Cash game au circus de la Bourse

Bruxelles, 1er septembre 2010

Avec déjà près de 7 jours de poker commentés, mon blog n’existe toujours pas et ces documents ne sont toujours pas visibles en ligne. Je vais donc limiter la taille des posts, jusqu’à ce que certains internautes commencent à les suivre réellement au jour le jour.

Après avoir perdu mon tournoi rush de 23h sur Full-tilt, dont je suis d’ailleurs satisfait de la façon dont je l’ai joué, je décide d’aller rejoindre mon pote Corneille* au Viage. Corneille* est un bon joueur et je le connais depuis environ 6 mois. Je l’ai rencontré à Namur et nous avons beaucoup sympathisé. On aime bien jouer à la même table, car la soirée n’en est que plus agréable. On rigole en faisant des tas de private joke sur le déroulement du jeu, et sur les lectures communes qu’on peut avoir des adversaires.

On essaye de ne pas se jouer trop, bien que je n’aime pas jouer à ce jeu, car on ne peut pas pratiquer un poker optimal. On a déjà eu cette discussion. Mais bon, si c’est au prix d’une certaine camaraderie tissée sur quelques mois, ça ne vaut pas vraiment la peine de se déstacker l’un l’autre. Rien n’y fait, on ne peut pas jouer au poker de façon optimale contre des potes. Mais c’est tellement plus marrant.

Je suis cinquième sur la liste d’attente au Viage, et Corneille* est assis. Sa soirée a été et voyant que la liste ne bouge pas, on décide de quitter les lieux à deux 30 minutes plus tard, pour aller vers le poker électronique. Les tables électroniques sont de plus en plus désertées ces derniers jours, ça devient inquiétant. Peut-être la fin du mois. Les joueurs intéressants se font de plus en plus rares, sans doute à cause de leur argent qui se fait également de plus en plus rare. Personne au Cameo, personne au Zenith, on entend qu’il y à une partie au Circus. On va au circus, et en effet, 3 personnes y jouent. Après quelques échanges, et questions posées pour obtenir un peu d’information, on apprend que l’un d’entre eux est croupier au Viage, l’un est un joueur d’internet, peut-être semi-pro, et l’autre on ne sait pas encore. Le croupier sera vite délesté de ses 50 euros et nous quittera. Nous resterons alors, Luc* , Corneille*, les deux joueurs apparemment pas mauvais, et moi. Ce n’est pas une table intéressante. Cependant, d’un tapis de base de 80, avec des blinds 0.5-1, j’arrive à monter en moins d’une heure à 165, en jouant un jeu short handed assez agressif, et en prenant pas mal de petits pots. Quand arrive dans ma main , l’un de deux inconnus pas mauvais, mais le moins bon des deux,  mets 4. Je relance à 12, et il call pour un postflop en heads-up. Le flop est . Il reprend la main à 14, je relance à 32, et il envoie son tapis à 70, sans fold equity apparente, et j’insta-call. Il a , pour un tirage couleur max et un gut shot. Il touche le trèfle au turn et je ne touche pas de doublette. Il prend ce pot de 170 euros, alors que j’étais favori à 66% au flop. Je ne suis pas très heureux, et essaye de trouver en regardant l’historique une façon de lui reprocher quelque chose. Mais, je ne peux pas vraiment. C’était pas vraiment fishy de sa part  au vu de ses tirages. Malgré tout, j’aurais joué le coup différemment, limitant la variance. Je n’avais pas fait un raise à 12 sur un bet de sa part à 4 preflop depuis le début de la partie. Il devait se douter que cette fois-ci j’avais une main très forte, dans les alentours du range premium et qu’un flop comme celui-là j’avais souvent pu le rencontrer. Cependant, il était commited, et même avec peu de fold equity, il devait y aller ici. Je ne lui reproche donc rien spécifiquement..

