L’aller-retour Bruxelles-Namur le plus rapide

Namur, 13 septembre 2010.

Cet aller-retour à Namur aura été l’un des plus courts de l’histoire de mes allers-retours à Namur. Un petit problème sur la route m’a fait arriver à 20h50, soit 50 minutes après le début du tournoi bounty 160 euros. Avec un tapis descendu de 6000 à 5600, j’arrive aux blinds 100-200. Après une tentative de vol à 525 avec  en middle, Frank me relance à 1525 au bouton. Je n’ai pas commis beaucoup de vol, c’est un joueur qui sait ce qu’il fait et je crois connaître l’image qu’il a de moi. Pas la peine de jouer cette main dominée hors position contre lui. Sans me souvenir très bien de la suite des événements peu intéressants, si ce n’est que quelqu’un a check-raise mon Cbet avec rien au flop et que j’ai perdu 1200 jetons supplémentaires, il aura fallu une demi-heure, pour que, ne voyant pas la moindre main, mon tapis chute à 2400, alors que les blinds 200-400 arrivaient dangereusement, et que les antes de 50 grignotaient lentement ma dîme. Avec trouvé UTG, et 6 BB, ou si vous préférez 2 M, je décide de pousser all-in avec cet As si bien accompagné. Je pouvais laisser la blind de 400 arriver sur moi, mais dans un bounty, faut pas espérer un walk, et puis j’allais rarement avoir une main meilleure dans les quelques suivantes. De toute façon, je n’ai plus la moindre fold equity, bounty oblige. Les tapis sont déjà à 10.000 en moyenne. Laisser passer les deux blinds, et deux antes, me laissent au bouton avec 1700 et toujours pas de fold equity. Ce push est discutable, d’ailleurs je continue à lire “Kill Elky” qui me dira bientôt si j’ai eu raison d’agir comme ça UTG avec 2 M (ou CSI).

Un gars relance à 5000, ce qui m’arrange car il m’isole et je peux jouer à 1 contre 1 plus les blinds et les antes, soit 1.5 contre 1 environ. Tout le monde fold. Il dévoile .

Board: et je suis out. Net : -160 euros

Je rencontre Michael, un ami, joueur de tournoi vraiment prometteur selon moi, et bon joueur de cash game. Il est sorti du tournoi aussi, et je lui propose d’aller au Zenith à Bruxelles, en passant d’abord par chez moi, parce que je dois jouer le Rush 26$ de 23h sur Full Tilt, tournoi qui dure souvent moins d’une demi-heure, et maximum 2h30 quand on le gagne. J’ai fini 18e sur 1445 joueurs la veille, et finirai 5e sur 1143 le lendemain. Je parle de ce tournoi que j’adore dans d’autres posts, je ne m’y attarderai pas ici. Ce jour-là cependant, je sors du tournoi rapidement (14 mains) et nous nous dirigeons vers le Zenith. On y trouve une table avec 7 joueurs et nous nous installons. Luc* est là, et je sais qu’il commence à ne plus trop m’adorer. Soit. Un coup arrive, où sur les blinds 0.75-1.5, quelqu’un mise 60 et tapis. Tout le monde comprends que c’est une erreur, mais le gars dit que non. Normalement il voulait mettre 6. A partir du moment où il dit non, personne ne doit se sentir coupable de payer avec une main qui se comporte bien contre une main qui a provoqué une relance à 6 UTG. Tout le monde fold jusqu’à Luc* qui hésite et passe. Il montre qu’il passe . Le relanceur initial montre alors tout fier et soulagé . Je dis à Luc* avant de voir le AQ :”mais enfin, il faut payer”. Il s’énerve alors, sans doute déjà énervé à la vue de la main qu’il dominait et me dit :”oui, oui, toi t’es un grand joueur, moi je ne paye pas parce qu’il peut avoir pair de 4, et AA et KK sont possibles aussi”. Je n’ai pas répondu, car, il est vrai, je n’avais pas à lui conseiller comment jouer. Mais c’est sorti tout seul, car j’ai été stupéfait par ce mauvais fold. Bien sûr, il peut avoir une petite pocket, mais il peut surtout avoir des mains dominées comme KQs, AQ, AJ, unique raison pour laquelle le call est clairement intéressant à long terme. Contre la range du gars, il est favori. C’est discutable, soit. Luc*, si jamais tu lis ces lignes, je ne prends pas ta phrase de manière ironique 😉

Parlons enfin des quelques mains importantes. Avec 100 de tapis départ, je descends à 41 et remonte à 100 le coup d’après contre le même type. C’est alors que je trouve UTG. Je relance à 6. L’importance ici est de montrer que je ne suis pas si tight que cette table peut le croire. Si je gagne avec cette main au showdown, mon image sera un peu créée pour le reste de la partie, où je ne ferai plus le même genre de relances. Je suis call par un monsieur, avec qui j’ai joué une seule fois, pas agressif, et vite content de son jeu.

