La revanche à Ciney

29 décembre 2010,

Muni d’un GPS cette fois-ci, et parti de Bruxelles pour Ciney, non accompagné de Fred Hébette cette fois-ci, je retrouve Greg Puissant, sa copine, Etienne et sa compagne, Sébastien, un autre croupier de Namur réputé pour maîtriser le jeu, et Bernard, le manager du poker au Casino de Namur, ainsi que Thomas, un autre croupier de Namur que je ne connais que de vue. Etienne est un joueur très appréciable par sa sympathie et son bon jeu. Il n’est autre que le fameux ventriloque d’RTL-TVI (chaîne de télévision belge) à la fin des années 80. Voici une photo d’époque pour vous rafraîchir la mémoire:

Etienne fait toujours ce métier, d’ailleurs voici son site web: Etienne & Eugène. Autant dire qu’il nous aura démonté ce soir au jeu “Buzz” sur PlayStation 3…

Cela m’a fait plaisir d’enfin jouer avec Bernard de Breyne, qui m’avait, à plusieurs reprises raconté des coups et des sessions, lorsque nous nous sommes croisés au Casino de Namur. En effet, cela fait longtemps que je le vois au Casino et qu’il gère le poker de façon très professionnelle, avec toute son équipe. Ce soir, il me fera bien rire. Peut-être une petite vidéo sur la fin du post, qui parle d’elle-même, et qui relate, bien mieux que les mots, la bonne ambiance générale présente à la partie de ce soir. Voici une photo de notre Bernard:

Il y a donc aussi Sébastien ce soir, et j’étais impatient de jouer avec lui, car, après quelques discussions au Casino, et pas mal d’échos quant aux capacités pokeristiques de ce garçon qui a monté une belle bankroll sur Partypoker, je voulais voir à quoi son jeu ressemblait. Je peux confirmer qu’il a un jeu très tight et solidr. Le jeu tight qu’il aura la patience d’appliquer ce soir est le jeu  que j’applique au Zenith. Lorsque je suis dans une partie privée avec des gens que j’apprécie, le but n’est plus tellement de gagner sa vie contre eux, et je rend mon jeu un peu plus loose. En début de cash game cependant, ce n’est pas le cas et je joue assez tight. Ce soir, je sors du tournoi 5 ou 6e sur 9, et je ne me souviens que d’une main un peu intéressante à relater: mon fold avec contre Etienne à la rivière sur un board . Stack départ 10.000 je dois avoir 12.000. Suite à un premier barrel light de ma part, à 500 jetons en position sur Etienne au flop, il me call. Au turn, je mise 1000 et il call toujours. C’est alors qu’à la rivière, il reprend la main pour 3500. Lorsque je mise 500, puis 1000, c’est pour faire croire que j’ai le 10 en main. Je crois qu’on peut difficilement me voir sur un roi ici. A vrai dire, je ne sais plus si c’est d’abord le 9 qui vient au turn, puis la dame à la rivière ou l’inverse, mais la situation reste environ identique si ce n’est qu’au cas où Etienne joue avec un 10 en main, le 9 au turn n’étant pas une carte dangereuse pour son 10 l’inciterait peut-être à me relancer. Sa reprise de main à la rivière représente le valet pour moi, plus présisément 10-J. Il se doute bien qu’en position, si j’ai un quelconque jeu, je ne miserai plus sans le valet ici et qu’il doit prendre de la valeur avec sa main maintenant. Pour moi, je ne dois même pas vraiment savoir ce qu’il a, full est possible aussi, je sais juste que je suis battu. Je passe. Finalement Etienne me dit qu’il avait . Je ne sais pas s’il est sérieux, mais je le pense.

Après notre partie de “Buzz” sur PS3 et la fin du tournoi, nous lançons le cash game à 9, aux blinds 0.25-0.5. Ma partie commence bien et je triple ma cave de 50 euros sur un flop , avec , un flop qui ne viendra pas sauver le d’Etienne, ni le de Bernard. Etienne est un joueur tight. Lorsque je relance à 3 préflop, et qu’il me relance à 8, j’ai bien sûr la cote pour faire du set mining avec mes 9 et rajouter 5 euros, vu que Bernard est dans le coup et qu’il est en mode ultra-agressif en ce début de cash game, en cas de rencontre de son flop.