Deux coup plus tard, je me retrouve au big blind avec et toute ma mauvaise humeur après avoir perdu le 66/33 récemment.  Je ne sais plus comment se passe le préflop, mais je sais que Luc*, joueur très tight, a joué ce coup depuis la position UTG et qu’on voit le flop à 3 avec 9.5 dans le pot. Il va de soi qu’en short-handed, un peut entièrement faire partie des mains avec lesquelles je vois le flop. Flop: . Je mise 9 et Luc* minraise à 18. Le troisième passe. Je connais Luc*. Il est très tight et joue les nuts. Un minraise ici ne peut être que les nuts. J’ai peu d’espoir sur une double pair inférieure, vu qu’il a mis 3 avant le flop. Le brelan, il l’aurait joué à tapis. Avec 6-4, il n’était pas là préflop, même suited. Il a forcément A-4 suited. Seulement, il lui reste 18 au tapis après le coup. Si je rajoute ses 9 et mets 18 supplémentaires, je perds 27 de plus. Pourquoi ne pas les économiser vu que contre sa suite je n’ai environ que 18% de chance de gagner le coup. Cette suite, je le mets dessus avec une probabilité de 95%. Vu ces éléments, la raison doit m’inciter à jeter me main. Mais vu le coup d’avant, je suis d’humeur crackeuse. Cette réaction n’est pas professionnelle, je le sais bien, mais peut-on parler d’un tilt lorsqu’on a une top double pair au flop ?  Au vu de ma lecture, oui on peut dire que c’est un tilt, mais il faut dire qu’on parle de 27 euros supplémentaires aussi. Je paye les 9, sachant que je vais call le reste quel que soit le turn. Je dis également à Luc* que je sais qu’il a A4 car, même si ça ne change fondamentalement rien, la proba que l’action s’arrête au turn sur une scary card est très légèrement augmentée, car le joueur sait que je connais son jeu, ce qui me donne un avantage . Qui sait, un 4 au turn pourrait geler l’action et Luc*, ayant peur d’un 6 chez moi n’irait pas à tapis, et je pourrais économiser 18 sur le coup. Le arrive au turn, juste pas la bonne doublette 😉 Luc* me dit : « T’as touché le full ? », ce qui ne fait que confirmer qu’il a bien la suite au flop. Il mise ses 18 et je call fishy. Il montre en effet . Dans un contexte avec un tapis plus gros, je ne me serais pas emballé bien sûr et j’aurais suivi ma lecture. D’autre part, si je n’avais pas eu ce sale coup avec mon brelan K battu au turn, j’aurais sans doute décliné le minraise de Luc* au flop ici, car son tapis restant était si petit (18), que ça ne valait même pas la peine de call les 9 au flop pour espérer toucher l’un de mes 4 outs dévastateurs au turn pour le déstacker. On peut donc parler d’un mini-tilt. Heureusement, cela ne m’arrive que très rarement et le risque est toujours mesuré. Ici, on parle de 27 euros joué avec EV-. Le Circus ferme ses portes et nous remercie.

Bilan net:  -79 euros

Nous nous dirigeons alors vers le Zenith, où Luc*, Corneille* et moi joueront avec 3 joueurs que je connais, dont le fameux François* (cfr. quelques posts auparavant). Dans cette session qui durera deux heures, je blufferai François* une fois en lui arrachant à la rivière un pot de 25 euros en misant 18. Je lui montrerai le bluff pour induire de l’action dans la suite de la partie. Je déstackerai une fois les 15 euros restants de François* et deux fois Luc*. Pour François* , il bet 1.5 sur un flop en faisant une influence assez basique: “je mise pas trop pour pas te chasser” qui me fait comprendre qu’il n’a pas l’As. Il faut évidemment deviner le degré qu’utilise chacun des adversaires, et en ce qui concerne François*, il n’est pas trop fort ici. J’envoie son tapis avec , sachant bien qu’avec même une deuxième pair il va le payer. Il call avec pour un gut shot qui ne rentrera jamais.

Plus tard, Luc* va slowplay sa double pair sur board avec deux carreaux. Malheureusement pour lui, le carreau au turn viendra compléter ma main . A mon tour de slowplay le turn. A la rivière qui ne change rien, il mise et j’envoie son tapis. Il call et ce coup lui coûtera 50 euros. 15 minutes plus tard, Luc* a 30 au tapis. J’envoie 9 preflop suite à plusieurs limpeurs. J’ai AhAc et Luc* call les 9. Le flop n’est pas le meilleur flop car vu la range de mains de Luc* suite à son call préflop sur ma belle relance, il a souvent rencontré ce flop pour un jeu peut-être meilleur que mes As.  J’envoie ses 21 euros restants, et il call si vite qu’avant que les cartes se retournent, je lui dis : ” KQ “. C’est en effet qu’il détient. Mais je sais que je ne suis pas si loin que ça derrière sa main. J’ai 2 As, 4 valets, 2 dix, et tous les runners runners pair ou couleur. Le tombe au turn, suivi du , et je gagne avec ma couleur. Après vérification sur mon Iphone, mes As au flop étaient à 40%, et à 43% au turn. Il ne s’agit clairement pas d’un bad beat. Ce serait plus proche du coin flip au flop. Cependant, je retiendrai son call préflop avec pour un tiers de son tapis, alors que mon raise aussi gros et mon style de jeu spécifiait clairement que j’étais fort avant le flop. Je constate que tant de joueurs, qu’on trouve bons parce qu’ils sont tight et qu’ils connaissent la valeur de leur main et savent en passer des grosses, font quand-même de grosses erreurs mathématiques dans leur jeu, qui leur coûte forcément beaucoup d’argent. La mienne, dans le coup avec double pair 3-5 au flop fut aussi une erreur, mais je savais bien que c’en était une, car elle était motivée par un mini-tilt.

Dans cette session, j’aurai trouvé François* plus sympa, car il ne m’aura pas fait de bad beat ;).

Je partirai du Zenith gagnant de +77 euros

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