoir déjà assez parlé de cela dans mes posts précédents pour que ceux qui lisent ce blog aient pu l’intégrer. J’ai donc décidé de m’arrêter aux coups dont les réflexions ayant amené aux décisions que j’ai pu prendre, apportent quelque chose de plus que ce qui a déjà été dit, que ce soit au niveau d’une combinaison de paramètres décisionnels ou d’un paramètre seul.

Avec , je limp d’abord 2 au cut off suite à 3 limps. Ensuite le bouton relance à 8 euros. Nous somme 3 à le suivre et le pot contient 32 euros. Nous voyons ce flop à 4. Flop: . Trois personnes checkent dont moi et le bouton ouvre à nouveau à 8 euros dans un pot de 32 euros. Un gars passe et le deuxième suit. Pour moi, ici, il s’agit bien moins souvent d’un vol de pot que d’une tentative de se faire relancer. Vu le niveau de ce joueur, je sais qu’il est capable de tenter ce coup très basique croyant attraper quelqu’un. J’ai presqu’envie de jeter mon As faible pour 8 euros dans 40. Mais évidemment, la probabilité qu’il essaye de voler ce pot n’est pas nulle non plus, on ne sait jamais. 8 euros, payons-les, et on confirmera notre pensée à la carte suivante. Turn: . Le premier check, je check et il mise 36. Le second fold, je fold instantanément et il montre avec fierté pour brelan floppé. Le gars à gauche lui dit :”bien joué les 8 au flop”. Je ne peux m’empêcher de rétorquer: “”bien joué”, ce ne serait pas plutôt quand le piège fonctionne?”

J’ai au big blind, 5 personnes limpent, le sb checke et je fais pareil. Flop: . Sb checke, je checke, UTG aussi, et les 4 autres joueurs également. Turn: . Me voilà avec une double pair. Si tôt en parole, je décide de checker, et le bouton mise 20 euros dans ce pot de 14. Il y a 6 personnes contre lui. Tout le monde passe et je reste son dernier adversaire. Je me dis qu’avec Q-10, il n’aurait quand-même pas fait un tel overbet. Que veut dire cet overbet ici. Il a peur de quelque chose. Il y a maintenant un tirage trèfles et beaucoup de tirages suite en gut shot. On dirait qu’il slowplay un jeu au flop et qu’il a maintenant peur de ce turn. Mais si c’est le cas, je ne bas que J5 ici, seule double pair inférieure à la mienne. Avec J5 suited, il aurait pu limper UTG tel que le connais. AK et AJ sont quand-même étonnants car ce joueur les aurait relancées préflop je pense. Peut-être AJ, aurait-il décidé de la jouer prudent, tout comme KJ. A5 est aussi possible et fait partie des mains potentielles slowplayées au flop. Je décide néanmoins de faire le call. River: , une carte qui ne change pas grand chose au problème. Je checke et il mise le pot 54 euros. Je fold et lui demande de me montrer sa main. Il le fait finalement et montre . Je dévoile alors ma double pair inférieure et les gens sont abasourdis, ce qui a tendance à m’énerver un peu, tellement il est évident que je suis battu ici. Son action à la rivière me le confirme. Ce qui m’ennuie un peu, après réflexion et après avoir relaté ce coup ici, c’est de n’avoir pas déjà passé au turn pour toutes les raisons précitées. Ce fold à la rivière est sympa et me fait gagner de l’argent à long terme sur ces joueurs qui auraient sans doute fait le call dans une situation où j’étais moi-même le détenteur de . Mais je trouve que j’aurais déjà pu passer les 20 euros au turn…

Après une succession de rencontres où mon jeu trop faible devait être jetté ou qu’il n’avait simplement pas complété les tirages qui le composaient, je trouve mon instant t. Avec , je complète l’option en milieu de parole, et nous sommes 6 joueurs, dont mon fameux voisin de gauche. Flop: . Tout le monde checke. Turn: . Tout le monde checke. River: . Absolute nuts !!! Il n’y a que 24 euros dans ce pot. A mon tour, je mise 20 euros à la manière d’un arrachage de pot. Ce 8, qui ne complète que peu de tirages ne semble pas être une carte qui peut m’aider. Mon voisin de gauche me relance à 80. Je fais un peu de cinéma, et il quitte la table. Il va à l’autre 2-2 et dit à un pote qu’il est dans un coup. Cela m’ennuie qu’il ait quitté la table, j’ai 114 euros de plus que ses 80 dans mon tapis, et je dois les lui faire payer. Il faut que je puisse lui faire croire à de la faiblesse. Il faut qu’il me regarde. Je me retourne alors vers lui et lui demande si il part parce qu’il a peur. Il ne répond pas. Je réfléchis 1 minute, me retourne à nouveau et lui dis :”all-in”. Il revient et me paye directement. Je retourne mes nuts et il ne peut montrer qu’un triste embusqué au turn, la 6ème double pair en terme de force. Mon cinéma n’a peut-être et même sans doute pas été utile dans cette situation précise. Néanmoins, il augmente la probabilité du call de l’adversaire et c’est tout ce que je demande sur le long terme. Si sa décision avait été à 45% pour le call et 55% pour le fold, mon acting aurait peut-être bien inversé la tendance.

Je finis cette session qui avait mal commencé avec un net de +86 euros pour 3h30 de jeu.

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