Flop: . Je check, il mise 14, dans ce pot de 14, et je ne suis pas sûr qu’il ait un As. Voyant que je n’ai pas Cbetté le flop, il peut essayer d’arracher et mon 9 peut être devant. D’autre part, si je call, j’ai rarement rien du tout, à savoir que j’ai misé préflop. Je call. Turn: . Me voici avec une pair et un tirage quinte ouverte. Je check et il mise 25 dans ce pot qui en fait maintenant 42. Je réfléchis pendant au moins 30 secondes. Pas pour faire de l’acting, mais pour calculer la cote implicite. A ce moment-ci, je n’ai presque plus de doute, il a l’As. Mais le connaissant et l’ayant déjà vu jouer, je ne crois pas trop en une double pair, car son  25 sur 42, alors qu’il met le pot au flop laisse transparaître un peu de faiblesse. Admettons qu’il n’ait pas double pair. J’ai 8 outs pour ma quinte, et 5 pour un 9 ou un 8, soit 13 outs sur 45 cartes (et pas 44, car je suppose qu’il a un As, et l’autre carte, je ne la connais pas, je n’enlève donc qu’une seule cartes aux 46 cartes inconnues qui peuvent apparaître à la rivière).  Ce pot contient 67 euros. Seulement, je sais que si mon out sort, je vais reprendre la main et serai call très souvent, vu l’image que j’ai du jeu de l’adversaire. Etant donné, que je ne peux pas être sûr qu’il n’ait pas double pair, mais que j’y crois moins, si mon 8 vient, je check-callerai une éventuelle mise ou réévaluerai la situation. Je ne considère pas vraiment le 8 comme un out, ou alors je m’enlève 2 des 3 outs qui donnent le 8 et n’en  ait que 11 en tout. Mais si je touche et arrive à extraire 50 euros supplémentaires après, mon call de 25 est complètement correct, car cela voudrait dire : payer 25 pour gagner 67+50. Or, 25 / (67+50+25) = 17% du pot final. Avec mes 25% de chances de toucher la bonne carte (11/45), le call est donc correct. On peut également retirer à mon equité, la faible probabilité de fold de l’adversaire sur mon value bet à la rivière, faible selon mon estimation, et dire que je n’ai pas 17% du pot à payer, mais 20%, ce qui reste toujours EV+ avec mes 25% de chance de toucher. River: . Elle est rentrée. Le fait que la carte apporte une couleur carreaux m’arrange, car l’adversaire croira que j’essaye de le bluffer. Etant donné que je le vois sur au moins un As dans sa main, je n’ai absolument aucune crainte en ce qui concerne une éventuelle couleur chez lui. Je mise 50, et il me call instantanément avec . Intéressant le call préflop et l’amour de la top pair.