Ma concentration est bonne en ce début de partie. Voici un coup que je n’aurais sans doute pas pu jouer de la sorte en toute fin de partie. J’ai au bouton. Greg relance préflop au hijack, je paye au bouton, et Bernard paye au BB. Flop: . Bernard reprend la main et ouvre à 5. Greg le regarde réfléchit et paye ses 5 euros. Pour moi, Bernard n’a jamais la dame ici, je ne le vois pas non plus sur le valet, car il est plus adepte d’attendre l’action avec un valet ici que de donk better. Greg qui le regarde hésitant, est peut-être sur un tirage improbable, peut-être en floating complet, car il a aussi compris que Bernard était un peu light ici, et je pense détecter cela. Je call avec mes neufs. Turn: . Bernard ouvre à 10. Greg le regarde et lui demande: “mais qu’est ce que tu fais?”. C’est marrant je me suis posé la même question. Ce que Bernard fait ici est très bizarre. Avec une dame en main, il n’aurait pas repris la main, il aurait fait un slowplay ou un check-raise au mieux. Voyant qu’on paye sa mise au flop en position sur lui, s’il a le valet, il se dit que quelqu’un embusque la dame, car n’importe qui l’aurait slowplayée ici en postition sur lui, car il est très agressif. Greg finit par le payer, très hésitant. Je paye aussi. J’aurais pu relancer ici, selon mes lectures pour éviter que l’un des deux touche une rivière qui tue mes 9. D’autre part, si je relance, je représente vraiment la dame car mon slowplay au flop, ainsi qu’une relance contre deux joueurs intéressés au turn représente la dame. Mais dans le mouvement, je ne le sens pas et préfère contrôler le pot pour réévaluer à la rivière, en fonction de la nouvelle carte, si je peux prendre encore de l’information sur le betting pattern de mes deux opposants. River: . Bernard check. Greg reprend la main et mise 18 euros. Comme moi, il a compris que Bernard avait capitulé dans son bluff. Il a également compris que je n’avais pas un jeu énorme, puisque je n’avais pas relancé au turn, malgré pas mal de tirages. Peut-être pense-t-il que je suis moi-même en tirage depuis le flop. En tout cas, c’est ce que je pense de lui. Je sais qu’il a payé Bernard sans crainte, sachant que même si son tirage ne rentrait pas, il pourrait encore arracher à la rivière en position sur lui. Je paye en lui disant que je le vois sur K-10. Il show et je gagne le coup. Son bet rivière était light par rapport à ce que le pot contenait déjà, c’était donc rarement un value bet, selon la situation générale. Bien sûr lorsque je call, Bernard est toujours là, et va parler après moi. Cependant, je vois qu’il ne s’intéresse plus trop à la main et est prêt à abandonner son jeu, ce qu’il fait juste après mon call.


Plus tard, et avec près de 100 euros de bénéfice, tournoi compris, la fatigue commence à venir et je me dis qu’il vaudrait mieux que je parte. Mais je m’amuse bien, et décide de rester. La suite des événements est mauvaise. Je ne touche plus rien jusqu’à la fin, et mon poker devient de moins en moins bon, au fur et à mesure que la fatigue me fait perdre ma concentration. Je ne rencontre plus le moindre flop et suis systématiquement battu. Mon jeu devient trop loose, car je n’ai plus la patience. L’un de mes derniers coups est celui-ci. J’ai . Sur un board où Thomas, sur qui j’ai la positon ouvre à 5 au flop que je call, 8 au turn que je call, et 22 à la rivière, où je passe, me voyant battu par un meilleur roi, ou alors un full des trois avec 33 en main. En effet, Thomas n’avait pas fait ce genre d’action depuis le début de la partie, avec 22 à la rivière, malgré que je le call sur un flop qui n’a pas de bon tirages possibles. Après douze heures de jeu, ma fatigue m’a mis dans l’impossibilité d’analyser plus en détail le coup. D’autre part, j’ai été incapable d’analyser de plus près ses influences, qui au final m’ont fait passer. Il m’a dit :”En fait, tout se passe préflop”, “Tu dois avoir quoi, un K8?”, “On sait tous les deux que ni toi ni moi n’avons la couleur”, et j’en passe. Je le félicite pour ces bonnes influences, qui, vu ma concentration du moment ne pouvaient que m’induire en erreur. Je passe et il retourne . Bien sûr je dis que ça gagnais, par orgueil, mais Bernard me dit qu’il sait que j’avais un roi. Je l’avoue aujourd’hui ;). Deux coups après, je me lève, dit au revoir, et repart sur Bruxelles aux petites heures du matin. C’était le coup de grâce, celui qui m’avait fait comprendre que j’avais prolongé la session depuis bien trop longtemps…

Bilan de la soirée : -258 euros (-50 au tournoi, -208 au cash game)

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