Mon tapis est maintenant à 219. Je trouve . Je mise 9 en fin de position face à 6 ou 7 limps. Un gars que je connais bien, Marian*, et qui a amélioré son jeu depuis 2 mois, call. Luc* relance à 30. Il a un tapis qui couvre le mien. Je connais la tightitude extrême de ce joueur gagnant. Il sait aussi que j’ai souvent une grosse main pour relancer tant de limpeurs et que je suis dans le top 5% sans doute. Donc, pour moi, et vu sa mise à 30, il a une main énorme, une main avec laquelle il est sûr d’être devant. Seules trois mains répondent à ces critères dans sa range : KK, QQ, AA. AA est improbable, il ne reste qu’une seule combinaison d’As, contre 6 pour les rois et 6 pour les dames. Le connaissant, j’ai vraiment l’impression qu’il n’aurait pas misé autant avec QQ. Je le vois sur KK, je dirais 60% du temps. Mais je n’exclus pas les dames. Je n’ai pas envie de relancer maintenant, car il serait capable de passer QQ. C’est le genre de joueur capable de le faire à cette table. Par contre, sur un baby flop, je sais qu’il ne passera plus rien, car je ne représente pas les As ou les rois, si je call ici. D’autre part, s’il touche sa carte au flop, la Q ou le K, qui lui donne brelan, il va souvent slowplay, et je pourrai le lire sur son visage, avantage du poker live. J’aurai l’opportunité de réévaluer la situation. En même temps, vu que j’ai deux As, la proba qu’un As tombe au flop est faible: à tenir en compte, car si ça arrive, je ne lui prends plus rien, à moins qu’il touche le set en même temps. Je call, et Marian* call aussi. Flop: . J’ai l’as de pique, mais cette dame ne m’arrange pas. Marian* reprend la main à 55. Je le connais quand-même et sait qu’avec un jeu monstrueux, il aurait slowplay ici, ou au moins check-raise, attendant le Cb de Luc*. Il a sans doute touché la top pair, souvent AQ. Je ne crois pas en 55 ou 77, car il les aurait passé préflop et aurait rarement ajouté 21 euros face à une relance de Luc* avec une pocket trop petite. En plus, il aurait check-raise ce flop avec brelan. Luc* met all-in pour 270 suite à la mise de Marian*. Pour moi Luc* a les rois. Il peut avoir les dames, mais moins souvent. De toute façon, j’ai un as de pique, et toujours une bonne cote pour payer les 179 euros qui me restent contre sa range dans ce pot qui en fait 7.5(limpeurs)+30+30+30+55+179 = 331.5. Je dois donc payer un tiers du pot final, avec la possibilité que Marian* paye derrière. Contre un brelan, je dois être aux alentours de 35% de gagner en touchant mon pique sans qu’il touche full, ou de toucher l’un des deux As restants, ce qui veut dire que même si je sais queLuc* a QQ, le call est encore presque correct. Mais là, c’est soit KK, soit QQ, et je penche plus pour KK avec un pique. Je call, Luc* est très étonné, et Marian* passe. Marian* dit avoir passé et je le crois. Luc* dévoile , ce qui lui laisse un seul out, le pour gagner, à condition que mon pique ne vienne pas. Ca ne vient pas, et mon tapis passe, après déduction du rake (20 euros, 5%) , à 475 euros.

P.S. : Après réflexion, il a limp-reraise préflop, ce qui représente plus souvent les rois ou les as que les dames. Ma plus forte croyance en les rois provenait sans doute de là aussi.

Pour terminer je parlerai d’une main, où avec Mic, on a discuté de l’utilité de faire un value bet à la rivière. Après réflexion, je suis d’accord avec lui.

J’ai en position sur les deux joueurs qui jouent ce postflop avec moi. Flop: .  Le monsieur de la première main du post, Marcel*, celui avec qui j’ai valué ma quinte trouvée à la rivière, mise 6 dans ce pot qui en fait 8. Luc* call,et je call aussi. Je mets très souvent le relanceur initial sur un 6 moins bien soutenu que moi, c’est le read que j’ai. Turn . J’aime bien cette carte. Je crois que je suis toujours devant. Les deux checkent, je mise 19, soit le pot environ. Le relanceur préflop me paye et Luc* passe. River: . J’aurais préféré un 2 ou un 4. Il check, et là, dans ce pot de 57 euros, je me demande si je dois faire un value bet. Je pense que si je mise plus de 30, il ne payera plus avec son 6 à cause de la dame. Si je mise 20, il peut payer, mais je prends également le risque d’être check-raise, et là, ce sera difficile de dire s’il bluffe, ou s’il a vraiment un jeu gagnant. Je crois qu’il peut un peu m’en vouloir pour le coup de tout-à-l’heure et décider de bluffer sur une mise trop faible de ma part ici. Je décide de checker et je gagne le coup. Pratiquement sûr de trouve un 6 dans sa main, je regarde en cliquant sur “View last hand”. Il avait . J’ai alors une discussion avec Mic sur le value bet. Il pense que je devais faire 20 et je suis d’accord, mais ne l’ai pas fait, car je trouvais ça trop risqué. Mic me dira que la personne n’a que très rarement dans sa range d’actions, un check-raise river. Je suis d’accord et j’y repenserai si ça arrive à nouveau.

Je finis la session avec un net de : +500 euros

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